Karim Kardache, DG d’El Djazairia TV

Karim Kardache, DG d’El Djazairia TV

À 39 ans, il est directeur général de la nouvelle chaîne télévisée El Djazairia. Avec son partenaire Riad Redjdal, directeur général de Studio 7 Production, une société de production audiovisuelle connue pour ses programmes de qualité et de grande audience, tels que Saraha Raha et Tara Ma Tara, il a relevé le défi et s’est lancé dans une aventure que les deux partenaires ont nommé El Djazairia TV, la télé de tous les Algériens.

 Interview réalisée par Isma Remla

 Qui est Karim Kardache ?

Je suis né en 1973 à Alger où j’y ai suivi mes études jusqu’à l’université. Après avoir décroché une licence en sciences de l’information et de la communication à l’ISIC, j’ai commencé ma carrière professionnelle en travaillant à la presse comme reporter-photographe, puis pour le compte d’une grande agence de communication, toujours à Alger. En 2003, j’ai lancé ma propre agence média que j’ai nommée «Full Media».

El Djazairia TV est donc une suite logique à vos métiers, votre partenaire et vous.

 À quand remonte l’idée de sa création ? Et pourquoi El Djazaïria ?

Absolument. Me concernant, l’idée de lancer une chaîne télévisée remonte à plus d’une année. Quant à mon partenaire Riad Redjdal, réalisateur et producteur depuis plus de 10 ans, lui y pensait depuis très longtemps.

À l’époque, il était possible de le faire ailleurs qu’en Algérie, mais nous avions préféré attendre l’ouverture du champ audiovisuel pour lancer une chaîne algérienne pour tous les algériens, d’où son nom El Djazairia.

 Pouvez-vous nous en parler ?

El Dzairia TV est une chaîne généraliste qui a pour objectif de diffuser des programmes aux concepts compréhensibles par tous, tous ceux en affinité avec la culture populaire algérienne. On y trouve de l’information, de l’investigation, de la culture, de la société et du divertissement. Nous tenterons, via nos programmes, de projeter une vision moderne, jeune et positive de l’Algérie, tout en restant vraie et authentique. La chaîne est, depuis sa création, passée par deux phases : la phase expérimentale a duré du 20 février au 29 avril, durant laquelle nous avons diffusé des clips de musique en boucle. Cette période nous a permis de mettre en évidence des artistes algériens, qui évoluent en Algérie ou à l’international, dont on ignore l’existence ou dont on ne connaît pas le visage, du fait qu’ils sont souvent diffusés, à la radio mais rarement ou jamais à la télé. Elle a également permis à notre équipe de se familiariser avec les nouveaux outils de la diffusion et de la programmation. La deuxième phase est celle du lancement officiel avec une grille de programme à large choix. Mais nous gardons toujours la mention «Diffusion expérimentale» en haut de l’écran, car dans l’audiovisuel, nous n’avons pas droit à l’erreur. Nous souhaitons offrir le meilleur au téléspectateur algérien et nous lui demandons d’être indulgent avec nous.

Quel est le coût d’investissement ?

Ce sont des données que je n’ai pas. Elles sont au niveau du directeur des finances. Toutefois, je peux confirmer que la chaîne a été créée à partir de fonds propres. Nous n’avons fait appel à aucune banque ou tout autre diapositif de financement.

 

Est-elle de droit algérien vu que l’élaboration du cahier des charges relatif à l’ouverture de l’audiovisuel n’a pas encore été faite ?

 

La chaîne est de droit jordanien et diffuse à partir de Bahrein sur le Nilesat, mais ses propriétaires sont algériens et ses programmes se font en Algérie. La chaîne confie ses programmes à plusieurs sociétés de production audiovisuelle qui lui fournissent des programmes faits selon un cahier des charges. Une fois l’ouverture de l’audiovisuel officielle, nous comptons la transférer en Algérie.

 Avez-vous rencontré des obstacles lors de sa création ? Si oui, lesquels ?

Franchement aucun. En Jordanie, il y a ce qu’on appelle El Madina El Ilamiya, ou la ville médiatique, qui fait qu’il y a une culture audiovisuelle et médiatique. Il fallait, bien évidemment, répondre à certaines normes et conditions. Une fois celles-ci disponibles, il n’y a eu aucune contrainte juridique ou administrative pour la lancer.

 Quel est le premier objectif de la chaîne et quel plus apportera-t-elle aux téléspectateurs algériens au milieu de cette multitude de chaînes disponibles sur le même satellite que vous ?

Il ne faut pas se voiler la face. Une chaîne de télévision est, tout d’abord, une entreprise commerciale. Cela étant, ce canal de communication nous offre la possibilité de participer à la promotion de la culture algérienne et à la découverte de nouveaux talents, tous domaines confondus. Nous sommes très fiers de divertir le téléspectateur algérien via des programmes de qualité, mais aussi d’apporter notre plus à cette jeune génération et à l’audiovisuel algérien.

Combien d’heures de diffusion la chaîne propose-t-elle par jour aux téléspectateurs ?

Nous proposons cinq heures de programme frais par jour, et ce, à partir de 18h30. Le programme commence par un feuilleton turc intitulé Nejmet El Bahr, suivi par le journal télévisé, puis place au reste des émissions. Il faut savoir que cinq heures de diffusion directe, c’est énorme pour un démarrage. Le reste du temps sera consacré à la rediffusion et aux clips de musique. Le nombre d’heures de diffusion va crescendo, et la grille des programmes s’enrichira d’avantage avec des shows bien réfléchis et de qualité, suivant notre stratégie de base qui est de faire dans la qualité.

 Combien d’emplois avez-vous créés avec la création de la chaîne ? Et combien envisagez-vous en avoir d’ici à la fin de l’année 2012 ?

Nous sommes pratiquement à un mois du lancement, et nous sommes déjà une quarantaine de personnes directement employés par la chaîne. Nous atteindrons le chiffre 100 d’ici à la fin de l’année. Pour ce qui est des emplois indirects, la chaîne génère le double au sein des productions indépendantes exécutives, les loueurs de matériels, les transports… bref, tous ceux qui gravitent autour du projet.

Pensez-vous former de jeunes animateurs ou préférez-vous travailler avec un personnel «de l’ancienne école» ?

Nous avons une politique bien précise qui consiste à recruter des jeunes fraîchement diplômés, qui, une fois formés et coachés par nos professionnels, venus des plus grands plateaux d’ici ou d’ailleurs, deviendront seniors au sein de notre entreprise. Nous avons cette culture de repêcher des talents et de les laisser s’exprimer et évoluer parmi nous, car c’est un nouveau métier en Algérie, et nous avons tout intérêt à les laisser y accéder par la grande porte.

Aucun spot publicitaire n’est diffusé sur la chaîne, de quoi vit-elle actuellement ?

Le financement de la chaîne se fait sur fonds propre, tout comme cela fut pour sa création. Aujourd’hui, nous n’avons aucun annonceur, aucun spot publicitaire qui passe sur la chaîne, donc aucune recette. Les annonceurs préfèrent prendre le temps pour mieux la connaître. Il faut dire aussi qu’ils attendent les rapports d’audience de la chaîne.

 Que faîtes-vous dans ce sens ?

Nous sommes conventionnés avec tous les cabinets spécialisés dans l’audience média. Nous attendons le dépôt de rapport par vague mensuelle.

Le domaine de la télécommunication et de l’audiovisuel reste limité en Algérie, qu’en pensez-vous ?

Il est vrai que pendant longtemps l’audiovisuel est resté fermé aux créateurs ou au producteurs privés. Aujourd’hui, l’ouverture s’est faite, et en cours de devenir officielle. Ce qui sera une occasion pour tous les professionnels du métier de se lancer dans des projets de cette envergure. Et même au cas où cette ouverture engendrerait une cinquantaine de chaînes, nous ne serons que satisfaits de la diversité et de la concurrence qu’elles génèreront. Cela ne serait que bénéfique pour l’Algérie. Pourvu qu’elles soient algériennes. Nous sommes très optimistes, mon partenaire et moi, quant à ce sujet. Il y a un engouement, il y a de l’excitation et il y aura des investissements dans ce sens. Il fut un temps où la presse écrite était en vogue, puis les magazines, après la presse électronique, et aujourd’hui, c’est autour de l’audiovisuel de connaître de beaux jours.

 Vous êtes également le directeur général de l’agence Full Media, Pouvez-vous nous en parler ?

f ull Media est une centrale d’achats publicitaire, de conseils média et placements média.

Elle est en rapport avec les services médias. Nous ne faisons pas dans la créativité. Chez Full Media, nous faisons du conseil et du placement publicitaire du produit fini comme les spots radio, télé ou encore les Campagnes Presse. Notre mission est de conseiller nos clients sur le placement de leurs produits, pourquoi le faire et comment. Sur quel support et à quelle fréquence…

 Quel est le profil de vos clients ?

Je n’aime trop les citer, mais nous avons quand même eu de grands clients que nous avons servis avec grand honneur, tels que Watanya Télécom Algérie, des concessionnaires automobiles de grandes marques, des constructeurs de téléphonie comme Samsung et également des multinationales.

 Qu’en est-il de Virtus Services et d’AB Solutions ?

Ce sont également d’autres projets. Virtus est une agence spécialisée dans le marketing direct, alors qu’AB Solutions est un Call Center. Ce sont des sociétés qui fonctionnent autour du grand marketing.

 D’autres projets en vue dans le domaine de l’audiovisuel ?

 Difficile d’en parler maintenant, mais je peux vous certifier qu’ils seront très intéressants pour l’année 2012. Nous vous en reparlerons une fois mis en route, car ils sont toujours en phase de maturation.

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