Djamel Bouchelagheme DG des Relais d’Alger, Des ambitions adaptées aux nouveautés

Djamel Bouchelagheme DG des Relais d’Alger, Des ambitions adaptées aux nouveautés

Djamel Bouchelaghem est le directeur général des Relais d’Alger. Une enseigne qui ne passe pas inaperçue à l’aéroport Houari Boumediène d’Alger. Relais-Presse est le nom approprié et relatif à la commercialisation des revues de presse nationale et internationale, existant depuis 2006. Dans cet entretien dédié à Dziri, Mr Bouchelaghem nous fait part de son expérience dans le domaine, et nous raconte comment l’entreprise familiale est passée du «tabac presse» aux «Relais-Presse».

Par Souad Belkacem

Dziri : vous êtes le directeur général des Relais d’Alger, pouvez-vous nous parler de vous, de votre passion pour votre métier et de vos aspirations ?

Djamel Bouchelaghem : j’ai 56 ans et suis père de trois enfants ; deux garçons et une fille. Je leur ai inculqué l’amour du métier, comme mon père l’a fait pour moi, et nous travaillons ensemble. Cela a toujours été mon souhait. Je veux leur transmettre cette activité, dont je suis amoureux. Mes points de vente sont mes bébés. Il ne s’agit pas seulement d’un héritage car, j’ai appris à aimer ce métier. Et tout jeune, je passais mes vacances à l’aéroport. Aussi, j’aimerais que mes enfants aient le même amour pour ce métier. Comme je suis natif de Constantine, je pense élargir ce business dans ma ville natale et, pourquoi pas, dans d’autres grandes villes du pays ?

Les Relais d’Alger existent depuis 2006, pouvez-vous nous raconter le parcours de cette entreprise familiale, qui porte, aujourd’hui, une enseigne importante à l’aéroport Houari Boumediène et dans les grandes surfaces commerciales ?

Notre avons commencé depuis 1963 à l’aéroport d’Alger. Il s’agissait d’une boutique de tabac presse où nous exercions en famille une activité transmise de père en fils. Tous mes frères, qui étaient étudiants à l’époque, travaillaient dans cette petite «fabrique familiale». Durant la rénovation de l’aéroport, après la pulvérisation du T2 à la suite de l’attentant ravageur de 1992, un appel d’offres nous a été soumissionné pour la création d’un point de vente spécialisé dans le tabac presse, et nous avons été choisis. Et c’est à partir de là que nous avons créé Les Relais d’Alger. Il y avait, à l’époque, de la concurrence, tout comme dans toute autre activité. Il s’agissait de concurrents qui existaient déjà à l’aéroport. C’étaient, si je me souviens bien, des des groupes étrangers. Actuellement, je n’en ai pas, vu que Les Relais possèdent un créneau différent des autres, quand bien même la concurrence ne me fait pas peur. Surtout si elle est loyale. C’est, au contraire, un défi qui nous permet d’avancer, et de faire de notre mieux. Ce n’est pas facile comme cela en a l’air. Mes enfants, mon épouse et moi sommes debout depuis 4h du matin et les Relais sont ouverts à 5h. Nous sommes 25 employés, majoritairement des femmes, à travailler à ce rythme.

Pourquoi avoir choisi ce créneau ?

L’idée vient de moi. Comme j’ai beaucoup voyagé, et que j’ai vu ce qui se passait ailleurs, je me suis dit qu’il fallait passer à une phase de professionnalisme, à l’image des pays développés. C’est alors que j’ai pensé aux Relais d’Alger qui offriraient au client tout ce qui est tabac presse avec une importante variété. Nous commercialisons la presse nationale et internationale, notamment les revues étrangères et locales, et ce, à la demande du client qui trouve son compte. Les prix des produits, je le précise, sont pratiquement alignés sur les autres qui existent en dehors de l’aéroport, particulièrement le tabac et les revues. Il n’y a que ceux des confiseries qui sont légèrement plus élevés. Dans l’ensemble, nous étudions les prix par rapport au marché.

Concernant l’investissement, avez-vous eu recours au financement bancaire ?

L’investissement s’est fait sur fonds propre depuis la création des Relais d’Alger. Jusque-là, nous n’avons pas eu recours au financement bancaire. Mais, nous pourrions le faire dans les prochaines années, pour l’élargissement de notre activité.

Parlez-nous, justement, de ces projets d’élargissement…

Nous aimerions élargir cette activité aux autres aéroports des autres villes. Et nous avons, dans ce sens, la conjoncture de la développer sur le territoire national. Les opportunités sont là, d’autant que l’État envisage de restaurer les aéroports de différentes wilayas. La rénovation des aéroports en Algérie, tels que celui d’Oran et d’Annaba, nous offrirait, peut-être, la possibilité de soumissionner s’il y a des appels d’offres. Nous sommes prêts à rentrer en compétition. Là où il y a un appel d’offres, nous développerons notre enseigne, y compris au Sud, notamment à Tamanrasset et à Illizi, où l’on prévoit, également, de réhabiliter les aéroports. Il est certain qu’il y aura du travail avec l’expansion de l’économie en Algérie. Ce qui est très encourageant, et nous sommes donc optimistes. Je tiens à ajouter qu’hormis les aéroports et les aérogares maritimes, nous pensons créer des points de vente dans les nouvelles autoroutes si l’État nous sollicite. Nous sommes déjà implantés dans certains hôtels,

tels que le Sheraton Club des Pins. Avec Les Relais existant au Centre commercial et de loisirs de Bab Ezzouar, au nouveau Centre commercial Ardis d’El Mohammadia, nouvellement implanté, et celui que nous ouvrirons au port, nous en serons à six points de vente en tout. Et nous comptons dépasser de loin ce chiffre ! Les aéroports, l’autoroute et les stations de métro seront dotés de ce genre de boutiques, et ce, à l’image des pays développés. J’estime que nous n’avons rien à leur envier. Je tiens à signaler que nous comptons développer toute une chaîne de Relais d’Alger, d’autant que nous avons déjà une marque déposée.

Qui sont vos employés ?

Ce sont de jeunes gens dynamiques formés en marketing et communication, pour la plupart des femmes, et parlant anglais au minimum.
Quelles sont les contraintes rencontrées lorsqu’on exerce ce métier ? Avez-vous déjà été victime de censure ?
À ma connaissance, et ce, depuis l’ouverture des Relais en 2006, nous n’avons pas eu de difficultés proprement dîtes, mais juste quelques petites contraintes, notamment l’arrivage un peu tardif de la presse internationale. Nous la recevions toujours en retard, et ce, pour des raisons externes, telles que les différents aléas liés au transport maritime, un moyen prisé par notre principal fournisseur. Il y a eu des difficultés par rapport aux engagements et au développement de l’activité, qui n’étaient ni d’ordre économique ni administratif, comme nous l’entendions souvent autour de nous. D’autant que nous sommes protégés et encouragés, avouons-le, par la loi 51-49 édictée par la LFC de 2009 et régissant l’investissement étranger en Algérie. Les soucis étaient plutôt d’un autre ordre. En effet, l’ex-aérogare, rappelez-vous, n’était pas accessible au large public, par mesure de sécurité depuis la décennie noire. La nouvelle aérogare a permis à tout le monde d’y accéder. Et au bonheur des Algériens, les choses se sont améliorées. Nous recevons, donc, beaucoup plus de clients. Aujourd’hui, nous avons une forte demande.
Et travailler dans les règles et dans les normes étudiées nous rend plus professionnels.

Et qu’en est-il de l’autocensure ? Y a-t-il des titres que vous évitez de commercialiser ?

Non. Il n’y en a pas, car nous dépendons, comme je l’ai souligné, d’un fournisseur qui en prend la responsabilité. C’est-à-dire que s’il y a censure, c’est lui qui est le plus concerné. Raison pour laquelle, nous ne sentons pas la censure des revues ou des titres.

Justement, qui sont vos fournisseurs ? Avez-vous des partenaires ? Et si oui, qui sont-ils ?

Nos fournisseurs de presse algérienne, au nombre de 15, sont 100% Algériens, et nous avons un fournisseur de presse étrangère dont nous dépendons. Nous n’avons pas de partenaires pour le moment, mais nous l’envisageons. D’ailleurs, je ne vous le cache pas, nous sommes ouvertement sollicités, mais nous ne sommes pas encore prêts.

Quels sont vos critères de sélection pour le choix des magazines que vous vendez ? Existe-t-il une stratégie de commercialisation ?

Je suis ouvert à toute proposition de produits de presse, et j’encourage les nouveaux éditeurs en acceptant ceux qui débutent, y compris dans l’édition. Je n’ai aucune préférence. Tous les magazines, particulièrement nationaux, sont les bienvenus dans mes points de vente. Je ne sélectionne pas. Concernant la stratégie de commercialisation, c’est le fournisseur qui tient les ficelles. Il décide de la vente des magazines et des revues de presse, et nous le payons après la vente des produits, en tirant un pourcentage qui varie entre 15 et 20%.

Quel constat faites-vous du monde de l’édition en Algérie ? Le lectorat le plus important est-il celui de la presse nationale ou étrangère ?

L’édition en Algérie reste, malheureusement, insuffisante, pour ne pas dire vierge. Et là, je parle, bien entendu, de l’édition des magazines. L’Algérie est ouverte, actuellement, à des partenariats internationaux et multinationaux. Le fait qu’il y ait dans notre société des Anglo-Saxons, des Chinois, des Italiens et, récemment, des Espagnols devrait booster la presse spécialisée, qui manque énormément chez nous. Pour le lectorat, il y a un réel intérêt pour la presse locale, notamment économique, politique, culturelle ou autre. Mais, il n’en demeure pas moins que l’Algérien lit tout autant la presse nationale qu’internationale, et voire même s’intéresse de plus près à ce qui vient d’ailleurs. Je dirais que l’intérêt est partagé. Il n’y qu’à voir la vente qui se fait sur un pourcentage 50-50% en comparant les deux. Cela dit, la presse nationale a vraiment pris sa place dans les médias, il faut l’admettre. Il y a certains titres où je débite vraiment, à l’image de Dziri et Dzeriet. Nous faisons zéro invendu. Les lecteurs ne sont pas forcément des immigrés, détrompez-vous ! Le lectorat est très large et varié. C’est ce qui fait d’ailleurs marcher notre business.

Quel est votre plus gros chiffre d’affaires ?

Notre plus gros chiffre d’affaires, nous nous le réalisons à l’aéroport, car c’est là que le trafic est plus important. Il reste, je le précise, reste toujours à la hausse.

 

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