Son Excellence l’Ambassadeur de l’Afrique du Sud , Mr Joseph Kotane, à Dziri

Son Excellence l’Ambassadeur de l’Afrique du Sud , Mr Joseph Kotane, à Dziri

Après un premier passage en Algérie, Joseph Kotane a entamé, dès 2010, un deuxième « mandat » comme représentant de son pays en Algérie. Une mission à laquelle il reste dévoué. Le diplomate se sent tellement chez lui en Algérie que lorsqu’il nous a reçu dans son bureau, il parle des relations entre l’Algérie et son pays avec passion. Dans cet entretien, Joseph Kotane parle des liens qui unissent les deux pays, mais aussi de sa vision de la place de son pays dans le monde.

Entretien réalisé par Ali Boukhlef

Dziri : Excellence, l’Algérie a une relation privilégiée en Afrique du Sud. Qu’et-ce que cela vous fait de représenter votre pays à Alger?

Joseph Kotane : La coopération entre l’Afrique du Sud et l’Algérie est d’une importance stratégique. Nos deux pays entretiennent une excellente coopération sur les questions internationales et en tant que membres de l’Union africaine. L’Algérie et l’Afrique du Sud soutiennent mutuellement le développement stratégique et tactique de l’Afrique et nous coopérons au niveau régional, national et international dans de nombreux domaines en ce qui concerne la réalisation de cet objectif. Nos deux pays s’efforcent de réaliser des progrès en Afrique en déplaçant les frontières de la pauvreté afin que les Africains puissent jouir d’une vie stable, sûre et fructueuse dans les domaines du développement politique, social et économique. L’Afrique du Sud et l’Algérie jouent également un rôle fort et important concernant la promotion de la coopération panafricaine. Les deux pays ont pris la responsabilité de la construction de la route de l’Afrique et du projet ferroviaire; les deux pays africains coopèrent dans des projets nucléaires à des fins pacifiques et de développement économique. Nos deux pays coopèrent également dans le projet spatial africain. L’Algérie et l’Afrique du Sud sont de fervents partisans de l’activité de l’Union africaine, comme on l’a vu lors des récents événements en Libye et de Côte d’Ivoire. Pour moi, être l’ambassadeur de l’Afrique du Sud en Algérie est un grand honneur et un privilège de servir mon pays en Algérie.

L’Afrique du Sud est une destination touristique pour beaucoup d’Algériens. Le fait de développer des liens politiques joue-t-il un rôle dans cette situation?

Les liens politiques entre les peuples de l’Algérie et l’Afrique du Sud ont été cimentés au cours d’une période difficile pour nos deux pays. L’Algérie venait, en effet, d’annihiler le colonialisme français et l’Afrique du Sud était encore sous domination de la minorité blanche. Ainsi, les relations politiques entre nos deux pays sont nées dans le combat contre l’oppression. Les Sud-Africains sont très reconnaissants pour la solidarité et le soutien manifestés par le peuple algérien durant les jours sombres de notre lutte de libération. Vous vous souvenez que l’Algérie était parmi les premiers pays au monde à soutenir les mouvements de libération sud-africains à savoir le Congrès national africain (ANC) en fournissant une formation militaire et des conseils sur la lutte armée. Durant cette période, l’Algérie a accueilli un certain nombre de mouvements de libération du continent africain et était une ruche d’activité politique impliquant un soutien de solidarité pour les luttes de libération en Afrique. C’est dans ce contexte que Amilcar Cabral a déclaré : «L’Algérie était la Mecque des Révolutionnaires». Les mouvements de libération d’Afrique du Sud ont également bénéficié de ce soutien apporté par l’Algérie aux autres peuples d’Afrique. Le premier contact officiel reconnu entre l’ANC et l’Algérie, c’est quand l’ancien président sud-africain Nelson Mandela, avait visité, en tant que commandant en chef de l’ANC, aile militaire Umkonto Sizwe (MK) le camps des exilés algériens du Front de libération nationale (FLN) à la base d’Oujda, à la frontière Algérie-Maroc, en 1962. Il avait demandé un soutien matériel pour l’aile militaire de l’ANC, Sizwe Umkonto (MK). Cette année 2012, marque donc le 50e anniversaire de la première visite de l’ancien président Nelson Mandela en Algérie. Depuis l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays, nos contacts politiques ont atteint un niveau supérieur et se sont consolidés davantage. Je considère que nos liens historiques, ainsi que la stabilité actuelle et les valeurs communes que partagent les deux pays encouragent les visites touristiques réciproques.

Le jumelage de villes est un moyen important d’amener les hommes d’affaires à travailler ensemble

Ces excellentes relations politiques entre votre pays et l’Algérie sont reflétées dans les échanges économiques importants. Comment évaluez-vous les échanges commerciaux entre les deux pays?

Les entreprises sud-africaines n’ont pas utilisé le potentiel commercial non négligeable de l’Afrique du Nord, dont l’Algérie. De la même façon, je ne crois pas que les entreprises algériennes ont exploité le commerce appréciable mis à leur disposition en Afrique du Sud. Les hommes d’affaires ont besoin d’interagir les uns avec les autres afin d’apprendre ce que chaque pays doit offrir à l’autre. Une interaction de nos milieux d’affaires respectifs est très importante. En Afrique du Sud, les hydrocarbures, les produits pharmaceutiques, les infrastructures, la construction, l’industrie du vin, les secteurs financiers et manufacturiers sont quelques-uns des secteurs qui offrent actuellement des opportunités lucratives, ce tout en restant ouvert à des coentreprises et des partenariats.

Quels sont les secteurs économiques où l’Algérie et l’Afrique du Sud peuvent travailler ensemble?

Le Tourisme, les infrastructures, l’eau, la pêche, l’activité minière, le travail bancaire et les finances, etc…, restent des domaines à fort potentiel pour la coopération bilatérale.

En Novembre 2011, les responsables du Département Sud-africain du Commerce et de l’Industrie se sont rendus en Algérie pour discuter de la création d’un comité conjoint destiné à réfléchir à la coopération commerciale et aux investissements (JTIC). Cela permettra d’explorer des domaines mutuels du commerce et de l’investissement. J’ai bon espoir que ce comité conclura ses travaux cette année afin que nous puissions commencer à travailler sérieusement ensemble pour accroître notre commerce bilatéral et l’investissement au sein d’un cadre juridique structuré.

Combien de sociétés sud-africaines opèrent en Algérie et dans quels domaines interviennent-elles?

L’un des domaines que nous ciblons est l’augmentation des entreprises sud-africaines et de joint-ventures en Algérie. En plus d’Alger, j’ai visité Annaba et Oran, afin de tenter de relancer les accords de jumelage de ces villes avec leurs homologues sud-africaines. Car, je crois que le jumelage de villes est un moyen important d’amener les responsables locaux, ainsi que les hommes d’affaires à travailler ensemble.

Il n’y a pas beaucoup d’entreprises algeriennes qui investissent en Afrique du Sud. Pouvons-nous succinctement avoir une raison?

Comme indiqué plus haut, la coopération économique et un accord de partenariat signé le 23 Septembre 2000, prévoit la création d’un comité conjoint du commerce et des investissements (JTIC) pour encourager le commerce entre nos deux pays et lever tous les obstacles à ces échanges. Ce comité sera composé de représentants de divers responsables d’Afrique du Sud et des ministères algériens et sera présidé par les deux ministres du Commerce. Il permettra d’accélérer la croissance des échanges commerciaux entre les deux pays.

Une question un peu personnelle. Souhaitez-vous prolonger votre séjour en Algérie?

Ce n’est pas la première fois que je représente mon pays ici en Algérie. La nature stratégique même des relations entre nos pays n’exclut pas la possibilité d’être de nouveau au service de mon pays en Algérie. Cela dépendra de mes principaux responsables politiques.

Nous allons vous laisser conclure Excellence …

L’avenir prospère de l’Afrique du Sud et de ses habitants est étroitement interconnecté avec le progrès et la prospérité future du continent africain. L’Afrique du Sud a clairement affirmé par le biais de son Président, SE M. Jacob Zuma, que «notre pays voit le monde à travers les yeux d’Afrique ».

Nous devons vraiment voir notre avenir en tant que pays étroitement lié aux progrès dans la communauté du développement de l’Afrique australe (SADEC) et de la paix dans le monde. Dans cet esprit, l’Afrique du Sud s’efforce, à travers tous et les forums et rencontres, de faire de l’Afrique et de ce monde un endroit meilleur pour toute l’humanité.

Je vous remercie.

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