Une réalité économique moins rassurante<br />Des temps difficiles attendent les ménages

Une réalité économique moins rassurante
Des temps difficiles attendent les ménages

2020 s’annonce difficile. La machine économique s’est ralentie sous les effets de la crise politique que connaît le pays depuis près d’un an. Et, de ce fait, les banques sont devenues extrêmement prudentes et accordent désormais des crédits au compte-gouttes, alors que de nombreuses entreprises ont commencé à réduire leurs effectifs et leur investissement, par manque de ressources financières.

PAR YOUNES BADI

Ainsi, des temps difficiles attendent ceux qui ont perdu leur emploi sans y avoir été pour quoi que ce soit. Les ménages sont, en fait, pris entre deux feux: d’un côté, ils font face au chômage, parce que les opportunités d’emploi sont faibles dans la conjoncture actuelle, de l’autre, ils doivent s’acquitter de certaines taxes instituées dans la loi de finances pour 2020. Celleci a prévu, entre autres impôts, l’instauration d’une taxe de 1500 DA pour les véhicules touristiques et de 3000 DA pour les véhicules utilitaires. Par ailleurs, en ce début d’année, nous avons l’impression que le dinar est encore faible. Evidemment, un dinar mal en point, fait augmenter le coût de la production, notamment dans le secteur industriel. Cela n’est pas sans conséquence pour les consommateurs, qui trouvent que les prix sont élevés et qui sont limités dans leurs choix. Dans une économie moderne fonctionnant correctement les consommateurs doivent avoir la possibilité d’acquérir le produit là où il est offert au meilleur prix dans le marché intérieur, ce qui n’est pas encore le cas chez nous.

LE POUVOIR D’ACHAT VA S’ÉRODER EN 2020

Avec une monnaie flottante et en déprécation et avec des salaires qui ne se sont pas ajustés de manière harmonieuse, le pouvoir d’achat des consommateurs va forcément s’éroder en 2020, à moins que l’actuel gouvernement, issu des élections du 12 décembre dernier, ne s’attaque au problème maintenant. Dans une déclaration faite à Dziri Magazine, Souhil Meddah, spécialiste des questions financières, estime que si l’Exécutif décide de revoir à la hausse le SNMG – une hypothèse peu probable – le marché réel de la distribution va réagir de manière systématique par une augmentation généralisée des prix à la consommation. Car, ajoute-t-il, le marché va intégrer le fait que le pouvoir d’achat a été orienté à la hausse, alors qu’en réalité, le SNMG n’est qu’une partie intégrée dans le calcul du revenu brut des salariés et ne peut être perçu en totalité. De ce fait, poursuit l’expert, une régulation préalable du marché s’impose avant de modifier les éléments des revenus des ménages. Souhil Meddah craint, par ailleurs, une remontée de l’inflation dans un contexte économique difficile. Si des tensions inflationnistes apparaissent, explique-t-il, cela va amputer le pouvoir d’achat des ménages et, par voie de conséquence, freiner la croissance de la consommation. L’expert rappelle également qu’il existe d’autres facteurs comme la production, l’investissement ou tout simplement le plein emploi qui sont liés, de manière directe ou indirecte, au soutien du pouvoir d’achat des ménages. Les entreprises seront également obligées de mettre la main à la poche et de payer une série de taxes établies dans le cadre de la loi de finances pour 2020. L’Etat veut s’assurer des ressources supplémentaires à travers l’institution de nouvelles taxes prélevées sur les entreprises. La taxe inhérente à la domiciliation bancaire pour les biens et marchandises destinés à la revente en l’état en fait partie. La taxe est acquittée au taux de 0,5% du montant de l’importation pour toute demande d’ouverture d’un dossier de domiciliation d’une opération d’importation de biens ou de marchandises destinés à la revente en l’état et de 1% pour les opérations d’importation opérées dans le cadre des CKD/SKD, sans que le montant de la taxe soit inférieur à 20 000 dinars. Le tarif de la taxe est fixé à 4% du montant de la domiciliation pour les importations de services. La loi de finance pour 2020 précise également que l’assemblage des micro-ordinateurs sera, désormais, soumis au dispositif CKD/SKD. Pour Souhil Meddah, dans l’absolu, les entreprises qui gagnent beaucoup, doivent payer beaucoup d’impôts. Mais de manière générale, si l’impôt des sociétés est trop élevé, cela freine l’investissement et bride la création des biens et services dans le pays.

Rachid Tridi,consultant en management d’entreprise et droit socialrachid tridi

«Il y aura une révision de certaines mesures»

«Selon certaines indiscrétions, il y a une probabilité de voir émerger certaines mesures correctives sur la retraite, notamment le retour à une retraite sans condition d’âge pour une cotisation pleine de 32 ans et une reconsidération des années de service national pour les retraités sortis en proportionnel, ayant aujourd’hui plus de 60 ans et une révision de la disposition de haute pénibilité véhiculée par la loi 16/15, pour les métiers exposés au facteur de l’usure durant leur carrière.»

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