Commerce électronique<br /> Une technologie à petite échelle

Commerce électronique
Une technologie à petite échelle

Consultant international en nouvelles technologies, spécialisé en stratégie commerciale et marketing, Roslane Bencharif est à la tête de MPS, une société spécialisée dans les services de géolocalisation et dans le développement d’applications mobiles multiplateformes et de solutions informatique. Il a occupé des postes à responsabilité chez Djezzy, Microsoft et Orange France Telecom.

PAR YOUNES BADI

Dans une déclaration qu’il a faite à notre magazine, il explique que l’Algérie compte encore parmi les derniers pays au monde à adopter le paiement électronique comme principal mode de paiement. Lorsqu’on sait, dit-il, que la première carte de paiement date de 1967 (année de l’apparition de la TV couleur), on mesure mieux l’ampleur du retard que connait notre pays en matière de dématérialisation des transactions monétaires. Mais, pourquoi, le e-paiement n’arrive-t-il pas à se développer en Algérie ? Par manque de confiance dans la technologie ? De son point de vue, cet argument n’est pas valable, car, relèvet- il, il laisse penser que la technologie est déployée à grande échelle dans le pays. Or, poursuit-il, cela est loin d’être le cas. Féru de technologie, Roslane Bencharif affirme que les gens doivent se consacrer à la réalisation de leurs objectifs commerciaux en faisant confiance à la technologie. Et que cela marche parfaitement.

LE E-PAIEMENT CAPTE 60% DE LA MASSE MONÉTAIRE

Il en veut pour preuve l’expérience de dématérialisation du rechargement mobile (Flexy), lancé au milieu des années 2000 ; au début, se rappellet- il, les clients attendaient chez le vendeur que leur compte soit crédité pour quitter les lieux. Aujourd’hui, fait-il constater, ils laissent leur numéro et la sommes à payer et s’en vont, étant sûrs que leur crédit arrivera à bon port. Ils font ainsi confiance à la technologie. Quels sont les effets positifs d’une généralisation du e-paiement dans le pays ? L’expert note que les effets sont nombreux et variés, citant, entre autres, la lutte contre le marché noir, la traçabilité des transactions… E, de détailler : le e-paiement permet de capter près de 60% de la masse monétaire selon une estimation du cabinet de conseil américain Booz & Allen Hamilton. La traçabilité des transactions permettrait, elle, de comprendre précisément les phénomènes de captation des flux monétaires et les dépenses des acteurs économiques et de leurs marchés respectifs. Les opérateurs mettent ainsi à disposition des données stratégiques devant permettre une fiscalité plus juste et plus avantageuse, et de supporter des réformes économiques basées sur des faits tangibles et quantifiables. Selon lui, cela rend l’économie du pays moins opaque, donc plus attractive pour les IDE, plus apte à progresser, à créer de l’emploi et de la valeur ajoutée.

LE PAIEMENT ÉLECTRONIQUE PERMET DES ÉCONOMIES

En plus de gagner en temps et donc, en efficacité, le paiement électronique permet, dit-il, des économies de carburant, parce que les gens utilisent le moins possible de transport ; ils ne se déplacent pas beaucoup en voiture. Moins de transport signifie, poursuitil, une vie meilleure, un air plus pur, moins d’embouteillages sur les routes et un climat mieux préservé. Alors qu’il est encore immature, le secteur des TIC a certes progressé. Mais il lui reste encore du chemin à faire, non seulement en matière de commerce électronique, mais également en matière de contenu local, et d’infrastructures locales adéquates. A l’évidence, des applications réalisées et hébergées en Algérie auraient un impact sur notre vie quotidienne : consultation des horaires de métro, de bus, achat de billets en ligne, commerce en ligne de tout type, paiement de factures en ligne… ainsi que tout autre service permettant de faciliter nos tâches quotidiennes. Selon Roslane Bencharif, plutôt optimiste, l’Algérie, qui a accuse maintenant un retard d’un demi-siècle par rapport à la technologie mise au point dans beaucoup de pays, peut rattraper le temps perdu en l’espace de 18 à 24 mois seulement, pour peu que ses dirigeants passent le flambeau aux compétences de sa jeunesse, et qu’ils aient une réelle volonté de construire ce pays et de lui permettre de s’élever au-dessus de la médiocrité.

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