Nacim Lounes, DG de Simo Deco, à Dziri.

Nacim Lounes, DG de Simo Deco, à Dziri.

Leader dans la fabrication et la distribution de mobilier en Algérie, l’entreprise Simo Deco a pu se manifester grâce à sa gamme de produits d’ameublement, notamment les tables et les chaises. Des produits 100% , distribués à travers le territoire national et exportés vers la France, la Tunisie et bientôt la Libye. Aujourd’hui, cette structure emploie plus de 180 personnes, toutes de nationalité algérienne. Le Directeur général, Nacim Lounes, nous parle avec passion, de son aventure d’industriel et du fait qu’il n’ait pu résister à la tentation: celle de passer de l’importation à la production, et ce en dépit des soucis rencontrés et des aléas existants sur le marché. En visite sur les deux implantations de l’entreprise sises à Tipaza et à Bab Ezzouar, nous avons eu le temps de lui arracher cet entretien.

Par Souad Belkacem

En termes de production, j’ai la conviction que nous n’avons rien à envier à nos anciens fournisseurs étrangers

Dziri : Simo Deco existe depuis 2006 . Comment l’idée de créer cette entreprise vous est-elle venue? Enfin, un petit historique s’impose…

Nacim Lounes : En deux mots, Simo Deco est spécialisée dans la fabrication et la distribution de meubles en kit, particulièrement des chaises et des tables. Au début, il y a quelques années de cela, soit en 2006, elle avait comme activité, de prime abord, l’importation et la distribution. Cette entreprise a existé jusqu’à 2009, année où l’idée de créer une usine de fabrication commençait à germer dans ma tête. En 2010, je passe à l’action et j’entame le projet. Et c’est ainsi que Simo Deco-importation est passé à Simo Deco-production .

Comment, justement, cette transition s’est-elle effectuée ? Etait-ce facile ? Racontez-nous cet épisode…

A l’origine, mon business consistait à importer des produits de la Chine. Elevé par mes grands parents, très jeune, je me suis intéressé au monde de l’industrie, vu que mon grand-père maternel, Youcef Maziri, était déjà un grand industriel. Mais pour des raisons et d’autres, j’ai dû quitter ce secteur pour me consacrer au commerce. Lors de mes séjours en Chine, j’ai redécouvert le monde de l’industrie. Je me remémorais les années passées dans les couloirs de l’usine de mon grand-père où j’ai grandi. Ce fut le déclic. Je me suis dit enfin : pourquoi pas nous? Et c’est ainsi que j’ai renoué avec l’industrie. La rage de réussir, alimentée par la conviction que je peux moi-même fabriquer les mêmes produits exportés, ce d’autant que j’avais la formule, tout cela m’a poussé à passer de l’importation à la production en 2009. L’entreprise à créé dès lors 180 emplois, alors que ce chiffre tournait autour de 40. Cela n’est qu’un début, car nous pensons arriver à 300 employés. Ce chiffre ira crescendo car notre entreprise avance à pas de géant.

Selon mes informations, Simo Deco faisait partie d’un groupement d’entreprises. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Effectivement, il y avait dans le temps le groupe Simo. Mais il n’existe plus aujourd’hui, et ce pour trois raisons. La première réside dans le fait qu’il n’y avait pas assez de fonds pour démarrer trois industries à la fois; la deuxième est qu’en Algérie il est vraiment dur de trouver des personnes compétentes et enfin la troisième est, je l’avoue, que je ne suis pas assez expérimenté pour m’occuper d’un groupe. J’ai vendu, ainsi, l’une des deux filiales du groupe à mon jeune frère qui a beaucoup d’expérience dans le domaine de l’industrie, vu qu’il a vécu en Chine durant plus de 9 ans et qu’il a une licence en finances et une autre en Chinois. J’ai vendu, ensuite, des parts de l’autre filiale, en l’occurrence la société Djanitech à des amis, ingénieurs en électronique, donc des personnes du domaine.

Quant à moi, je me consacre actuellement et entièrement à la production. Un domaine que je maitrise parfaitement, vu que j’ai une équivalence d’un diplôme en ingéniorat en procédés et matériaux, spécialité-meuble, diplôme obtenu en 2008, ce après trois années de formation en Chine.

Vous avez parlé de difficultés en répondant à la précédente question. Parlez- nous en…

En effet, rien n’est facile…Les difficultés rencontrées en Algérie sont d’ordre financier, réglementaire, disponibilité de main d’oeuvre et bien d’autres. Il y a aussi des problèmes de foncier, et ce dans le sens où les démarches stagnent au niveau de la régularisation. Autrement dit, il y a des terrains disponibles et il y a une volonté et de bonnes intentions de l’Etat, mais en dépit de ces données, les choses patinent.

Comment décrivez-vous la concurrence en Algérie ?

Concernant ce paramètre, sincèrement je ne me focalise pas sur le marché local. Je m’explique : je préfère avoir ce qu’on appelle une « global vision » (vision globale). L’Algérie dans le marché des chaises et des tables ne produit que 20 à 30% de ses besoins. Les 70% restants relèvent de l’importation. Je ne vous mens pas en vous precisant que je me concentre sur ce dernier chiffre. Nous ne pouvons pas parler de concurrence, puisque les opérateurs nationaux qui exercent dans le domaine (production de chaises et de tables) sont peu nombreux et la production n’atteint pas souvents les 30% des besoins nationaux.

Simo Deco production a été créée en 2009. Depuis, elle connait une croissance fulgurante. Quel a été le coût d’investissement ?

L’investissement en 2010, hors infrastructures a coûté dans les 100 millions de dinars. En 2011, nous avons injecté quelque 50 à 60 millions de dinars et 50 autres millions en 2012. Nous comptons injecter près de 130 millions de dinars en 2013, et ce pour un nouveau projet. L’investissement, je tiens à le signaler, s’est fait grâce à un crédit bancaire au niveau de deux banques, à savoir la BNA et l’AGB. Je souligne que financièrement, il n’est guère facile de lancer une usine. C’est une démarche qui absorbe énormément de trésorerie.

Vous avez déjà exporté en France et vous comptez exporter, prochainement en Tunisie. Envisagez-vous d’élargir votre réseau? Si oui, dans quels pays ?

Nous avons, effectivement, commencé en fin 2011 l’exportation vers la France mais il n’y en a pas eu d’autres depuis, vu que les moyens existants ne nous ont pas permis d’assurer une surproduction et ainsi de continuer à exporter. Nous comptons réexporter vers la France le mois prochain, vers la Tunisie en fin d’année et vers la Libye d’ici le mois de janvier.

Combien de points de ventes avez-vous sur le territoire national et qui sont vos distributeurs ?

Nous avons 20 distributeurs qui sont nos partenaires. Chaque distributeur possède 15 ou 20 points de vente; ce qui équivaut à 300 ou 400 points de vente appartenant aux distributeurs. Ces derniers ciblent les revendeurs qui, à leur tour, visent les utilisateurs (ou consommateurs) qui ne sont autres que les restaurants, les hôtels, les cafétérias, les écoles, les ménages, les sociétés, les collectivités, …et la liste est longue.

Quel est le volume de production ?

Simo Deco produit 1000 chaises et tables toutes les 24 heures. Le volume de production varie de 25 000 à 40 000 chaises et tables par mois. La production dépend de la complexité du produit.

D’où vient la matière première ?

Nous avons des fournisseurs de matière première en Algérie qui importent le plastique d’Arabie Saoudite, d’Europe et d’Asie. Les tubes de métal sont produits en Algérie. Nos fournisseurs en tubes sont deux grandes sociétés, dont l’une est étatique, Anabib et l’autre privée et qui est Altube. Pour le tube en aluminium, nous avons également, un fournisseur local qui est Algal +. Nous faisons de notre mieux pour que la matière première soit aussi de production nationale. Nous attendons, de ce fait, la méga-usine de plastique que nous a promis l’Etat algérien et à partir de là, nous serons indépendants.

Quelle est votre stratégie de communication? Comment vous-êtes-vous imposés sur le marché?

En termes de communication, hormis les supports publicitaires chez les distributeurs, les enseignes lumineuses et les habillages de véhicules, les catalogues promotionnels et les flyers, il y a les sites web tels que Oued Kniss, et les réseaux sociaux tels que Facebook comme supports de communication et de marketing. Aussi, nos participations aux différents salons tels que Djazagro en 2010 et Sicom International, sont des paramètres qui ont boosté notre activité, et il faut préciser également, que la qualité du produit ainsi que sa variété séduisent notre clientèle.

Quel est, à votre avis, l’impact social et économique d’une entreprise comme Simo Deco sur l’économie en Algérie ?

En produisant, l’entreprise Simo Deco offre et continue d’offrir le progrès et la promotion à l’économie du pays. Pour répondre à cette question, je vous énumère quelques chiffres très révélateurs. Je m’explique : dans un container de chaises importées, il y a quelque 10% de matière première en termes de volume. Les 90% restants représentent de l’oxygène, c’est-à-dire du vide. Dans un container de 5000 USD, à titre d’exemple, nous transportons uniquement 500 USD de matière première. Les 4500 USD restants sont du vide, ce qui est malheureux. Je vous garantis qu’en important, une chaise peut coûter plus cher que si on la fabriquait. Je peux aussi vous signaler qu’il s’agit là d’une autre raison m’ayant poussé à produire et à arrêter d’importer.

Je vous laisse le soin de conclure sur les bienfaits d’une société productrice dans un pays comme l’Algérie. Envisagez-vous une extension de Simo Deco ? Si oui, parlez-nous en…

Oui. Il s’agit du projet de 2013 de Tipaza que j’ai mentionné plus haut. En effet, sur une assiette de 250 000 m², nous avons pris pour un début 50 00 m² afin de réaliser le projet initial qui consiste à construire sept bâtiments industriels, dont deux sont fonctionnels. Chaque bâtiment sera destiné à une spécialité : métal, bois, plastique, façonnage, emballage, rembourrage,…etc. Donc, chaque département sera abrité dans un bâtiment. Il y aura même un bâtiment réservé à la publicité (celui de Bab Ezzouar qui sera transféré à Tipaza). Et,… cerise sur le gâteau, nous avons réalisé à 30%, 56 logements de fonction et une mosquée.

Vous êtes arrivés à créer une entreprise de fabrication de chaises et de tables. Quels sont vos prochains objectifs et ambitions ?

La fabrication des lits de collectivités (dortoirs, hôpitaux,…) et les tables et chaises scolaires.

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