Chems Eddine Belarbi,dessinateur d’affiche de cinéma.«Félicité par les stars hollywoodiennes»

Chems Eddine Belarbi,dessinateur d’affiche de cinéma.«Félicité par les stars hollywoodiennes»

L’espoir fait vivre, même quand à certains moments, il est difficile de rester à flot et tenir lecoup. Cet espoir que l’on garde dans un coin de la tête, enfoui au fin fond du subconscient parfois, mais qui nous permet de ramer, même à contre-courant.

Par Hamid Si Ahmed

C’est le récit d’un jeune artiste algérien, lequel a vu son nom le devancer au-delà des frontières, et même encore bien plus loin. Un nom que l’on associe désormais à de grandes productions cinématographiques, dans lesquelles tournent des acteurs de renommée mondiale. Une triste histoire néanmoins, qui revient loin en arrière, ou chez le jeune Chamsou (diminutif de Chems Eddine) ; ce fut une étape qu’il ne souhaite à personne, entre privation, frustration, galère et tout ce que l’on peut qualifier de misérable. Une misère noire, comme on dit, mais qui s’est transformée durant ces dernières années, en rêve.
Natif de Mostaganem, dans l’ouest du pays, Chems Eddine a grandi dans un village éloigné du monde, éloigné de tout espoir de réussir un jour dans cette vie parfois cruelle et indifférente à une certaine catégorie de citoyens algériens. Ainsi, après avoir enchaîné les petits boulots chez des particuliers, sans vraiment réussir à s’extirper de la dèche qu’il vivait lui et sa famille, et où il fut souvent victime d’abus de toutes sortes de la part de ses employeurs, Chemsou a dû s’armer de patiente et avoir le courage d’un lion pour faire face à l’adversité de la vie.
Mais ce qui devait arriver arriva, au terme d’une période de maladie et souffrance qui n’ont jamais eu raison de ce jeune artiste, qui finira un jour par entrevoir une lueur d’espoir dans cette attente sans fin avant de commencer une nouvelle vie. Après la pluie le beau temps, aussi splendide qu’un arc-en-ciel, la vie s’annonçait sous un ciel radieux, la vie de Chemsou tourna au bonheur. Nous vous laissons découvrir à travers ces propos recueillis auprès de l’intéressé, cette traversée du désert qui finira dans une oasis.
A la tête de plusieurs projets actuels, l’artiste a lancé sa carrière suite à une collaboration avec une boîte de production hollandaise. Celle-ci se spécialise dans la production d’affiches de cinéma. Plus d’une star d’Hollywood l’ont salué, comme Jean-Claude Van Damme qui en plus de sa reconnaissance l’a soutenu publiquement. En effet, Chemsou commence même à collectionner les dédicasses de plusieurs stars du 7e art. Chemsou Belarbi est actuellement responsable d’un laboratoire de photographie à Mostaganem, mais exerce toujours son métier de dessinateur. Sur sa page facebook, ce jeune artiste est sans cesse félicité pour son travail, de grands noms du cinéma africain et arabe l’identifient à chaque fois dans des publications qui dénotent du grand talent de Chemsou, une juste reconnaissance pour un artiste accompli, lequel avoue que la patience est la vraie nourriture de l’humanité.

«J’ai persévéré grâce à la patience et la passion»
«Je suis natif de Ain Tedeles, à Mostaganem, en 1987. Je vivais dans un village éloigné de la civilisation, j’étais berger avec mon oncle, Allah yarahmou. J’avais 5 ans quand je remarquais sur les journaux, ces photos d’acteurs de cinéma, cela m’a vite intéressé. J’essayais, quand j’étais dehors avec mes moutons, de dessiner ces photos sur le sable, avec un bout de bois. Dès mes 6 ans, je commençais l’école en ville, et déjà, mes instituteurs remarquèrent mon talent pour le dessin. Moi, de mon côté, j’étais plus intéressé par le dessin que les autres matières, comme la physique ou les mathématiques. Je suis né dans une famille très pauvre, ce qui m’obligea à quitter l’école pour m’orienter vers la vie active. Je gagnais ma vie en décorant des magasins et boutiques, mais la rue est vraiment dure. J’ai été exploité par des personnes sans conscience, qui ont exploité mon art. Quand je demandais à être payé, parfois on me répondait par des coups. J’ai tenté de me plaindre à la police, mais à chaque fois, ces personnes chez qui je travaillais me menaçaient.»
«Les affiches ont toujours attiré mon attention»
«Quand je passais devant une salle de cinéma, les affiches attiraient mon attention, et quand j’arrivais chez moi, je dessinais ce que j’avais vu sur les affiches. Le cinéma était pour moi un capital et une source d’inspiration pour redessiner des planches et des séquences de films. Je vivais dans une maison où le toit fuitait quand il pleuvait, et nous souffrions du froid en hiver. Plusieurs de mes dessins ont été abîmés à cause de la pluie.  Je ne pouvais pas me permettre d’acheter des outils de dessin professionnels, car j’étais issu d’une famille pauvre. L’idée d’envoyer des dessins à des sociétés cinématographique m’est venue. Mon entourage me prenait pour un fou, mais j’avais foi en Dieu, car je me disais que c’était lui qui m’avait donné cette passion et ce don. Quelques années sont passées sans que je ne reçoive de réponse, et j’ai dû entre-temps gagner ma vie. A cause de la dureté de la vie, je suis tombé malade, j’ai dû passer environ trois mois à l’hôpital pour traiter un mal d’estomac. Ma santé s’est améliorée avec le temps jusqu’à ce qu’un beau jour, je reçoive une lettre d’un producteur argentin qui collabore avec Hollywood.»

«J’ai fait honneur à l’Algérie»
«Après un certain temps, j’ai vu à la télévision qu’on montrait un de mes dessins, quelques jours plus tard, on parlait de moi à la radio, comme étant un dessinateur qui commençait à être connu dans le monde. Une délégation de grands cinématographes sont venus à Oran pour m’honorer et me féliciter lors d’une fête grandiose. On me désigna comme le «dessinateur arabe», pour être le dernier dessinateur arabe et africain qui dessine des affiches de manière traditionnelle. J’ai décidé de développer mon art en y ajoutant une touche moderne, j’ai proposé cette idée à des producteurs et des réalisateurs, ma première expérience fut avec le film «Ley Mortal». D’autres films ont suivi, dont j’étais l’auteur de leurs affiches : The News, Honor, Garra Mortal, Bucks of America, Out for vengeance, et tout dernièrement, le film Revanchard. Tout commença d’un coup, et les demandes me parviennent ensuite des quatre coins du monde. J’ai reçu des encouragements de grands acteurs et des sportifs, dont une du célèbre boxeur Mohamed Ali Klay. Une fois, plus de soixante personnes, dont des auteurs et stars de Hollywood, dans une vidéo où ils donnent leur avis sur mes affiches.  J’ai reçu plusieurs lettres de remerciements et d’encouragements de personnalités, à l’image de l’acteur Jean-Claude Van Damme et de l’astronaute canadien, Jeremy Hanson. De même que le boxeur belge, Jimmy Gouraud, qui est venu me rendre hommage à Oran.
Grâce à mes dessins, j’ai fait honneur à l’Algérie et ses coutumes dans les milieux du cinéma international, j’en suis fier, Hamdoulillah ! Aussi, tous mes efforts vont dans un but précis, celui de contribuer à la promotion de la culture arabo-musulmane par des projets universels. Mon nom figure, désormais, dans la base de données cinématographiques d’Internet IMDB.»

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