Djazia Beldjouher, chef d’entreprise de récupération et de recyclage des déchets solides «Les opportunités sont énormes»

Djazia Beldjouher, chef d’entreprise de récupération et de recyclage des déchets solides «Les opportunités sont énormes»

Le volume des déchets tous genres confondus produit en Algérie était de 22,94 millions de tonnes en 2017, il est passé à 34 millions de tonnes en 2018 et devrait atteindre 70 millions de tonnes en 2035. Ces déchets vont devenir l’un des grands enjeux de l’Algérie dans le moyen terme et ce, dans le sillage de la poursuite du développement socio-économique du pays et de sa démographie dont la population devra atteindre les 51 millions d’habitants à l’horizon 2035.

INTERVIEW REALISEE PAR RABAH KARALI

L’IDÉE VOUS A TRAVERSÉ L’ESPRIT POUR VOUS LANCER DANS CETTE ACTIVITÉ TRADITIONNELLEMENT RÉSERVÉE DANS NOTRE PAYS AUX HOMMES. COMMENT CELA A PU SE RÉALISER ? scqssccsq
Bien avant la réalisation de mon projet, je me suis beaucoup intéressée à plusieurs études dans le domaine de la protection de l’environnement. Du coup, j’ai opté pour une formation qui a été sanctionnée par un diplôme de technicienne supérieure en environnement. Ma première expérience professionnelle a été acquise au niveau du bureau d’hygiène de la commune de Sidi-Rached dans la wilaya de Tipasa, où j’ai exercé pendant une période de cinq années au sein du centre d’enfouissement technique (CET) relevant de la même APC. Néanmoins, malgré mon assiduité dans mon poste, les responsables n’ont pas jugé utile de me classer parmi le personnel permanent. Du reste, je me suis aussitôt mise à la recherche d’un autre travail pour sécuriser pour ma carrière. C’est alors que j’ai pris contact avec les animateurs du centre de facilitation des PME de la wilaya de Tipasa qui m’ont apporté une précieuse assistance dans mes diverses démarches s’agissant de la création d’une unité de recyclage des déchets solides. Par la suite, je me suis adressée à l’ANSEJ, où j’ai présenté un dossier comprenant essentiellement mon étude technico-économique complète de mon projet, lequel a reçu un avis favorable de la part de l’agence, synonyme de l’acceptation d’un crédit bancaire de dix millions de dinars algériens), obtenu au mois de novembre 2012.

DANS LE LANGAGE DES CHIFFRES, À L’HEURE ACTUELLE, QUEL EST LE VOLUME DES DÉCHETS TOUS GENRES CONFONDUS, QUI EST PRODUIT ANNUELLEMENT EN ALGÉRIE ?
Le volume des déchets tous genres confondus produit en Algérie était de 22,94 millions de tonnes en 2017, il est passé à 34 millions de tonnes en 2018 et devrait atteindre 70 millions de tonnes en 2035. Ces déchets vont devenir l’un des grands enjeux de l’Algérie dans le moyen terme et ce, dans le sillage de la poursuite du développement socio-économique du pays et de l’augmentation de sa population qui devrait atteindre les 51 millions d’habitants à l’horizon 2035.

PLUS PRÉCISÉMENT, QUELLE EST LA NATURE DE LA MATIÈRE QUE VOUS RÉCUPÉREZ LE PLUS SOUVENT LORS DES OPÉRATIONS DE RÉCUPÉRATION DES DÉCHETS ET POURQUOI ?
Incontestablement c’est le plastique ! En effet, nous constatons d’énormes quantités de déchets plastiques notamment le polyéthylène téréphtalate, plus connu sous le diminutif de PET que l’on rencontre dans nos rues principalement sous forme de bouteilles de toutes contenances. En outre, nous avons le carton, le papier, le fer et l’aluminium que nous transformons en matière première destinée aux entreprises de transformation en diverses pièces et autres accessoires. Malgré l’élaboration par l’Etat de textes et leur adoption visant à éliminer le phénomène des déchets de ce genre, il n’est pas possible présentement de les éradiquer. La principale raison d’échec de la politique de l’Etat réside dans le maillon faible de cette dernière, à savoir l’absence de coordination entre les pouvoirs publics et le citoyen dans la prise en charge du problème des déchets. Aussi, il est nécessaire de revoir l’ordonnancement des tâches de chaque partie, c’est-à-dire celles du devoir de la municipalité et celles des citoyens. Il faut également une prise de conscience du citoyen, afin de sélectionner de manière sélective l’élimination des déchets ménagers et de respecter les heures de passage de la benne à ordures. L’autre obstacle réside dans l’éloignement dans la distance entre la ville et le centre d›élimination des déchets, ce qui affecte le processus de collecte des déchets. Tout compte fait, et selon mon expérience, en tant que chef d’entreprise, le problème de la valorisation des déchets en Algérie est loin d’être pris en charge de manière appropriée.

QUELS SONT VOS CLIENTS ACTUELS AVEC LESQUELS VOUS AVEZ SIGNÉ DES CONTRATS DE COMMERCIALISATION POUR LA VENTE DES PRODUITS DE VOTRE ACTIVITÉ ?
Notre principale activité est le traitement des déchets et leur recyclage. Nous avons conclu des contrats de commercialisation avec les usines de transformation de plastique, de carton, de fer et d›aluminium. Nous récupérons toute matière qui peut être valorisée selon la demande de nos partenaires commerciaux.

ET CONCERNANT LES AUTRES TYPES DE DÉCHETS, PEUVENT-ILS CONSTITUER POUR VOUS UNE DIVERSIFICATION DE VOTRE ACTIVITÉ, SINON AVEZ-VOUS DES PROJETS D’EXTENSION DE VOTRE ENTREPRISE À TRAVERS LA WILAYA DE TIPASA ? sccqsscsqsc
Concernant la wilaya de Tipasa, je suis considérée comme la première et unique femme qui active dans le domaine du recyclage des déchets, et dans le cadre du programme de collecte et de recyclage ‘’EcoJam3’’ dans la wilaya de Tipasa, la société Henkel nous a sollicités pour une collaboration dans le traitement des déchets solides et la récupération du papier et du carton. Naturellement, nous prévoyons d’entreprendre des investissements dans d’autres wilayas du pays pour implanter des unités de récupération et de recyclage des déchets. D’ailleurs, je suis en train de monter une usine de traitement des déchets, située dans le sud de l’Algérie. Mon objectif est la perfection dans la maîtrise du processus du recyclage des déchets, je veux dire de tous les déchets pour apporter ma part de contribution et ce, dans le but d’atteindre zéro déchet au niveau national.

EN CHIFFRES
Le volume des déchets tous genres
confondus produit en Algérie était de 34
millions de tonnes en 2018.
Le volume des déchets tous genres
confondus produit en Algérie devrait
atteindre 70 millions de tonnes en 2035

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