Safran Kabylie investit dans l’or rouge ! Une culture appelée à être démocratisée

Safran Kabylie investit dans l’or rouge ! Une culture appelée à être démocratisée

Nous avons rencontré Hamid Aftis, gérant de Safran Kabylie, lors du Siel 2019 (Salon international des équipements et des services pour l’hôtellerie, la restauration et les collectivités), qui s’est tenu du 2 au 5 février au Palais des Expositions. Notre interlocuteur, qui a investi dans la culture du safran, compte booster cette production dans un avenir proche.

PAR ZOHEIR ZAID

Le safran étant l’épice la plus chère au monde, le retour sur investissement est excellent et la rentabilité très élevée à court et moyen termes, bien qu’il n’y ait qu’une seule récolte par an ! La Kabylie en particulier et l’Algérie en général offrent d’indéniables potentialités pour développer ce créneau, un secteur encore vierge. Peu d’agriculteurs, d’agroindustriels et d’adeptes de l’agro-écologie se bousculent aux portes de l’investissement. Pour le moment, la demande de s’approvisionner en safran se situe, en grande partie, à Alger. Hôtels, restaurants et ambassades se partagent le podium des plus grands consommateurs de safran. La commercialisation du safran butte sur sa cherté : 6 000 DA le gramme. Implantée à Tizi Ouzou, Safran Kabylie fait dans la production du safran intégralement bio depuis 2012 en plantant plus de 2 400 bulbes de crocus sativus bio, achetés en France à Rodez. «Aucun désherbant, aucun fongicide, aucun pesticide n’est utilisé», tient à préciser Hamid Aftis, avant d’ajouter : «En vérité, nous faisons plus que du bio, car en Europe, le bio autorise quelques produits chimiques. Nous c’est du 100% bio.» Pour cette année, la production du safran est en baisse. La raison est liée aux conditions météorologiques. «Il faut des journées ensoleillées en novembre, mois propice à la récolte», explique notre interlocuteur. A rappeler que la particularité du safran ne réside pas seulement dans ses vertus curatives (ophtalmiques notamment), mais aussi dans le mode de plantation. «La culture se distingue par une seule récolte par an, et qui de surcroît, n’est pas mécanisable. La culture se fait aussi manuellement. La plantation commence en été jusqu’à la mi-septembre», tient à préciser Hamid Aftis. A souligner que Hamid Aftis est un électronicien de formation. Après un parcours à Paris, il est retourné au bercail en 2012, non pour cultiver l’olivier, arbre dont regorgent les montagnes kabyles, mais pour dénicher la fleur «rare», à savoir le safran.

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