Son Excellence,l’Ambassadeur d’Allemagne en Algérie, Götz Lingenthal

Son Excellence,l’Ambassadeur d’Allemagne en Algérie, Götz Lingenthal

« Les relations économiques algéro-allemandes ont connu un développement positif »

Alors que tous les pays de la zone Euro sont économiquement au bord de l’asphyxie, l’Allemagne affiche une grande santé économique. Quel est le secret de cette réussite ?

Il est vrai que l’économie allemande a retrouvé une trajectoire de croissance. L’enjeu pour la politique économique allemande est de la pérenniser. Pour ce faire, le gouvernement allemand mise sur une politique résolue de réduction des déficits publics. Mais il s’efforce aussi de dégager des marges de manœuvre afin d’alléger les charges pesant sur les citoyens et les entreprises. Sur le plan des principes, la politique économique allemande demeure fidèle à l’économie sociale de marché (libre concurrence, responsabilité individuelle, subsidiarité, etc.), ferment de sa prospérité depuis plus de soixante ans. Elle s’efforce de créer des conditions favorables à la croissance et à la compétitivité sur le marché global. Mais la croissance et la compétitivité ne sont pas des buts en soi. Elles permettent de créer de l’emploi, de la richesse sociale, et partant de garantir aux générations actuelles et futures prospérité et perspectives d’avenir. La pérennité de la croissance allemande est, par ailleurs, intimement liée à celle de l’Europe. Pilier essentiel de la stabilité et de la croissance sur le continent, l’Allemagne souhaite voir cette région évoluer vers une union de la stabilité. Ainsi, chaque pays est invité à améliorer sa compétitivité et à assurer la viabilité de ses finances publiques. La signature du Pacte budgétaire européen constitue un pas dans ce sens. L’Allemagne emprunte cette voie depuis plusieurs années. Ses réformes du marché du travail ont, par exemple, fait reculer le chômage à son plus bas niveau depuis 1991 et fait baisser de 40 % le nombre de chômeurs de longue durée depuis 2005. Menée avec constance, la consolidation des finances publiques a nettement réduit le déficit, qui doit quasiment disparaître à l’horizon 2016. Enfin, l’Allemagne mène une politique déterminée de  soutien à l’éducation, à la recherche et à l’innovation.

Pensez-vous que cette crise économique aura un impact négatif sur les projets de coopération entre nos deux pays ?

Les projets de coopération économique entre l’Algérie et l’Allemagne doivent vontinuer à être indépendants de la situation conjoncturelle actuelle. Il y a un grand intérêt de la part des entreprises allemandes à renforcer la coopération économique avec l’Algérie qui est un marché très intéressant. J’ai même l’impression que cet intérêt a grandi pendant ces dernières années.


L’Allemagne est le 5ème fournisseur de l’Algérie en 2009. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Les relations économiques algéro-allemandes ont connu un développement positif. En 2011, les importations de l’Allemagne en provenance d’Algérie se sont élevées à 1.984 millions d’Euros, c’est une hausse de 186% par rapport à 2010. Parallèlement, les exportations allemandes vers l’Algérie se sont chiffrées à 1.525 millions d’Euros, soit une hausse de 7% par rapport à 2010. L’Allemagne est donc un partenaire économique important de l’Algérie, mais une intensification des relations économiques est toujours possible et ce dans notre intérêt commun.

L’Allemagne a lancé plusieurs projets d’envergure en Algérie, notamment l’extension du métro Par Dywidag en partenariat avec Cosider, des projets dans le domaine de l’industrie, l’énergie et la santé supervisés par le Goupe Siemens, sans oublier Knauf dans le domaine de la cimenterie et Henkel, ce pro des détergents,…Pouvez- vous nous dresser un bilan récapitulatif concernant ces partenariats ?

Les entreprises allemandes sont depuis plusieurs années, parfois depuis les années 1960 et 1970, actives en Algérie, car elles ont lancé de nombreux projets dans tous les domaines. Les partenariats conclus avec les entreprises algériennes dans le cadre de ces projets ont été avantageux pour les deux parties. On peut vraiment parler de partenariats « gagnant – gagnant ».

Les énergies renouvelables représentent le secteur-phare de la coopération algéro-allemande. Pouvez-vous nous en parler?

L’Allemagne est un pionnier dans le développement, notamment dans la promotion des énergies renouvelables. Nous observons aussi en Algérie un intérêt croissant vis-à-vis de l’utilisation de sources d’énergie renouvelables. En 2011, l’Algérie a adopté un programme ambitieux de promotion des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Nous saluons l’engagement du gouvernement algérien dans ce domaine et nous nous réjouissons de pouvoir partager notre expérience et notre savoir-faire en matière de technologies et de mise en place des cadres juridique et financier.


Où en sont les projets Désertec et la Tour solaire de Tipaza ?

Le projet Désertec est mis en oeuvre par une initiative industrielle privée, la Dii. Au début novembre la 3ème conférence annuelle de Dii s’est tenue au ministère allemand des Affaires étrangères à Berlin avec 600 participants. C’était une bonne occasion pour des experts et représentants des différents pays, parmi eux ceux de l’Algérie, de discuter le progrès et les difficultés dans la réalisation du projet.

En ce qui concerne la tour solaire qui doit être réalisée à Boughezoul, le ministère algérien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et le ministère fédéral allemand de l’Environnement, de la Protection de la nature et de la Sûreté nucléaire (BMU) viennent de signer une déclaration de partenariat qui porte sur la coopération dans le domaine de la recherche et de l’application «pilote» visant à la production d’électricité basée sur les énergies renouvelables, notamment sur la technologie de la tour solaire thermique développée en Allemagne.

A quoi attribuez-vous la relative timidité des opérateurs économiques allemands vis-à-vis du marché algérien (car parmi les pays exportateurs vers l’Algérie, l’Allemagne étant classée loin derrière la France, la Chine , l’Italie)?

Je ne crois pas qu’on puisse parler d’une timidité des entreprises allemandes vis-à-vis du marché algérien. Au contraire, les entreprises allemandes perçoivent le marché algérien comme un marché très intéressant car étant celui qui offre un grand potentiel pour la coopération économique. Les chiffres des exportations allemandes vers l’Algérie que je viens de mentionner, soulignent le grand intérêt des entreprises allemandes vis-à-vis du marché algérien.

Quels sont les principaux axes de coopération que vous privilégiez avec l’Algérie ?

Vous avez déjà mentionné quelques projets allemands en Algérie. Les entreprises allemandes sont vraiment actives dans tous les domaines économiques : infrastructures, construction de machines, industrie chimique, industrie automobile, énergie, santé, etc..

Quels sont les domaines où l’expérience allemande pourrait étre la plus profitable pour l’Algérie ? Quels sont les secteurs les plus prisés ?

Je suis convaincu que l’expérience, la technologie allemande et le savoir- faire des entreprises allemandes peuvent constituer une contribution importante et extrêmement profitable au développement de l’économie algérienne dans tous les domaines susmentionnés.

Ambassadeur d’Allemagne en Algérie, à Dziri

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