A l’aube de la 4e révolution industrielle, Un challenge que l’Algérie doit relever

A l’aube de la 4e révolution industrielle, Un challenge que l’Algérie doit relever

A la faveur de la tenue de la 23e Journée de l’énergie, organisée au niveau du siège de la Sonatrach, le professeur Chems Eddine Chitour de l’Ecole nationale polytechnique d’Alger a développé, de manière très pertinente, le thème de la quatrième révolution industrielle.

Avec les nouvelles technologies, nos sociétés sont confrontées à des innovations toujours plus rapides et des bouleversements complexes et interdépendants. C’est pourquoi il appartient à nos décideurs de faire en sorte que l’Algérie entre de plain-pied dans le vif du sujet de la 4e révolution industrielle.

TOUT LE MONDE VEUT PRENDRE LE TRAIN DU FUTUR
Tout au début de son intervention, le professeur Chitour a démontré, à travers des exemples, que le monde de l’énergie fossile est déjà derrière nous, malgré ses soubresauts qui peuvent durer encore une génération. Nous sommes à la croisée des chemins. Partout dans le monde c’est le sauve-qui-peut, pour échapper à l’ancien monde et prendre le train du futur dont l’un des wagons est la révolution électrique, notamment dans le transport. Le monde du futur sera profondément robotisé et fera appel plus que jamais à l’intelligence artificielle qui permettra d’optimiser une énergie qui sera partagée entre plusieurs demandes, l’internet des objets. Pour Chitour, cette vision est partagée par plusieurs spécialistes.

 

ON S’Y PRÉPARE
Le professeur Chitour, en se basant sur les arguments de Klaus Schawb, fondateur et président exécutif du Forum économique mondia,l estime que la mondialisation 4.0 est déjà là. Nous devons nous y préparer, il écrit : «Nous sommes au bord d’une révolution technologique qui modifiera notre façon de vivre, de travailler et de nouer des relations mutuelles. De par son ampleur, sa portée et sa complexité, la transformation sera différente de tout ce que l’humanité a connu auparavant. Nous ne savons pas encore comment va se dérouler, mais une chose est claire : la réponse doit être intégrée et globale et impliquer toutes les parties prenantes de la politique mondiale, des secteurs public et privé aux universités en passant par la société civile. La première révolution industrielle fut celle de l’usage de l’eau et de la vapeur pour mécaniser la production. La deuxième utilisée l’énergie électrique pour créer une production de masse. La troisième utilisait l’électronique et les technologies de l’information pour automatiser la production. Une quatrième révolution industrielle est en train de se construire sur la troisième : la révolution numérique en cours depuis le milieu du siècle dernier. Elle se caractérise par une fusion de technologie qui brouille les frontières entre les sphères physique, numérique et biologique.

 

TRANSFORMATION DE SYSTÈMES ENTIERS DE PRODUCTION
Comparée aux révolutions industrielles précédentes, la quatrième évolue à un rythme exponentiel plutôt que linéaire. En outre, cela perturbe presque toutes les industries dans tous les pays. Et l’ampleur et la profondeur de ces changements annoncent la transformation de systèmes entiers de production, de gestion et de gouvernance.

Les possibilités offertes par des milliards de personnes connectées via les appareils mobiles, avec une puissance de traitement, une capacité de stockage et un accès à la connaissance sans précédent, sont illimitées. Et ces possibilités seront multipliées par les avancées technologiques émergentes dans les domaines tels que l’intelligence artificielle, la robotique, l’internet des objets, les véhicules autonomes, l’impression 3D, la nanotechnologie, la biotechnologie, le science des materiaux,le stockage de l’énergie et

L’informatique quantique. Déjà, l’intelligence artificielle nous entoure, des voitures et drones autonomes aux assistants virtuels en passant par les logiciels qui traduisent ou qui investissent.

L’intelligence artificielle a considérablement progressé, ces dernières années, grâce à l’augmentation exponentielle de la puissance de calcul et à la disponibilité de vastes quantités de données, des logiciels utilisés pour découvrir de nouveaux médicaments aux algorithmes servant à prédire nos intérêts culturels. Les technologies de fabrication numérique, quant à elles, interagissent quotidiennement avec le monde biologique. Des ingénieurs, des concepteurs et des architectes, associent conception, informatique, fabrication d’additifs, ingénierie des matériaux et biologie synthétique pour créer une symbiose entre les microorganismes, notre corps, les produits que nous consommons et même que les bâtiments que nous habitons.

 

AUGMENTER LE NIVEAUX DES REVENUS MONDIAUX
A l’instar des révolutions qui l’ont précédée, la quatrième révolution industrielle a le potentiel d’augmenter les niveaux de revenus mondiaux et d’améliorer la qualité de vie des populations du monde entier. Demander un taxi, réserver un vol, acheter un produit, payer, écouter de la musique, regarder un film ou jouer à un jeu, tout cela peut maintenant se faire à distance. Les coûts de transport et de logistique diminueront, la logistique et les chaines d’approvisionnement mondiales deviendront plus efficaces et le coût du commerce diminuera, ce qui ouvrira de nouveaux marchés et stimulera la croissance économique. Dans le même temps, comme l’ont souligné les économistes, Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee,,la révolution pourra générer une inégalité plus grande. Globalement, la quatrième révolution industrielle a quatre principaux effets sur les entreprises, les attentes des clients, l’amélioration des produits, ainsi que sur l’innovation collaborative et sur les formes organisationnelles.
Aussi, le passage inexorablement de la numérisation simple (troisième révolution industrielle) à une innovation basée sur une combinaison de technologie (quatrième révolution industrielle) oblige les entreprises à réexaminer leur manière de faire des affaires.
La quatrième révolution, enfin, changera non seulement ce que nous faisons, mais aussi ce que  nous sommes. Cela affectera notre identité et tous les problèmes qui y ont associés ; cela change déjà notre santé et conduit à un «moi quantifié» et plutôt que nous pensons, cela peut conduire à une augmentation humaine. La liste est interminable, car elle n’est liée que par notre imagination.

PAR RABAH KARALI

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