SON EXCELLENCE, ANTA COULIBALY DIALLO, AMBASSADEUR DU SÉNÉGAL EN ALGÉRIE

SON EXCELLENCE, ANTA COULIBALY DIALLO, AMBASSADEUR DU SÉNÉGAL EN ALGÉRIE

ffffLe marché sénégalais offre plusieurs opportunités d’affaires aux opérateurs économiques algériens qui veulent s’installer au Sénégal, pays considéré comme étant la porte d’entrée privilégiée de l’Afrique de l’Ouest. Le marché sénégalais offre d’innombrables opportunités d’investissement, mais aussi un cadre juridique et fiscal attractif qui a permis d’introduire des réformes dans plusieurs domaines d’intérêt pour les investisseurs, notamment les procédures d’accès au foncier, les formalités d’obtention du permis de construire, la législation du travail, la fiscalité, la dématérialisation des formalités du commerce extérieur, etc. Il faut savoir aussi que le Sénégal offre également des infrastructures modernes dans les domaines routier, ferroviaire, aéroportuaire et portuaire.

VOUS ÊTES INSTALLÉE DEPUIS PLUS DE CINQ MOIS À LA TÊTE DE LA MISSION DIPLOMATIQUE SÉNÉGALAISE, QUELS SONT LES PROJETS SUR LESQUELS VOUS TRAVAILLEZ EN PRIORITÉ POUR AMÉLIORER DAVANTAGE LES RELATIONS BILATÉRALES ?
Permettez-moi, tout d’abord, de présenter à vos lecteurs et à tous les Algériens mes voeux ardents de paix, de prospérité et de progrès dans tous les domaines. Je voudrais également saisir cette occasion pour renouveler au peuple et aux autorités algériennes mon infinie reconnaissance pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité tout africaine qu’ils m’ont réservés depuis mon arrivée, il y a cinq mois, le 14 juillet 2018, dans cette pittoresque et historique ville d’Alger qui a été témoin de l’écriture des plus glorieuses pages des civilisations méditerranéennes, maghrébines et africaines.

Pour ce qui est de l’intensification des relations bilatérales entre l’Algérie et le Sénégal, il faudrait juste rappeler que depuis la signature, le 07 octobre 1981, à Alger, de l’Accord portant création d’une Grande Commission mixte de coopération algéro-sénégalaise, les deux pays ont tenu cinq sessions ordinaires pour procéder à la revue de la coopération bilatérale. Une nouvelle dynamique a été impulsée à la coopération bilatérale, lors de la visite d’Etat que le président de la République du Sénégal, S.E.M. Macky SAll, avait effectuée à Alger, du 12 au 15 janvier 2015, et au cours de laquelle il a rencontré les opérateurs algériens dans le cadre d’un Forum organisé par le ministère algérien de l’Industrie et des Mines.

LES RELATIONS ÉCONOMIQUES ENTRE LES DEUX PAYS ONT CONNU CES DERNIÈRES ANNÉES UNE ÉVOLUTION IMPORTANTE, QU’EST-CE QU’IL Y LIEU DE FAIRE AFIN D’EXPLOITER TOUTES LES OPPORTUNITÉS D’INVESTISSEMENT ?
Lors de la visite d’Etat que le président de la République du Sénégal, S.E.M. Macky SAll, avait effectuée à Alger, du 12 au 15 janvier 2015, un Forum avait été organisé par le ministère algérien de l’Industrie et des Mines. Au cours de ce Forum, le Directeur général de l’Agence sénégalaise pour la promotion des investissements (APIX), M. Mountaga SY, avait présenté les opportunités d’investissement au Sénégal en mettant en exergue la stabilité politique, un environnement des affaires de classe internationale, ainsi que la réalisation d’infrastructures de base porteuses de croissance économique durable. Dans ce cadre, le ministre algérien de l’Industrie et des Mines avait exprimé le souhait de voir le Conseil d’affaires algéro-sénégalais se mettre en place très vite afin d’oeuvrer au développement des échanges entre les entreprises des deux pays. En 2016, un Forum d’échanges économiques algéro-sénégalais avait été organisé à Dakar, en partenariat avec la Chambre Algérienne de Commerce et d’Industrie (CACI), et a vu la participation d’une centaine de chefs d’entreprise et d’opérateurs économiques algériens sous la houlette du Forum des Chefs d’Entreprise (FCE). Pour l’année 2019, les services compétents de l’ambassade sont en train de travailler sur les modalités pratiques de préparation d’un deuxième Forum des affaires à Dakar, en partenariat avec les organisations patronales algériennes. Tout récemment, l’Algérie a été honorée du prix de la «meilleure participation officielle» à la 27e édition de la Foire internationale de Dakar (FIDAK), qui s’est tenue du 29 novembre au 16 décembre 2018. La distinction a été décernée à l’Algérie à l’occasion de la cérémonie de clôture de cette manifestation, qui a eu lieu au Salon VIP du Centre International du Commerce Extérieur du Sénégal (CICES) pour «sa participation régulière à cette importante manifestation économique». 46 entreprises algériennes opérant dans divers secteurs d’activité économique avaient pris part à cette plus grande manifestation économique et commerciale de l’Afrique de l’Ouest, organisée cette année sous le thème de «La compétitivité des petites et moyennes entreprises des pays en développement, face aux défis de la mondialisation».

Les investisseurs algériens peuvent saisir l’opportunité de la nouvelle matrice des politiques publiques qu’est le Plan Sénégal Emergent (PSE), dont 66,5 % des ressources du premier Plan d’actions prioritaires (PAP 2014-2018), étaient consacrées à l’axe 1 du PSE dédié à la transformation structurelle de l’économie sénégalaise. Pour atteindre cet objectif de transformation structurelle et de croissance pour l’horizon 2035, S.E.M. Macky SALL, président de la République du Sénégal, a présidé, le 17 décembre 2018, à Paris, le Groupe consultatif pour financer la phase II du PSE qui doit permettre de financer, à hauteur de 4,3 milliards d’euros, le Plan d’actions prioritaires (PAP 2019-2023).

PEUT-ON CONNAÎTRE LES OPPORTUNITÉS D’AFFAIRES OFFERTES PAR LE MARCHÉ SÉNÉGALAIS AUX PRODUITS ALGÉRIENS EXPORTABLES ?
Le marché sénégalais offre plusieurs opportunités d’affaires aux producteurs algériens qui veulent surtout délocaliser leurs activités au Sénégal. Parmi ces nombreuses opportunités, on peut citer notamment le fait que le Sénégal soit la porte d’entrée privilégiée de l’Afrique de l’Ouest, et membre de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) qui regroupe 8 pays et représente un marché de 80 millions de consommateurs, et de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) qui donne accès à un marché de 320 millions de consommateurs. C’est également en vue d’instaurer la confiance des investisseurs et créer un espace de sécurité juridique et judiciaire indispensable pour drainer des flux importants d’investissements, que le Sénégal a intégré l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) ouvert à l’adhésion de tout Etat membre de l’Union Africaine (UA), et le Système Comptable Ouest Africain (SYSCOA), nouveau Plan Comptable Général Commun aux membres de l’UEMOA, destiné à assurer une plus grande efficacité du contrôle des comptes et à donner aux associés et aux autres utilisateurs de l’information comptable toutes les garanties de régularité, de sincérité et de transparence des états financiers. Le marché sénégalais offre également des infrastructures modernes et structurantes dans les domaines routier, ferroviaire, aéroportuaire et portuaire, ainsi que dans les infrastructures de télécommunication. Une autre opportunité d’affaires que présente le marché sénégalais concerne aussi les ressources humaines de qualité. Convaincu que l’éducation et la formation des hommes et des femmes constituent une richesse inestimable pour le pays, le Sénégal consacre plus du tiers de son budget national à l’éducation. Le pays compte de nombreux établissements publics et privés d’enseignement primaire, secondaire et supérieur. L’enseignement se fait en français et des écoles assurent également un enseignement dans d’autres langues comme l’arabe ou l’anglais. De prestigieuses universités et des écoles étrangères proposent, sur place ou en partenariat, en formation initiale et en formation continue des cursus de haut niveau qui répondent aux besoins des entreprises, quel que soit le secteur, notamment dans le domaine agro-alimentaire et celui des services. L’enseignement à distance connaît également un essor important. Le Sénégal dispose d’un important pool de cadres et d’experts de haut niveau formés localement ou à l’étranger (notamment dans l’Union européenne et en Amérique du nord). Le grand choix de formations, notamment technique et professionnelle facilite le recrutement de jeunes frais émoulus qui deviennent rapidement opérationnelles. La maîtrise des langues étrangères les plus courantes (anglais, espagnol, arabe, italien), en plus du français langue officielle, favorise les échanges d’affaires avec les interlocuteurs du reste du monde. De plus, le large accès aux TIC assure une bonne pratique des outils informatiques actuels par le plus grand nombre.

Par ailleurs, pour impacter sur un environnement des affaires compétitif, la Stratégie d’émergence déclinée dans le PSE traduit l’ambition du Sénégal de garantir un accès large et fiable à une énergie bon marché. A cet effet, le PSE vise à avoir une parfaite disponibilité d’énergie en quantité et en qualité suffisantes, offrir un prix de l’électricité parmi les plus bas de la sous-région (~60 à 80 FCFA/ kWh), soutenir la compétitivité économique, diminuer de moitié la facture d’électricité des ménages, et supprimer les coupures et les pertes.

LES PRINCIPAUX PRODUITS EXPORTÉS VERS LE SÉNÉGAL SONT CONSTITUÉS D’HYDROCARBURES, DE PRODUITS AGROALIMENTAIRES ET DE MÉDICAMENTS

EN CHIFFRES
Les échanges entre l’Algérie et le Sénégal ne représentent que près de 8 millions de dollars dominés par les hydrocarbures. associées avant 2018. En plus, les récentes découvertes de gaz et de pétrole, combinées au développement fulgurant des énergies renouvelables et à la stratégie gouvernementale du mixte énergétique, permettront au Sénégal de baisser drastiquement les coûts de production dans le marché sénégalais.

QUELLES SONT LES MESURES MISES EN PLACE PAR LE GOUVERNEMENT SÉNÉGALAIS POUR ACCOMPAGNER LES INVESTISSEURS ALGÉRIENS ?
Le dispositif mis en place par le gouvernement sénégalais pour accompagner les investisseurs venant de pays amis, comme l’Algérie, s’articule autour de trois principaux instruments. Il s’agit d’abord, de la mise en place d’un cadre juridique et fiscal incitatif qui permet d’introduire des réformes hardies dans plusieurs domaines d’intérêt pour les investisseurs, notamment les procédures d’accès au foncier, les formalités d’obtention du permis de construire, la législation du travail, la fiscalité, la dématérialisation des formalités du commerce extérieur, etc. Ensuite, il y a un deuxième dispositif qui porte sur la protection de l’investisseur, à travers la signature de l’Accord de promotion et de protection réciproque des investissements (APPI) et d’Accords de non double imposition (ANDI). Dans ce cadre, les autorités sénégalaises s’orientent vers la conclusion de tels accords avec les pays partenaires pour leur permettre de protéger leurs ressortissants qui veulent investir dans notre pays. En effet, l’APPI offre des garanties aux investisseurs et les rassure sur le traitement non discriminatoire qui leur sera réservé et sur la sauvegarde de leurs intérêts en toutes circonstances. Quant à l’ANDI, elle assure une transparence au statut fiscal de l’investisseur et lui évite une double imposition. Enfin, la troisième mesure concerne les mesures incitatives pour l’investissement. A cet effet, le code général des impôts issu de la loi 92-40 du 9 juillet 1992 a été réformé et modifié par souci d’amélioration du cadre fiscal, de simplification des procédures, de création d’emplois et principalement d’encouragement de l’investissement privé. C’est ainsi que la Contribution Globale Unique (CGU) a été instaurée et l’Impôt sur le revenu des Sociétés (IS) est de 30%. Des mesures d’allègement fiscal, des garanties et des avantages sont consentis aux investisseurs à travers le code des investissements. Le champ d’application du code d’investissement est élargi à plusieurs secteurs stratégiques. La transparence, la clarté et l’étendue des avantages font de ce code un outil particulièrement attractif pour l’investisseur. Il prévoit des avantages douaniers et fiscaux pour les entreprises nouvelles et les projets d’extension. Parmi les avantages que procure le code des investissements figurent l’exonération des droits de douane, la suspension de la TVA et la réduction du taux d’imposition sur les bénéfices.

PEUT-ON CONNAÎTRE LE VOLUME DES ÉCHANGES COMMERCIAUX ENTRE LES DEUX PAYS ?
Les échanges entre l’Algérie et le Sénégal ne représentent que près de 8 millions de dollars dominés par les hydrocarbures. Ce qui ne reflète pas le potentiel économique existant entre les deux pays. Avec la plateforme dénommée comptoir commercial algérien au Sénégal, ce potentiel trouve une opportunité singulière pour promouvoir les échanges commerciaux entre l’Algérie et le Sénégal et développer les échanges interafricains dans le cadre de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO, 320 millions de consommateurs) et de l’Union économique et monétaire Ouest Africaine (UEMOA, 80 millions de consommateurs).

QU’EXPORTE L’ALGÉRIE PRÉCISÉMENT VERS LE SÉNÉGAL ?
Les principaux produits exportés actuellement vers le Sénégal sont constitués des hydrocarbures, de produits agroalimentaires et de médicaments, alors que les produits exportés du Sénégal vers l’Algérie sont dominés par les poissons, selon les données de l’Algex.

PEUT-ON SAVOIR DAVANTAGE SUR LES DOMAINES DE COOPÉRATION PRIVILÉGIÉS PAR LES DEUX GOUVERNEMENTStbtebrbg ?
Comme je l’ai déjà indiqué, depuis la signature, le 07 octobre 1981 à Alger, de l’Accord portant création d’une grande Commission mixte de coopération algéro-sénégalaise, les deux pays ont tenu cinq Sessions ordinaires pour procéder à la revue de la coopération bilatérale. Au terme de la 5e Session de la Grande Commission mixte qui s’est tenue à Dakar, du 03 au 05 mars 1997, il avait été convenu de mettre sur pied une structure de suivi et d’évaluation, au niveau des experts, chargée de se réunir alternativement à Alger et à Dakar durant l’intersession et ce, pour faire le point sur l’état d’exécution des décisions et recommandations de ladite Session ordinaire, et de proposer, si besoin des mesures pour améliorer la mise en oeuvre du programme de coopération bilatérale. Pour approfondir la coopération bilatérale sur les questions multilatérales et géopolitiques d’intérêt commun, dans la perspective de la préparation de la 6e grande Commission mixte de coopération sénégalo-algérienne, les autorités algériennes et sénégalaises compétentes ont exprimé leur disponibilité à hisser les relations bilatérales à un niveau d’excellence jamais égalé. Et ce, en examinant des questions multilatérales et géopolitiques d’intérêt commun, telles que la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies et la consolidation de la position africaine portée

Du tac au tac

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INTERVIEW REALISEE PAR NASSIMA BENSALEM

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