Naila Chaker, lauréate du Prix concours d’entrepreneuriat féminin.«Mon travail a été apprécié à sa juste valeur»

Naila Chaker, lauréate du Prix concours d’entrepreneuriat féminin.«Mon travail a été apprécié à sa juste valeur»

Naila Chaker est une jeune femme chef d’entreprise (fromagerie Nalilait) de la région constantinoise qui s’est lancée dans la fabrication du fromage en 2005. Depuis, elle a vite gravi les échelons dans le métier de l’industrie fromagère alors que sa formation de vétérinaire lui a permis de produire du fromage d’excellente qualité. Une success story bâtie par la force d’une volonté et une passion inouïe. Ainsi, ses efforts ont été récompensés. Et pour cause, elle a remporté tout récemment, le concours d’entrepreneuriat féminin organisé par le club des femmes chefs d’entreprise de la CCIAF.

INTERVIEW REALISEE PAR RABAH KARALI

VOUS VENEZ TOUT RÉCEMMENT DE REMPORTER LE CONCOURS D’ENTREPRENEURIAT FÉMININ, COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS CETTE IMPORTANTE CONSÉCRATION APRÈS PLUSIEURS ANNÉES D’INTENSES EFFORTS ?

Remporter le concours d’entrepreneuriat féminin organisé par le club femmes chefs d’entreprise de la CCIAF a été l’une de mes plus grandes réussites. Mon projet a été évalué et sélectionné parmi plusieurs autres projets tous aussi prometteurs. Ce fut un honneur et un privilège pour moi de faire partie des finalistes et de défendre mon projet auprès des membres d’un jury aussi compétent. Ce fut une véritable récompense, une bouffée d’oxygène après tant d’années d’efforts, de sacrifices et de persévérance. Enfin, mon travail est apprécié à sa juste valeur et même en étant lauréate, je sais que le chemin qui s’ouvre devant moi est loin d’être exempt d’embûches et de difficultés, mais cela me donne des défis en plus à relever…

EST-CE PAR VOCATION PUISQUE VOUS ÊTES VÉTÉRINAIRE DE FORMATION, PAR PASSION À CE MÉTIER, OU FORTUITEMENT QUE VOUS AVEZ CHOISI LE SECTEUR DE L’INDUSTRIE FROMAGÈRE ?

Au début, j’ai instinctivement opté pour l’élevage et la production laitière. J’ai eu la chance en tant que vétérinaire de faire le suivi d’élevage bovin laitier.

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POURQUOI AVEZ-VOUS CHOISI LA PRODUCTION DE FROMAGE DE TYPE GOUDA EN PARTICULIER ?

J’ai beaucoup appris sur le terrain et j’ai vu un réel potentiel dans cette filière. La fromagerie est venue un peu plus tard, après de nombreuses formations et stages en Algérie, notamment à Ghardaia et en Kabylie, mais aussi aux Pays-Bas et c’est là que mon choix s’est confirmé auprès des meilleurs experts et que j’ai trouvé mon domaine de prédilection qui est la fromagerie, particulièrement la fabrication de fromage à pâte pressée, à savoir le Gouda. C’est comme cela que Nalilait a vu le jour.

QUELLES SONT LES PRINCIPALES DIFFICULTÉS QUE VOUS AVEZ RENCONTRÉES LORS DU MONTAGE DE VOTRE PROJET ET COMMENT VOUS LES AVEZ SURMONTÉES ?

Nos difficultés se résumaient d’abord, dans le fait que nous démarions de rien et que nous n’avions aucune expérience. Il fallait s’informer des lois, notamment administratives, trouver des fonds, dénicher les bons fournisseurs, acquérir l’infrastructure et le matériel qui répondent aux normes exigées, sélectionner les bons éleveurs pour avoir la meilleure qualité de lait. Tous ces facteurs ne m’ont jamais découragée, au contraire à chaque pas que je faisais, j’apprenais plus et je ne me suis jamais laissé décourager grâce aussi au soutien de mon entourage et de tout les professionnels que j’ai croisé sur mon chemin.

AVEC LA DOTATION FINANCIÈRE QUI VOUS A ÉTÉ REMISE PAR LE CCIAF, VOTRE AMBITION DÉSORMAIS EST D’AGRANDIR VOTRE USINE, PEUT-ON CONNAÎTRE VOS PERSPECTIVES DE DÉVELOPPEMENT ?shutterstock_663916834-side

L’apport financier que j’ai obtenu grâce à la CCIAF est une véritable aubaine, en particulier dans la conjoncture économique actuelle où il y a un arrêt d’importation concernant ce genre de produit. Il est plus que jamais nécessaire pour moi d’augmenter ma capacité de production et de diversifier ma gamme de produits pour répondre à la demande croissante du marché. Aujourd›hui, Nalilait se doit de prendre de l’essor et de se développer. Bien sûr, le parcours est long et difficile, mais je suis bien entourée ; non seulement, j’ai gagné un apport financier, mais j’ai surtout gagné grâce à ce concours l’accompagnement de personnes exceptionnelles pleines de bonne volonté et de compétence qui m’offrent leur aide et leur soutien dans ce long parcours.

QUELS SONT LES CONSEILS QUE VOUS DONNERIEZ AUX JEUNES PORTEURS DE PROJETS, À L’IMAGE DE CELUI QUE VOUS AVEZ RÉALISÉ ?

shutterstock_663916798 (1)-sideJe conseille à toutes les jeunes femmes désireuses de se lancer dans l’entrepreneuriat, d’abord, de bien cibler leurs objectifs, d’élaborer une étude réaliste du projet, afin d’avancer dans le bon sens. Il faut qu’elles s’entourent de personnes compétentes ; de ne jamais baisser les bras, car le chemin vers la réussite est très dur et qu’il arrive même qu’elles se retrouvent devant des portes fermées, mais si elles ont suffisamment de force, de foi en elles-mêmes et en leur projet et qu’elles n’ont pas peur de relever les défis, elles finiront forcément par récolter le fruit de leur labeur.

CE FUT UNE VÉRITABLE RÉCOMPENSE, UNE BOUFFÉE D’OXYGÈNE APRÈS TANT D’ANNÉES D’EFFORTS, DE SACRIFICES ET DE PERSÉVÉRANCE.

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