Le marché de l’art,ce filon inexploité

Lors de ces vingt dernières années, les transactions issues du marché de l’art de par le monde, ont connu un bond fulgurant que les experts estiment à 456%. La foire de Bâle et la banque suisse UBS, pour ne citer que ces deux pôles – attitrés en termes de négoce d’objets d’art – font état, à ekkes seules, au cours de l’année 2018, d’un volume d’échange dépassant les 50 milliards d’euros. C’est dire que le marché de l’art est considéré comme la poule aux oeufs d’or, une manne substantielle à laquelle participe la chaîne des intervenants – d’amont en aval – que sont les artistes, les musées, les marchands d’objets d’art, les galeristes, les courtiers, les commissaires-pri­seurs, les experts, les collectionneurs et autres critiques d’art. Mais qu’en est-il chez nous ? Quel est le chiffre d’affaires drainé par ce créneau com­mercial qui, sous d’autres latitudes, constitue une part gargantuesque. Constitue-t-il une plus-value économique pour notre pays ? Existe-t-il suffisamment d’outils autorisant l’organisation et la régulation du marché des objets d’art ? Les acteurs de ce dernier sont-ils identifiés par le dépar­tement de tutelle qu’est le ministère de la Culture ? Les artistes sont-ils dotés d’un identifiant fiscal leur permettant d’écouler le fruit de leur labeur ? Y a-t-il un marché d’assurance des oeuvres d’art ? Autant d’interrogations qui, au demeurant, ne nous édifient pas moins sur un négoce balbutiant, sinon quasi inexistant et ce, au regard d’un vide législatif on ne peut plus criant. Des maisons de vente – ou galeries d’art – aux institutions culturelles (musées) en passant par les courtiers (intermédiaires), l’appétence des grands acquéreurs se confine, à dire vrai, dans la sphère des ambassades et d’une poignée de collectionneurs, en dehors d’acheteurs privés plus enclins, dans bien des cas, à l’esprit mercantiliste qu’à la valeur de l’objet en tant que patrimoine. Quant aux 23 musées nationaux que compte le pays et le timide panel de galeries essaimées, à travers les différentes wilayas, le marché de l’art s’appuie, sommes-nous tenu de constater, davantage sur des opportunités liées à l’événementiel que sur un marché organisé et judicieusement canalisé censé offrir un capital culturel, voire financier. ‘’Nous ne pouvons parler de galerie d’art, sinon de surface d’accrochage’’, ‘’nos musées n’achètent pas’’ ou encore ‘’tout est lié à l’éducation’’, tel est en gros le lot de sentences révélées, à l’évidence, par quelques artistes dont certains, à défaut de tirer quelques maigres dividendes de leurs oeuvres, se voient contraints à vivre d’amour et d’eau fraîche.

Par La Rédaction

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