Achat en ligne <br />Seulement 6% des Algériens l’ont adopté

Achat en ligne
Seulement 6% des Algériens l’ont adopté

Les Algériens ne sont pas très adeptes de l’achat en ligne, seulement 6% d’entre eux effectuent des achats/paiements en ligne, alors que le même taux est enregistré en ce qui concerne la possession d’une carte de crédit. Les chiffres indiquent également que 50% de la population détiennent un compte bancaire. Un autre fait illustratif : 100% des commandes des clients sont payées à la livraison et aucune par e-paiement, m-paiement ou par facilité de paiement (ces deux derniers sont quasiment inexistants dans les pratiques commerciales). Il s’agit de don­nées révélées lors de la conférence-dîner consacrée au e-commerce, organisée récemment par Jumia Algérie, durant laquelle a été, notamment, annoncée la nomination d’Elyes Jeribi à la tête de Jumia Algérie (il est en même temps à la tête de Jumia Tunisie), en remplacement de Sophienne Baudry, co-fondateur de Jumia.

PAR ZOHEIR ZAID

La timide évolution du e-commerce en Algérie est un secret de Polichinelle. Les représentants de Jumia citent, à titre comparatif, non les pays occidentaux, ni le Maroc et la Tunisie, mais le Kenya et le Rwanda, comme des pays ayant surpassé l’Algérie en matière d’usage des TIC, notamment dans la digitalisation de leurs tissus institutionnel, économique et même chez les particuliers. Méfiance ou résistance aux change­ments, réglementation tardive, opération marketing peu attractive sont autant d’entraves relevées par les spécialistes ou les applicateurs de ce domaine. Cela n’a pourtant pas dissuadé les entreprises à basculer vers les plateformes de réservation. Le Salon international du tourisme et des voyages, qui s’est tenu du 17 au 20 octobre dernier, au Palais des expositions, nous donne la preuve. Pour y voir plus clair, nous avions interrogé des professionnels ayant intégré la digitalisation dans leur méthode de travail ou en ont fait intégralement la seule option à laquelle ils recourent quotidiennement.

Omar Touileb,directeur de marketing à la plateforme d’hébergement Nbatou

Omar touileb-down«Le e-commerce est dans une croissance exponentielle. Les opérateurs économiques commencent à prendre conscience qu’il faut l’inscrire comme stratégie de pro­motion de leurs produits et services. Et aussi de suivre la digitalisation illustrée par le chiffre de 20 millions d’Algériens présents sur les réseaux sociaux et déten­teurs de courriels. Les entreprises auront l’opportunité de transformer cette nouvelle méthode en plateforme de réservation sur le Net. C’est ce que fait Nbatou, qui essaye, plutôt, de donner aux clients toutes les infor­mations nécessaires pour l’achat des produits en ligne. Sinon, la transaction, elle, se fera via la banque ou CCP. Il faut souligner que la réticence de l’Algérien est légi­time, car ce dernier est dans une étape d’observation et d’information. Et c’est justement notre mission à nous, spécialistes du domaine de bien l’attirer vers ce nou­veau mode de paiement, qui n’est pas, contrairement aux allégations, un mythe, tant que des experts l’ont adopté et bien expérimenté sa sécurité.»

 

Nouha Benkouider,chargée de marketing et des relations publiques à Jumia Algérie

Nouha Benkouider, chargée de marketing et des relations publiques à Jumia Algérie-down«Selon une étude de Jumia : 100% des clients inter­rogés affirment se diriger vers internet en premier avant d’acheter un bien ou un service. Ce qui dénote, quand même, que le e-commerce se démocratise graduellement. Une autre étude réalisée par l’Institut de sondages Ipsos a révélé que 60% des consommateurs prospectent sur le Net au lieu de faire leur shopping au magasin, contre 27% qui prospectent en faisant le contraire (prospecter au magasin avant de le faire sur internet). Jumia a, justement, été créée dans le but de changer les modes de vie et d’accompagner le consommateur algérien dans sa quête d’une qualité meilleure. Devant la mutation qui s’impose, Jumia a ar­ticulé sa politique en matière de e-commerce autour de la formation. Les employés reçoivent plusieurs métiers jusqu’ici inconnus en Algérie, à savoir, le data-mining, le SEO (Search engine optimisation) ou responsable d’un bon référencement du site web) et le marketing digital.»

El Walid Toumi,directeur général adjoint au groupe Hyppone tourisme, voyages et communication

el Walid Toumi-down«Depuis une année, nous avons mis en place une centrale de réservation, qui a été pour beaucoup dans la réorganisation de notre entreprise. Et aussi dans la facilitation des démarches de réservation que font les clients, car elle leur donne une réponse immédiate à leurs demandes. Notre centrale de réservation s’ap­pelle Hyppone Star, elle est spécialisée dans l’aérien, le traitement des visas, les packages, les excursions et, bien sûr, la réservation d’hôtels. Nous enregistrons en dépit de la nouveauté de ce mode de réservation, un afflux non négligeable de clients. Car, il faut le dire et le répéter, l’Algérien n’y est pas habitué. L’introduction tardive du e-commerce a laissé le champ libre, des années durant, à l’Algérien de se familiariser avec le mode de réponse palpable, celle qu’il voit et touche sur un document administratif. Mais je reste confiant en l’avenir, car le changement viendra incessamment.»

Les commentaires sont fermés.

Revenir en haut de la page