JOSÉ FERNANDO BERMÙDEZ CENDALES, CHARGÉ D’AFFAIRES DE L’AMBASSADE DE COLOMBIE EN ALGÉRIE<br /> «un nouvel essor sera donné aux relations bilatérales»

JOSÉ FERNANDO BERMÙDEZ CENDALES, CHARGÉ D’AFFAIRES DE L’AMBASSADE DE COLOMBIE EN ALGÉRIE
«un nouvel essor sera donné aux relations bilatérales»

L’Algérie et la Colombie sont en train d’examiner les moyens qui permettront de renforcer davantage leurs liens traditionnels d’amitié et de coopération, à travers l’approfondissement du dialogue et de la concertation sur les questions bilatérales et internationales d’intérêt commun. Le chargé d’affaires en pied de la Colombie en Algérie, José Fernando Bermúdez Cendales qualifie les relations économiques et culturelles avec l’Algérie d’«excellentes», tout en précisant que son pays déploie des efforts constants pour booster les échanges bilatéraux, notamment économiques et culturels. Avec le nouveau gouvernement colombien, un nouvel élan sera donné aux relations bilatérales. Le diplomate colombien précise qu’il y aura un programme de visites officielles de ministres et de personnalités colombiennes avec un agenda précis.

INTERVIEW REALISEE PAR NASSIMA BENSALEM

VOUS AVEZ DÉCLARÉ RÉCEMMENT QUE LES RELATIONS ENTRE NOS DEUX PAYS SONT EN TRAIN DE SE RAPPROCHER, NOTAMMENT AVEC LE NOUVEAU GOUVERNEMENT COLOMBIEN. PEUT-ON AVOIR UN APERÇU SUR LES RELATIONS BILATÉRALES ?

Quand un nouveau gouvernement est installé, il doit y avoir forcément de nouvelles visions et une nouvelle stratégie de rapprochement. Il est clair que le nouveau gouvernement dispose de points de vue différents que ceux du précédent. Les gouvernements algérien et colombien doivent se rapprocher. Pour cela, il est primordial que les ministres des Affaires étrangères des deux pays se penchent sur la question pour relever les points en commun qui permettent de rapprocher davantage les deux Etats. Il est ainsi prévu de discuter des volets commercial et politique et identifier les domaines de coopération entre l’Algérie et la Colombie. L’intensification des relations permettrait d’avoir un dialogue fluide entre les deux pays. Les relations entre nos deux pays vont bon train. Avec l’arrivée d’un nouveau gouvernement colombien, nous espérons donner un nouvel élan à nos relations avec l’Algérie.

VOUS ÊTES INSTALLÉ DEPUIS PLUS DE SIX MOIS À LA TÊTE DE LA MISSION DIPLOMATIQUE COLOMBIENNE, QUELS SONT LES PROJETS SUR LESQUELS VOUS TRAVAILLEZ POUR AMÉLIORER DAVANTAGE LES RELATIONS BILATÉRALES ?

En premier lieu, je pense que nous devons faire un travail profond dans le domaine culturel. Vu l’éloignement géographique, les deux parties ne connaissent pas la culture de chacun, raison pour laquelle nous devons dynamiser la relation culturelle entre les deux pays. Nous souhaiterions que les Algériens découvrent la culture hispano-américaine et colombienne, en particulier et ce, à travers le cinéma, la gastronomie, la musique, la littérature… En somme, à travers des activités liées au domaine culturel des deux pays. Il est évident que les relations commerciales et politiques ne peuvent être renforcées qu’après une connaissance mutuelle. A titre d’exemple, dans la vie de tous les jours, vous ne pouvez pas concrétiser une affaire avec une personne que vous connaissez à peine. Vous devez la connaître avant d’établir des relations commerciales fructueuses. Il s’agit d’une règle fondamentale qui peut s’appliquer également entre deux pays.

EST-CE QUE DES VISITES OFFICIELLES DE MINISTRES ET DE PERSONNALITÉS COLOMBIENNES SONT À L’ORDRE DU JOUR ?

Bien évidemment, il y aura un programme de visites officielles de ministres et de personnalités colombiennes avec un agenda précis, et pourquoi pas des Présidents. Nous y travaillons et nous souhaiterions à ce qu’il y ait des visites d’officiels entre les deux pays. Le gouvernement colombien, nouvellement installé, dispose d’un agenda très chargé, mais nous inscrivons des visites officielles en Algérie parmi les priorités.

QUELS SONT LES CRÉNEAUX OU LES SECTEURS D’ACTIVITÉ SUSCEPTIBLES D’INTÉRESSER LES DEUX PARTIES ?

Il existe des secteurs de coopération qui sont aussi bien fondamentaux que prioritaires. Je cite ainsi la coopération technique que nous jugeons importante. L’Algérie, tout comme la Colombie, dispose de secteurs de technologie moyenne et avancée, il est donc primordial d’avoir un échange dans ce sens. L’Algérie a un savoir-faire approfondi dans le domaine, par exemple, de l’énergie, de la pêche et la Colombie détient un savoir-faire technologique dans le domaine de la protection de l’environnement. Donc, je pense que nous pourrions travailler en partenariat dans ces domaines, notamment dans celui de la protection de l’environnement qui est une question d’actualité. La Colombie a de l’expérience à partager dans ce domaine très sensible. Nous devons travailler ensemble pour remédier au changement climatique, à la montée des océans, au problème de la récolte des végétaux… Il y a nécessité de placer la coopération environnementale au premier plan.

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QUEL EST LE VOLUME DES ÉCHANGES COMMERCIAUX ENTRE L’ALGÉRIE ET LA COLOMBIE ? QUELS SONT LES DOMAINES CONCERNÉS PAR LE COMMERCE ?

Le volume commercial entre les deux pays est trop bas et en deçà des espérances. Actuellement, le volume des échanges est estimé approximativement à 1,3 million de dollars. Les exportations de l’Algérie vers la Colombie sont un peu plus élevées, mais demeurent, toutefois timides. Pour sa part, la Colombie exporte vers l’Algérie des produits d’origine industrielle comme des produits chimiques. Ainsi, nous plaidons pour que les échanges commerciaux et économiques soient renforcés entre l’Algérie et la Colombie. Nous devons examiner les voies et moyens qui permettent de donner un essor nouveau à ce volet.

QUELS SONT LES MÉCANISMES POUR BOOSTER LES ÉCHANGES BILATÉRAUX ?

Tout d’abord, l’information, les opérateurs économiques algériens doivent avoir des informations précises sur le marché colombien et sur les opportunités d’affaires que peut offrir la Colombie. C’est valable pour les opérateurs colombiens ; ces derniers doivent s’enquérir du climat des affaires en Algérie et les secteurs potentiels à l’investissement. Sans information, nous ne pouvons rien accomplir. Nous sommes en contact avec le ministère du Commerce algérien, plus précisément avec les Chambres et les organismes de commerce comme l’Algex pour organiser une visite au profit des opérateurs économiques algériens en Colombie.

EST-CE QUE DES INVESTISSEURS COLOMBIENS SONT INSTALLÉS EN ALGÉRIE ?

Malheureusement non, il n’y a pas d’investissement colombien en Algérie. Je pense que les entrepreneurs colombiens ont une préférence pour l’Europe, notamment l’Espagne et évidemment, pour d’autres pays hispano-américains. Mais j’insiste sur le manque d’informations sur l’Algérie et le Maghreb. Les Colombiens ne connaissent pas l’Algérie ; pour eux c’est un pays inconnu, alors qu’il s’agit, il va sans dire, d’un pays très important aussi bien en Afrique eque dans la région du Maghreb, et qui offre plusieurs opportunités d’investissement pour les opérateurs économiques

QUELS SONT LES PROJETS DE COOPÉRATION QUI ONT ÉTÉ CONCLUS ENTRE LE GOUVERNEMENT ALGÉRIEN ET COLOMBIEN ?

Les domaines de coopération entre les deux pays portent essentiellement sur le secteur environnemental. Nous coopérons également dans le domaine de la sécurité. La Colombie espère redynamiser ses relations avec l’Algérie en les orientant, en premier, vers deux créneaux important, à savoir la lutte contre la drogue et le terrorisme. Justement, la Colombie a défini le fléau de la drogue comme étant un problème mondial auquel sont confrontés tous les pays du monde. Ce sont donc, deux apprentissages que les deux pays pensent dispenser mutuellement, l’un à l’autre.

Du tac au tac

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Sociologie en Algérie de Pierre Bourdieu.

CE QUI VOUS A MARQUÉ EN ALGÉRIE

Des endroits féeriques comme Timgad

VOTRE PLAT ALGÉRIEN PRÉFÉRÉ

Sans hésitation le couscous.

VOTRE DESTINATION DE VOYAGE PRÉFÉRÉE

L’Egypte et aussi l’Espagne.

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Comme je suis artiste peintre et sculpteur, je dirais : ‘’Une image vaut mieux que mille mots’’.

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