Finance islamique <br />Un symposium pour évoquer les réticences

Finance islamique
Un symposium pour évoquer les réticences

Depuis sa création, la finance islamique a connu une croissance exceptionnelle dans le monde. Le Fonds monétaire international (FMI) et les autres organismes financiers internationaux estiment que les avoirs des banques islamiques ont été multipliés par neuf durant les dix dernières années, soit une progression de 16 % par an. Plus de 50 pays, dont certains non musulmans, l’ont adoptée, alors que l’Algérie s’inscrit avec beaucoup de retard dans cette tendance mondiale.

PAR NASSIMA BENARAB

Quelles sont donc les principales raisons pour que cette finance n’arrive pas à se développer en Algérie ? Quel est l’état d’avan­cement de la finance islamique en Algérie ? Quels sont les enjeux et les défis à relever ? Autant de questions qui seront abordées lors du premier sym­posium algérien de l’assurance et de la finance islamique qui se tiendra les 24 et 25 novembre 2018 à Alger. Un événement qui sera organisé conjointement par l’agence événementielle et de tourisme, Med Voyages et Saafi, cabinet de conseil spécialiste de la distribution et de la concep­tion de solutions Takaful implan­té en France, sous le patronage du Haut Conseil Islamique. Il s’agit d’un rendez-vous incon­tournable pour les profession­nels du secteur bancaire et d’as­surance regroupant des experts nationaux et internationaux de différents pays, à savoir le Maroc, la Tunisie, la France, la Malaisie, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis. Selon les organisa­teurs, le Saafi 2018 se veut aussi une opportunité exceptionnelle d’expertise et de compétence au regard de la qualité de ses intervenants. Un espace idéal de débats, d’échanges et de rappro­chement des idées pour toutes les parties prenantes en vue de permettre une meilleure visibilité et une maîtrise de ce nouveau challenge.

EN CHIFFRE
Plus de 50 pays, dont certainsnon musulmans, ont adopté la finance islamique.

Brahim Djellouadji,Brahim Djellouadji,président de Med Voyages

«Elaborer un modèle adapté à l’Algérie»

«L’événement sera une opportunité pour pouvoir accompagner les pouvoirs publics et les institu­tions spécialisées pour une meilleure intégration de la finance islamique et l’assurance Takafoul en Algérie. C’est un événement scientifique inter­national qui regroupera des experts algériens et internationaux des pays musulmans et non musul­mans. L’idée est de s’inspirer des autres expériences dans le monde susceptibles d’aider nos spécia­listes à élaborer un modèle qui soit adapté au contexte algérien.»

 

 

Ezzeddine GhellamallahEzzeddine Ghellamallah,dirigeant de Saafi, cabinet de conseil

«Développer l’industrie bancaire islamique»

«La finance islamique a un avenir prometteur en Algérie. D’après une étude que nous avons réalisée en 2016, il en ressort qu’il existe une demande gran­dissante des produits financiers islamiques. Malgré l’existence de certains produits bancaires islamiques proposés par des banques algériennes, il existe encore un grand besoin. De ce fait, je pense qu’il est temps de développer l’industrie bancaire islamique en Algérie. La finance islamique doit permettre de mieux financiariser l’économie par l’utilisation des Sukuk et la création d’une offre grand public. L’utilisation des Sukuk va permettre à l’Algérie de diversifier ses sources de financement externes et aussi contribuer au financement de ses entreprises nationales. Quant à l’offre de produits bancaires grand public, elle aura pour premier effet de soutenir le marché de l’immobilier et de la construction grâce à l’octroi de nouveaux crédits. Grâce à la mise sur le marché d’une offre grand public de comptes d’épargne sans intérêt et participatifs, les banques arriveront à drainer de nouvelles ressources dormantes thésaurisées hors circuit bancaire.»

 

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