SON EXCELLENCE, MONSIEUR ROBERT VAN EMBDEN, AMBASSADEUR DES PAYS-BAS EN ALGÉRIE «IMPULSER DAVANTAGE LA COOPÉRATION ÉCONOMIQUE ET LE PARTAGE DE SAVOIR-FAIRE»

SON EXCELLENCE, MONSIEUR ROBERT VAN EMBDEN, AMBASSADEUR DES PAYS-BAS EN ALGÉRIE «IMPULSER DAVANTAGE LA COOPÉRATION ÉCONOMIQUE ET LE PARTAGE DE SAVOIR-FAIRE»

L’Algérie et les Pays-Bas partagent la même volonté d’élargir les domaines de partenariat et de coopération qui, actuellement, concernent le transport maritimeet la gestion portuaire, l’agriculture, l’énergie… Son Excellence, Monsieur Robert Van Embden, ambassadeur des Pays-Bas en Algérie, a précisé clairement dans cette interview que les investisseurs de son pays étaient intéressés par le partenariat avec des opérateurs algériens dans les domaines de la production de lait, de la pomme de terre, et des cultures maraîchères. Le diplomate néerlandais a évoqué aussi le fait que les Pays-Bas accompagnent l’Algérie dans la promotion de ses exportations hors hydrocarbures. Le même responsable a mis en avant l’excellence des relations bilatérales entre son pays et l’Algérie, notamment les échanges commerciaux. A ce propos, M. Van Embden indique que le volume des échanges commerciaux entre les deux pays s’est élevé à plus de 2 milliards de dollars en 2017.
INTERVIEW REALISEE PAR NASSIMA BENSALEM

LA COOPÉRATION ENTRE L’ALGÉRIE ET LES PAYS-BAS EST EN LIGNE DE MIRE. QU’EN PENSEZ-VOUS EXCELLENCE ?

Les relations entre l’Algérie et les Pays-Bas sont historiques, elles ont quatre siècles. Actuellement, nous sommes dans un processus d’intensification de nos relations dans plusieurs domaines, à savoir, politique, économique, mais aussi en matière de partage de savoirfaire. Nous reconnaissons la position importante et stratégique de l’Algérie, étant le plus grand pays de l’Afrique qui se trouve au niveau de la rive sud de la méditerranée.

VOUS AVEZ ÉTÉ L’INVITÉ D’HONNEUR LORS DU SALON INTERNATIONAL DES TRANSPORTS, TENU EN FÉVRIER 2018. EST-CE QUE CELA A PERMIS DE BOOSTER LE PARTENARIAT ENTRE LES ENTREPRISES DES DEUX PAYS ?

ROBERTJe tiens à souligner qu’en général, la participation aux foires et salons en Algérie est très importante, elle permet essentiellement de rapprocher les opérateurs économiques des deux pays, qui ont en plus la possibilité de participer à des colloques, ateliers et rencontres professionnels susceptibles de promouvoir les débats entre experts en termes de savoir-faire et transfert de technologie… Dans ce sens, nous nous réjouissons de la bonne volonté et de la coopération fructueuse des ministères concernés. En ce qui concerne la foire dédiée aux transports, il s’agissait d’un événement avantageux, à laquelle ont participé des entreprises de renom. Cette rencontre a permis aux participants des deux pays de nouer des contacts utiles et pertinents. Notre participation en tant que ‘pays invité d’honneur était une bonne occasion pour mettre l’accent sur le renforcement de la coopération, notamment dans le domaine du transport maritime et la gestion portuaire.
Je cite la coopération entre le port d’Amsterdam et le port d’Alger que nous souhaiterions approfondir à l’avenir. En outre, un projet d’assistance technique de partage de savoir-faire a été mis en oeuvre entre le Laboratoire d’études maritimes (L.E.M) et des opérateurs néerlandais.

L’ALGÉRIE EST POUR NOUS LA PREMIÈRE DESTINATION AU
MONDE EN CE QUI CONCERNE L’EXPORTATION DE LA POMME DE
TERRE DE SEMENCE.

 

VOUS AVEZ ÉTÉ, ENCORE UNE FOIS, L’INVITÉ D’HONNEUR DU SALON SIPSA-SIMA QUI S’EST TENU DU 08 AU 11 OCTOBRE, QU’EST-CE QUE CELA REPRÉSENTE-T-IL POUR VOUS ?

Nous avons été très honorés d’avoir obtenu le statut d’invité d’honneur lors du Salon de l’agriculture, que nous considérons comme une reconnaissance de la qualité de la coopération entre les Pays-Bas et l’Algérie en matière d’agriculture et d’agroalimentaire. Nous sommes le deuxième exportateur à l’échelle mondiale en termes
de valeurs juste après les États-Unis d’Amérique. Nous avons une coopération traditionnelle avec l’Algérie dans cette filière de prédilection pour nous. A titre d’exemple, l’Algérie est pour nous la première destination au monde en ce qui concerne l’exportation de la pomme de terre de semence. Pour ce qui est des produits laitiers, tels le lait en poudre et le fromage, l’Algérie est un client très important.Il faut savoir que le volet partage de savoir-faire est très important dans la coopération, d’ailleurs nous prévoyons un grand projet dans la région d’El Oued, il porte sur la formation des jeunes agriculteurs et étudiants agronomes sur la fertilisation des terres et le renforcement de l’irrigation goutte- à-goutte. Il est question aussi de monter un projet à Mostaganem concernant la pomme de terre, vu la vocation de cette région en matière de production. Par ailleurs, le port de Mostaganem est la principale porte d’arrivée des importations algériennes de semences de pomme de terre. Il s’agit en somme, de projets de coopération scientifique et technique dans divers domaines, surtout avec l’usage des techniques économisant l’eau en irrigation, les contrôles phytosanitaires. Je tiens à souligner dans ce sens que l’université agronomique néerlandaise de Wageningen et ses homologues algériennes à El Oued, Ouargla et Biskra participent fortement à ce développement, à travers la conclusion de mémorandums d’entente.robert1

EN MAI 2018 S’EST TENUE LA 3e  SESSION DE LA COMMISSION MIXTE DE COOPÉRATION BILATÉRALE, OÙ EST-CE QUE VOUS EN ÊTES AVEC LES DIFFÉRENTES RECOMMANDATIONS PRISES LORS DE CETTE RENCONTRE ?

Le processus d’intensification de nos relations est déclenché depuis quelques années et la redynamisation de la commission mixte est un aspect clé. En mai dernier, notre ministre des Affaires étrangères, Monsieur Stef Blok, est venu à Alger afin de coprésider avec son homologue algérien, Monsieur Abdelkader Messahel, cette rencontre qui a permis d’échanger les visions des deux parties et de mettre en place un important agenda de coopération politique et économique, afin de booster et d’élargir le partenariat entre l’Algérie et les Pays-Bas. Aujourd’hui, nous sommes en train de faire le suivi des recommandations prises lors de cette rencontre. Plusieurs délégations néerlandaises se sont déjà déplacées en Algérie. Nous souhaiterions recevoir aux Pays-Bas des délégations algériennes, pour qu’elles puissent voir sur place la qualité de l’offre néerlandaise. Nous voulons aussi accompagner l’Algérie dans son activité d’exportation hors hydrocarbures vers les Pays-Bas et d’autres pays de l’Europe ou encore les pays d’Afrique subsaharienne.

QUELS SONT LES SECTEURS D’ACTIVITÉ QUI INTÉRESSERAIENT LES HOMMES D’AFFAIRES OU INVESTISSEURS NÉERLANDAIS ?

Ils sont nombreux. Je cite bien évidemment le secteur de l’énergie, il présente un grand intérêt tant pour les hydrocarbures que pour les énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire, et l’éolienne.
Nos investisseurs s’intéressent également à l’agriculture, notamment la transformation de produits agricoles, autrement dit l’industrie agroalimentaire. L’Algérie propose d’excellents produits agricoles. Il y a aussi un secteur prometteur qu’est le transport maritime en plus de la gestion portuaire, mais aussi la gestion des déchets et la purification des eaux usées.

QUEL EST LE NOMBRE D’ENTREPRISES NÉERLANDAISES QUI SONT INSTALLÉES EN ALGÉRIE ? QUEL EST LEUR STATUT ET DANS QUEL SECTEUR INTERVIENNENT-ELLES ?

Nous comptons une centaine d’entreprises néerlandaises présentes en Algérie, allant des grandes multinationales aux PME. Elles sont classées en trois catégories, à savoir celles qui font de gros investissements comme Shell, la brasserie Heineken, et Unilever dans la grande consommation. Ensuite, il y a des sociétés mixtes, créées sur la base de la règle 51/49 %, concentrées dans le domaine agricole et agroalimentaire, et existe aussi des groupements d’entreprises algériennes qui sont des agents distributeurs et des importateurs de produits néerlandais qui, dans plusieurs cas, deviennent par la suite des partenaires d’investissement. Je voudrais mentionner dans ce même contexte, l’importance du conseil d’affaires algéro-néerlandais qui a reçu son agrément officiel en 2017, et qui regroupe déjà plus de trente entreprises néerlandaises.

robert3PEUT-ON CONNAÎTRE LE VOLUME DES ÉCHANGES COMMERCIAUX ENTRE LES DEUX PAYS ?

Le montant des échanges commerciaux entre l’Algérie et les Pays-Bas a atteint les 2 milliards de dollars en 2017. L’Algérie est un partenaire très important en Afrique du Nord avec un très grand potentiel de croissance. Les Pays-Bas se placent comme 6e client et 15e fournisseur de l’Algérie. Les échanges sont dominés à 80 % par les ventes algériennes en hydrocarbures et notre souhait est, naturellement, d’œuvrer pour une diversification approfondie de la structure de nos échanges pour en faire une plateforme réelle de développement d’une coopération économique véritable entre l’Algérie et les Pays-Bas, notamment dans le secteur des équipements et celui agricole.

VOUS AVEZ DÉJÀ DÉCLARÉ RÉCEMMENT QUE L’ALGÉRIE EST LE PREMIER PARTENAIRE DES
PAYS-BAS DANS LE MAGHREB. PEUT-ON SAVOIR DAVANTAGE SUR LES DOMAINES DE COOPÉRATION PRIVILÉGIÉS.

Il y a deux secteurs dominants :
l’énergie et l’agriculture, ce qui n’exclut pas les autres secteurs.

EXISTE-T-IL DES ENTREPRISES ALGÉRIENNES QUI ONT INVESTI AUX PAYS-BAS OU QUI FONT DANS L’EXPORTATION HORS HYDROCARBURES VERS VOTRE PAYS ?

Nous souhaiterions promouvoir les exportations algériennes hors hydrocarbures vers les Pays-Bas. A titre d’exemple, j’ai récemment effectué une visite de travail dans les wilayas de l’ouest du pays, Oran, Mascara et Mostaganem et je peux vous dire que nous avons noté cette volonté de la part des opérateurs économiques algériens de s’engager dans l’exportation. Le même intérêt a été clairement perçu dans plusieurs autres wilayas. Le centre de développement des importations aux Pays-Bas a effectué une visite de travail dernièrement en Algérie, cette visite rentre dans le cadre de la promotion des transactions commerciales entre l’Algérie et les partenaires européens, plus précisément les Pays-Bas. La mission du CBI en Algérie intervient en temps opportun, à partir du moment où les autorités algériennes sont en train d’établir une stratégie nationale pour l’exportation. La mission principale du CBI est la contribution au développement économique durable en stimulant la croissance des exportations vers le marché européen.

QUELS SONT LES PROJETS DE COOPÉRATION ENTRE LES DEUX GOUVERNEMENTS

Les projets de coopération entre les deux gouvernements sont nombreux, aussi dans d’autres domaines. Je cite entre autres l’échange d’expériences entre les Cours des comptes des deux pays, permettant à ces deux institutions de consolider davantage les opportunités de coopération et l’action commune en matière de contrôle des fonds publics. Je cite également, la coopération étroite entre l’Institut diplomatique des relations internationales (Idri) et son homologue néerlandais (Clingendael). En outre, l’Association des municipalités néerlandaises est prête à mener à bien des projets de coopération en matière de gouvernance locale en Algérie.

NOUS VOULONS AUSSI ACCOMPAGNER L’ALGÉRIE DANS
SON ACTIVITÉ D’EXPORTATION HORS HYDROCARBURES VERS
LES PAYS-BAS ET D’AUTRES PAYS DE L’EUROPE OU
ENCORE LES PAYS D’AFRIQUE SUBSAHARIENNE.

EN CHIFFRES

-Le montant des échanges commerciaux entre l’Algérie et les Pays-Bas a atteint les 2 milliards de dollars en 2017.
– Les Pays-Bas se placent comme 6e client et 15e fournisseur de l’Algérie.
-Les échanges commerciaux sont dominés à 80 % par les ventes algériennes en hydrocarbures.

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EST-IL PRÉVU DES VISITES OFFICIELLES DE MINISTRES OU DE PERSONNALITÉS NÉERLANDAIS EN ALGÉRIE ?

Oui, justement, il est prévu en ce mois d’octobre la visite officielle de la vice-ministre de l’Agriculture, à l’occasion de la foire de l’agriculture Sipsa-Sima. D’autres visites officielles sont prévues pour l’année 2019.

SELON VOUS, LE CLIMAT DES AFFAIRES EN ALGÉRIE EST-IL FAVORABLE ?

L’Algérie est un pays qui dispose de beaucoup d’atouts, il s’agit du plus grand pays d’Afrique avec une position géographique avantageuse et une économie très importante, l’Algérie est aussi un marché de plus de quarante-deux millions de personnes.C’est une grande nation qui a pu restaurer la sécurité après une longue période douloureuse grâce aux efforts déployés par les autorités, mais aussi par le peuple algérien. La sécurité a été restaurée de sorte que maintenant l’Algérie est considérée comme un pays fort et sécurisé. Cela a permis aux opérateurs économiques néerlandais d’exprimer un intérêt grandissant pour y investir. Par ailleurs, il existe un marché compétitif pour les investissements par le secteur privé à l’échelle mondiale et régionale ; dans ce contexte là entre autres prévisibilité en matière de régulation est essentiel. Notons que les deux gouvernements s’engagent à assister les opérateurs des pays pour leur faciliter la tâche. Je rappelle dans ce contexte que les deux pays ont procédé à la signature d’un accord important relatif à la non double imposition dans l’objectif de promouvoir les investissements.

L’ALGÉRIE EST UN PARTENAIRE TRÈS IMPORTANT EN AFRIQUE
DU NORD AVEC UN TRÈS GRAND POTENTIEL DE CROISSANCE.

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