Élections législatives du 10 mai prochain: À chacun son parti politique !

Élections législatives du 10 mai prochain: À chacun son parti politique !

«Nous sommes pour le multipartisme. Il y a des partis majoritaires, mais si la démocratie signifie la multiplicité de petits partis, qu’il en soit ainsi. C’est au peuple de leur rendre leur crédibilité en tant que partis.» C’est par ces mots, à l’occasion de l’ouverture de l’année judiciaire 2011/2012, que le président de la République, Abbelaziz Bouteflika, à annoncé la volonté du gouvernement d’agréer de nouveaux partis politiques
Par Zora Ben

Le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales avait, bien avant, préparé, dans le cadre des réformes politiques engagées par le chef de l’État dans son discours du 15 avril 2011, un nouveau texte régissant l’activité politique. Après un long débat, souvent contradictoire, le Parlement, par ses deux Chambres, a fini par adopter une nouvelle loi organique relative aux partis. Très attendue, cette loi devait permettre à plusieurs formations de rentrer en scène. Cela ne sous-entend pas que la précédente loi de 1997 interdisait la création de nouveaux partis. Depuis plus d’une douzaine d’années, aucune formation n’a été autorisée officiellement à tenir son congrès constitutif. Il va falloir attendre que la nouvelle loi soit publiée dans le Journal officiel pour voir le champ politique libéré. Et pour cause, la loi en vigueur impose de nouvelles conditions en vue d’obtenir un agrément. Il s’agit notamment des conditions que prévoit l’article 4 introduit, entre autres, pour écarter définitivement le retour de l’ex-FIS et de ses membres sur la scène politiques nationale. L’article en question stipule : «Il interdit à toute personne responsable de l’exploitation de la religion ayant conduit à la tragédie nationale de fonder un parti, de prendre part à sa fondation ou de faire partie de ses organes dirigeants, comme il interdit également à quiconque ayant participé à des actions terroristes et qui refuse de reconnaître sa responsabilité pour sa participation.» C’est la raison pour laquelle, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould Kablia, insistait à chaque sortie médiatique sur le fait qu’aucun parti ne sera agréé avant la promulgation de la nouvelle loi organique.

La bousculade au portillon
C’est depuis cette annonce et le réaménagement du cadre juridique que les ambitions politiques commençaient à ressusciter. Des dizaines de dossiers ont été déposés au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, en vue d’être agréés. Après étude des dossiers, le département d’Ould Kablia avait accepté, dans un premier temps, dix dossiers. Les responsables de ces partis ont été autorisés à tenir leur congrès constitutif. Sept nouveaux dossiers ont été acceptés quelques jours plus tard. Le ministre avait promis que tous les partis réunissant les conditions exigées seront agréés. La liste est appelée à être prolongée. Parmi les 17 partis agréés, toutes les mouvances ont été représentées. Cela même si la mouvance islamiste marque plus sa présence. Il s’agit, notamment, des partis suivants : Parti pour la liberté et la justice (PLJ – responsable Mohamed Saïd) ; Front de la justice et du développement (FJD-El Adala – responsable Abdallah Djaballah) ; le Front de l’Algérie nouvelle (FAN – responsable Djamel Benabdeslam) ; le Front du changement (FC – responsable Abdelmadjid Menasra. De leur côté, les partis démocrates ont marqué leur présence à travers le Mouvement des citoyens libres (MCL – responsable Abdelaziz Ghermoul) ; l’Union pour la démocratie et la république (UDR – responsable Amara Benyounès) ; l’Union des Forces démocratiques sociales (UFDS – responsable  Noureddine Bahbouh) ; le Parti des jeunes démocrates (PJD – responsable Salim Khelfa). Figurent également dans la liste de nouvelles formations politiques : le Front national pour la justice sociale (FNJS – responsable Khaled Bounedjma) ; le Front El Moustakbal (FM – responsable Belaïd Abdelaziz) ; le Parti des Jeunes (PJ – responsable Hamana Bouharma) ; Jil Jadid (JJ – responsable Sofiane Djilali) ; le Parti El Karama (PK – responsable Mohamed Benhammou) ; le Front national pour les libertés (FNL – responsable Mohamed Zerrouki) ; le Parti national algérien (PNA – responsable Youcef Hamidi) ; le Mouvement des nationalistes libres (MNL – responsable Mustapha Boudina) ; le parti El Fedjr El Djadid dont le responsable est Mr Benbaïbèche. À préciser que les partis autorisés à tenir leur congrès ne seront pas forcément tous agréés.

L’heure est aux congrès
Après validation des dossiers, c’est la course contre la montre pour tenir les congrès constitutifs. Certains partis n’ont pas voulu perdre de temps, mais plutôt se préparer pour entrer en lice en prévision des élections législatives prévues le 10 mai prochain. C’est le cas de l’UDR, du FC, du PJL et du FJD. Les responsables de ces partis souhaitent prendre le train des prochaines élections et arracher quelques sièges à l’hémicycle. Toutefois, le facteur temps joue un rôle important. Ces mêmes responsables craignent que le temps ne suffise pas pour mener une campagne électorale digne, et concurrencer les grosses cylindrées, à savoir les anciens partis.

Polémique Sid Ahmed Ghozali-Ould Kablia
S’il y a un parti qui ne figure pas dans le lot des formations agréées, c’est bien le Front démocratique de Sid Ahmed Ghozali. Ce dernier estime que son parti, le FD, est agréé depuis 12 ans par la loi de 1997. L’ancien chef de gouvernement considère que son parti est agréé, de fait, par l’ancienne loi sur les partis politiques, et qu’il n’est pas concerné par la nouvelle loi. C’est ce qui a poussé Daho Ould Kablia à lui adresser une mise au point. Le ministre estime que le patron du FD n’a rien demandé et, alors, ne peut être agréé. Il avance, sur un ton ironique, que Mr Ghozali «a du temps à perdre !».

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