INDUSTRIE DES LOISIRS, Quand la toile devient un danger

INDUSTRIE DES LOISIRS, Quand la toile devient un danger

Il est tout à fait logique que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) aide les pays à renforcer leurs capacités
essentielles nationales en matière de gestion des risques pour prévenir les situations d’urgence découlant des dangers
qui menacent la sécurité sanitaire des pays. En reconnaissant, tout récemment, l’addiction aux jeux vidéo comme
maladie, l’OMS va, pour la première fois, inclure les troubles des jeux vidéo dans la classification internationale des
maladies au titre de l’année 2018.
PAR RABAH KARALI

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MALIK SI MOHAMED, enseignant et expert en TIC

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«Les dangers de l’internet sont à la hauteur des avantages. Les TIC permettent de gagner en efficacité et en performance, et il faut également dire que les inconvénients sont proportionnels aux avantages. Aujourd’hui, on parle de la société de l’information, et donc, toutes les déviances que l’on peut observer dans le monde physique trouvent leur équivalent dans le monde dématérialisé. Ce dernier, par définition, ce n’est pas quelque chose de concret, ce sont des 1 et des 0 qui se baladent.
C’est extrêmement complexe, et on n’aborde pas les choses à la mesure des enjeux réels, cela va trop vite, et donc pour agir avec des textes de loi, des procédures, il faut savoir que de l’autre côté, dans le monde dématérialisé, cela avance très vite.» A titre d’exemple, le jeu de ‘La baleine bleue’ est tout sauf un jeu, c’est une manipulation à grande échelle, des personnes qui amènent des enfants à se suicider.
On aurait, peut-être, pu faire de la prévention pour qu’un enfant ne se suicide pas, et aujourd’hui on s’est aperçu que c’est tragique. Si on parle de ce jeu, c’est comme si on leur fait de la publicité, c’est un débat. Faut-il l’ignorer et laisser les gens mourir dans leur coin ? Il faut prendre en charge la cybercriminalité, se prémunir de ce type de dangers est la seule manière de lutter, même si on ne peut empêcher les choses d’arriver, avec l’accès à l’internet.
Mais, on peut s’arranger, un peu, pour que les dégâts ne soient pas considérables. Sur les smartphones achetés aux enfants, donner ce genre de téléphone à un enfant de dix ans, c’est comme si on donne à ce même enfant une voiture, après, donc, il ne faut pas s’étonner des accidents. Il faut qu’il y ait un débat national sur l’interdiction d’un téléphone à l’école. Les sites violents sur la toile constituent un phénomène social, et l’erreur est de ne pas se rendre compte que ce sont des enjeux sociétaux, il faut
aborder ces problèmes avec une réflexion prospective à moyen et long terme, et faire dans la prévention.
Les grands groupes qui sont derrière les réseaux sociaux ont, aujourd’hui, des pouvoirs supranationaux, qui se substituent au pouvoir légal dans les pays du monde. Ces personnes, donc, exercent un réel pouvoir ; les Etats n’arrivent pas à les contrôler, y
compris l’UE, avec le problème de Google. En Algérie, le débat sur ce sujet ne va pas assez vite. Selon moi, le débat n’est pas à la hauteur des dangers potentiels, qui sont en train de se passer. Il faut la sensibilisation contre les dangers de l’internet et des
réseaux sociaux, qui est le moyen le plus sûr. Sur internet, nos enfants passent leur temps à parler avec des inconnus, mais sur facebook, ce sont des amis virtuels, et on a vu toutes les conséquences qui ont eu lieu. Il faut instituer un mécanisme qui a pour but
d’alerter contre ces dangers virtuels, et qui va, simplement, mettre une alerte en cas d’incidents sur internet, comme des virus ou des failles pour alerter sur les contenus dangereux.
On ne peut pas se protéger contre quelque chose qu’on ne peut prévoir.
Le problème est que sur internet les choses se passent à une vitesse grand V, alors que pour faire des lois contre la cybercriminalité, c’est l’affaire d’un long travail des législateurs.»

«LE PROBLÈME EST QUE SUR INTERNET LES CHOSES SE PASSENT À UNE VITESSE GRAND V, ALORS QUE POUR
FAIRE DES LOIS CONTRE LA CYBERCRIMINALITÉ, C’EST L’AFFAIRE D’UN LONG TRAVAIL DES LÉGISLATEURS.»

«IL FAUT INSTITUER UN MÉCANISME, QUI A POUR BUT D’ALERTER CONTRE CES DANGERS VIRTUELS, QUI VA, SIMPLEMENT, METTRE UNE ALERTE EN CAS D’INCIDENTS SUR INTERNET, COMME DES VIRUS OU DES FAILLES POUR ALERTER SUR LES CHOSES DANGEREUSES.»

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