«LE DISCERNEMENT ET L’INTELLIGENCE POUR CONTENIR LES FAKE NEWS»

«LE DISCERNEMENT ET L’INTELLIGENCE POUR CONTENIR LES FAKE NEWS»

Dans cet entretien, Naima Abbas, qui avait évolué entre agence de communication et annonceurs considère les fake
news comme une arme de destruction massive vu les dégâts que la diffusion, le partage et la propagation des rumeurs
ou d’informations infondées ou manipulées peuvent avoir sur une personne ou une entreprise. C’est la face cachée d’un
monde digital que l’humanité est en train de découvrir.
PAR DJAZIA SAFTA

NAIMA ABBAS, freelance

C’EST QUOI UNE FAKE NEWS ?
Pour moi, une fake news est une arme de destruction massive. Le pouvoir des médias et son élargissement au monde du digital sont tels que de nos jours tout le monde peut relayer de l’information surtout via les réseaux sociaux et rien ne peut arrêter cette propagation sans que quelqu’un prenne le temps de vérifier l’information. Une fake news nuira forcément à la réputation d’un individu, d’un groupe ou d’une société qui essaiera de maîtriser son actualité à coup de campagnes et de lissage d’image.
PENSEZ-VOUS QUE LES MÉDIAS SOCIAUX, QUI ONT ÉTÉ À L’ORIGINE DE LA CRÉATION DU «JOURNALISME CITOYEN», ONT CONNU DES DÉRAPAGES POUR ABOUTIR AUX FAKE NEWS ?

L’accès à l’information et sa diffusion ont été facilités par la création de media citoyen, comprendre des supports où tout le monde peut communiquer une information et y jouer le reporter en herbe. Souvent et malheureusement, les informations sont souvent amplifiées, déformées ou tournées en dérision. Il en ira à chaque media par la suite de gérer la publication de ces informations : devra-t-on mener un travail d’investigation ? Irons-nous au bout de la procédure de vérification de l’information ou choisira-t-on la facilité et céder aux sirènes du click-baiting ? C’est là que l’éthique devra entrer en jeu et l’on devra se poser les bonnes questions. Enfin, côté lecteur, le like and share est tellement aisé sur les réseaux sociaux que la vitesse de partage est très rapide.
LES FAKE NEWS CONSTITUENT-ELLES UN RISQUE SUR LA RÉPUTATION DES ENTREPRISES ?
Ce qui est dangereux, c’est leur vitesse de propagation. La manière dont nous consommons les informations a changé et même en entreprise, on ne peut y échapper, les fake news sont partout.
En entreprise plus spécialement où elles peuvent s’avérer néfastes pour la dynamique de groupe, le développement des activités ou les mutations et promotions internes. Il en va de la crédibilité d’une entreprise ou d’un un groupe important qui travaillent d’arrache-pied pour dorer ou redorer leur blason et mettre en place une stratégie de communication intelligente.
QUE PRÉCONISEZ-VOUS POUR LUTTER CONTRE LES FAKE NEWS ?
Que ce soit en entreprise ou en société, faire preuve de discernement est très important. On utilisera sa capacité d’analyse, son intelligence émotionnelle afin de jauger des situations, est-ce que cela est sérieux ? Est-ce que je peux vérifier l’information ? Est-ce que l’entreprise a communiqué officiellement dessus ?
Au-delà du travail individuel, l’entreprise via sa direction des ressources humaines et en étroite collaboration avec toutes les structures devra faire un travail très important de sensibilisation et surtout de communication. Il s’agit là de la clé de voûte de la destruction des fake news : communiquer, relater les vraies décisions internes, écarter toute information bancale.
AUJOURD’HUI IL Y A TELLEMENT DE SITES D’INFORMATION SUR LA TOILE QUE NOUS N’ARRIVONS PLUS À DISTINGUER LESQUELS SONT LES PLUS CRÉDIBLES. A VOTRE AVIS COMMENT PEUT-ON RECONNAITRE UNE FAKE NEWS ?
L’exemple le plus frappant de fake news qui existe pour moi est le canular radio d’Orson Wells qui travailla en 1938 sur l’adaptation du livre d’HG Wells «la Guerre des Mondes», imaginez un mouvement de panique totalement inventé, suite à la lecture d’une histoire basée sur l’un des plus beaux romans de science-fiction…
L’histoire a réussi à déclencher un véritable maelström journalistique !
De nos jours, tous les politiques ont tous ce mot à la bouche : Donald J Trump qui traite des organes de presse importants de fake news, Boris Johnson qui s’en amusait lors de sa première carrière de journaliste talentueux, mais quelque peu loufoque et imaginait des candidats pour les Européennes.
Comme j’en parlais un peu plus haut, faire preuve de discernement est très important. Nous sommes dotés d’intelligence et de pensée, à nous aussi de démêler le vrai du faux, de prendre le temps de se poser les bonnes questions.
SELON VOUS, UNE LOI PEUT-ELLE PROTÉGER LES ENTREPRISES FACE À UN MONDE VIRTUEL OU LE DARK WEB EST DIFFICILEMENT SAISISSABLE ?
Toute mesure permettant de traquer et débusquer les auteurs de fake news devrait être appliquée ou du moins réfléchie, car partant d’une bonne intention. Il faudra alors juste tomber sur la bonne définit ion de cette pratique. Le monde du dark web est tel que beaucoup de détails échappent au contrôle des autorités.

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