Son Excellence, Mme Nike EkateriniKoutrakou,  ambassadeur de Grèce à Alger «Une ligne aérienne directe pourrait être établie entre Alger et Athènes»

Son Excellence, Mme Nike EkateriniKoutrakou, ambassadeur de Grèce à Alger «Une ligne aérienne directe pourrait être établie entre Alger et Athènes»

A la tête de la représentation diplomatique Grecque  à Alger depuis 7 mois, Mme Nike Ekaterini Koutrakou est une chevronnée de la diplomatie grecque dans laquelle a elle passé trente années.

La Grèce et l’Algérie entretiennent des relations très anciennes. Quel regard portez-vous, Excellence, sur  la substance et les particularités de ces relations ?
La Grèce et l’Algérie sont liées par des relations civilisationnelles, culturelles et commerciales  ancestrales. Beaucoup d’écrits témoignent de ces relations  intensifiées  durant l’époque romaine et l’antiquité tardive. En ce qui concerne les temps modernes, il est à souligner que la Grèce n’a pas été une puissance coloniale et a toujours été pour la liberté  et  l’autodétermination des peuples. Fidèle donc à ses principes et ses idées, elle a été l’un des premiers  pays à établir des relations diplomatique avec l’Algérie en 1962. Notre représentation diplomatique n’a  jamais quitté l’Algérie, particulièrement pendant la décennie noire. Nos idées partagées et notre soutien à ce pays n’a fait que souder nos relations politiques qui  sont complémentées par des relations économiques et culturelles.
Nous avons une excellente coopération dans plusieurs domaines, à savoir, l’énergie, la construction, la gastronomie, la culture, l’agronomie… Il s’agit aussi de renforcer davantage notre coopération et la diversifier dans d’autres domaines économiques. Cette particularité réside également en l’image que gardent les Algériens de notre pays, celle de la Grèce antique et touristique. Evidemment, il y a cette image là, mais la Grèce d’aujourd’hui est beaucoup plus complexe que ça. C’est aussi un pays  industrialisé avec sa beauté naturelle qu’il faut conserver et mettre en valeur, un capital humain très développé, malgré la fuite des cerveaux, ces dernières années, due à la crise économique qu’a connue la Grèce, comme l’Algérie. La qualité de nos relations a été de très haut niveau.
Quels sont les secteurs qui constituent des domaines prioritaires de cette coopération ?
Nous citerons en premier le domaine de l’énergie qui est un secteur prioritaire et stratégique de notre collaboration surtout dans le domaine du gaz naturel. La Grèce couvre presque 25% de ses besoins énergétiques en gaz naturel  grâce à ses importations de l’Algérie, qui ont augmenté, dois-je le rappeler, ces dernières années. Nous avons d’autres secteurs prioritaires à part l’énergie, comme les technologies de pointe, la gestion des déchets y compris la gestion des déchets marins et aussi des projets de dessalement et de conservation de ressources hydriques. Il y a également le secteur des transports dans lequel nous avons un projet de coopération pour  le transport maritime. Il est à rappeler qu’il y a eu un accord paraphé dans ce sens entre les deux pays qu’il faudrait revitaliser aujourd’hui. Nous avons également une coopération dans le domaine de la construction. Beaucoup d’entreprises grecques ont contribué dans la réalisation de plusieurs projets de construction en Algérie et sont toujours présentes sur ce marché. Ces sociétés peuvent participer également dans d’autres projets, notamment dans la réalisation d’infrastructures. Concernant le volet culturel, la Grèce est présente avec des concerts de musique en duo avec des artistes algériens. L’année dernière par exemple, un concert a été animé par une chanteuse algérienne qui a chanté en grec et une chanteuse grecque qui a interprété des chansons en arabe et en tamazight. Dans le domaine culinaire, la Grèce était présente à la semaine gastronomique grecque en Algérie qui a eu lieu en septembre dernier. Cette manifestation était une occasion pour faire découvrir aux Algériens la Grèce, à travers ses habitudes et ses traditions culinaires. Nous sommes présents aussi à l’exposition, «Route de la soie et du savoir»  organisée  au Bastion 23 et ce, du 15 mai au 15 août 2018.

L’Algérie engage de grands programmes dans le domaine des Énergies renouvelables et la protection de l’environnement ? La Grèce peut- elle apporter une contribution en cette Matière ?
Les énergies renouvelables,  surtout l’énergie solaire et éolienne représentent un nouveau domaine de coopération. la Grèce possède une expertise considérable dans les panneaux photovoltaïques, les moteurs éoliens, les chauffe-eau solaires et nous pouvons avoir un échange des bonnes pratiques qui serait bénéfique à la diversification de la production énergétique. Ce sont là des perspectives pour renforcer la  coopération et établir un partenariat mutuellement bénéfique.

Comment appréciez-vous la collaboration en matière de circulation des Personnes, des Biens et des Services entre les deux pays ?
La  collaboration dans la circulation des personnes se poursuit à la satisfaction des deux parties. Evidemment, il y a un système de visa de part et d’autre. La Grèce  est un pays Schengen, donc, pour les demandeurs de visa, il y a des facilitations dans le cadre universitaire, culturel, académique  et commercial mais toujours dans le cadre du respect des procédures. Pour les biens et les services, la Grèce est un pays de l’Union Européenne et l’Algérie est liée par un accord d’association; donc, la circulation de ces derniers doit répondre aux acquis de cette collaboration que nous souhaitons qu’elle se développe davantage au profit mutuel. Notre volume d’échanges bilatéraux est environ de 500 millions de dollars pour l’année dernière.

M. le ministre Alterné aux Affaires étrangères et Délégué aux Affaires européennes et Relations économiques internationales de la Grèce, Georges Katrougkalos a effectué une visite de travail à Alger dernièrement. Quels ont été les importants points abordés avec son homologue algérien ?
Plusieurs rencontres officielles ont eu lieu ces dernières années et ce,  dans un climat très amical. Les relations entre les deux pays ont fait preuve d’un nouveau dynamisme avec ces visites officielles en Algérie du ministre des Affaires étrangères Grec, M. N. Kotzias l’année dernière et celle récemment  du vice-ministre des Affaires étrangères M.G. Katrougkalos qui a exprimé la disposition de notre pays à poursuivre le développement des relations bilatérales avec l’Algérie et à consolider le partenariat pour pouvoir servir les intérêts communs. Nos Premiers ministres auront peut-être la possibilité d’échanger des points de vue lors du sommet  euro-arabe qui aura lieu en Grèce le 30 octobre prochain.

Quelles Perspectives d’avenir ?
L’Algérie me rappelle beaucoup mon pays, je ne me sens pas du tout dépaysée. Je me sens chez moi et je remercie le peuple algérien pour son accueil très chaleureux et son  hospitalité qui me rappelle celle de la Grèce. Nous partageons plusieurs  points de vue, la culture et l’histoire méditerranéenne et nous avons une mer qui nous unit.

En chiffres
500
millions d’euros est le volume d’échanges bilatéraux  entre l’Algérie et la Grèce en 2017
20%  
du PIB de la Grèce est représenté directement et indirectement par le  tourisme
27,2
millions de touristes
11 millions
est le nombre de la population Grecque
100
agronomes algériens ont bénéficié des bourses d’études en Grèce

Les commentaires sont fermés.

Revenir en haut de la page