IDDIR MOULOUD Commissaire aux comptes, expert en finances, audit et métiers RH Le métier de RH est encore peu connu en Algérie»

IDDIR MOULOUD Commissaire aux comptes, expert en finances, audit et métiers RH Le métier de RH est encore peu connu en Algérie»

«Pour ce commissaire aux comptes, expert en finances, audit et métiers RH, Iddir Mouloud, le métier des ressources humaines reste peu connu en Algérie.
Il en parle en toute transparence et avance ses arguments.
Propos recueillis par Djazia Safta

QUE REPRÉSENTE POUR VOUS LE MÉTIER DES RESSOURCES HUMAINES DANS UNE ENTREPRISE ?
De mon point de vue, le métier des ressources humaines est la clé de la réussite pour toutes les entreprises. Car la vraie richesse, c’est l’individu. La pérennité d’une entreprise dépend de l’importance que l’on accorde à ce volet dans le management.
Sans un personnel compétent et stable et travaillant dans un environnement serein, un chef d’entreprise ne peut seul créer sa richesse. Il a besoin d’insuffler l’esprit de collaboration, afin de gagner la contribution de ses collègues.
A cet effet, il faudrait mettre les outils indispensables, tels que la formation, la gestion prévisionnelle des carrières, et l’évaluation professionnelle périodique dans l’optique de créer un climat paisible.
Au final, l’entreprise doit accompagner l’employé durant toute sa carrière pour que ce dernier se focalise sur le développement de l’entreprise et rien d’autre.

QUELLE IMPORTANCE, SELON VOUS, ACCORDE LES ENTREPRISES ALGÉRIENNES AU MÉTIER DES RH ?
Tous d’abord, il faut rappeler la transition qu’a connue le modèle économique algérien. Depuis une vingtaine d’années, l’Algérie a migré vers l’économie de marché. Il faut ajouter à cela ’lavènement des multinationales, ce qui a permis de mesurer les réelles exigences du marché de l’emploi.
Il est vrai que le métier des RH s’est considérablement développé au niveau des grands groupes privés algériens, mais force est de constater qu’un retard considérable est perçu dans d’autres entités.
Malheureusement, il existe encore des chefs d’entreprise qui ne pensent qu’à s’enrichir. Leurs visions sur les RH se limitent aux outils classiques, tels que le recrutement, l’établissement des salaires ainsi que la mise en place systématique d’une commission de
discipline. Or, la vision moderne des RH demeure dans la mise en place des outils cités précédemment et dont l’objectif est d’assurer un salaire décent aux collaborateurs. Le rôle d’un RH consiste également dans le coaching et la motivation permanente des employés dans le but de développer et de faire émerger les talents. Si ces conditions sont réunies, l’employé peut donner le meilleur de lui-même et, par conséquent, sa contribution et, donc, son engagement permettront d’augmenter la productivité de l’entreprise.
Il ne faut pas oublier aussi, que l’intégration des nouveaux diplômés pose problème.
La formation dispensée au sein de l’université algérienne n’est pas adaptée à l’environnement économique actuel.
En ce qui me concerne, il a fallu que je complète ma mise à niveau en rajoutant deux autre années de formation. Un stage d’expertise au sein d’un cabinet d’expertise de renom d’abord, et je tiens ici à rendre hommage à mon père qui m’a encouragé à poursuivre mes études.
Je rends également hommage à mon maître de stage qui m’a aidé à mieux me préparer à la vie professionnelle et relever les différents défis rencontrés. La formation reste un atout majeur pour la réussite.

PENSEZ-VOUS QUE LA FORMATION DU MÉTIER DES RH S’EST DÉVELOPPÉE EN ALGÉRIE ?
La formation du métier RH en Algérie enregistre un déficit flagrant. Ele est assurée aujourd’hui par des établissements privés sous forme de séminaires ou des mises à niveau. Malheureusement, l’université algérienne ne propose pas une telle spécialité, par conséquent, les entreprises peinent à recruter des profils compétents en RH.

CE MÉTIER EST-IL INDISPENSABLE DANS TOUTES LES ENTREPRISES ?
Certainement, du moment que toutes les entreprises sont à la recherche des bons profils et ciblent les meileures compétences. C’est la clé de la réussite de toute entreprise. L’Algérien est capable de faire des miracles pour peu qu’on lui offre l’environnement adéquat. Mais la question qui reste posée est de savoir pourquoi les Algériens qui sont formés dans des universités algériennes sont à la tête des plus grands centres de recherches, à travers le monde et non pas dans leur pays.

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