«UN MARCHÉ ASSEZ PORTEUR»

«UN MARCHÉ ASSEZ PORTEUR»

N’ayant pas toujours une grande maîtrise sur l’ensemble des actions pouvant mener à bon port un nouveau projet, les opérateurs économiques de nos jours n’hésitent plus à se faire accompagner par des bureaux de consulting et consultants exerçant en freelance. Mais qu’est-ce que le consulting ?
Réponse avec l’économiste et consultant indépendant Ferhat Aït Ali.
PAR WAFIA MOUFFOK

FERHAT AIT ALI EXPERT EN FINANCES ET ÉCONOMIE

QU’EST-CE QUE LE CONSULTING ?
Le terme qui est l’équivalent de conseil en français. Il est un besoin d’être conseillé pour la partie cliente, et à une offre d’une quelconque expertise dans un domaine précis. Pour la partie ayant pour activité de conseiller et d’orienter toutes sortes de parties ayant besoin d’être accompagnées, dans un projet, un contentieux, ou une politique, par une partie externe qu’elles estiment de nature à apporter un plus technique à leur propre approche.
Chez nous, les cabinets de consulting sont à l›état embryonnaire, et souffrent d’un corporatisme qui empêche l’émergence de cabinets multidisciplinaires, capables aussi bien de piloter que d’auditer des dossiers, ou de les défendre en contentieux.

LES ENTREPRENEURS ALGÉRIENS ONT-ILS AUJOURD’HUI SYSTÉMATIQUEMENT RECOURS AUX CONSULTANTS ?
Globalement, le marché du consulting chez nous, est assez porteur, dans la mesure ou le gros des investisseurs et entités économiques ou de gouvernance n’est pas formé pour faire de la prospective ou de l’étude technique des dossiers dans lesquels elles se lancent. Il y a aussi des operateurs qui estiment qu’une étude est une formalité qui est plus proche de l’approche administrative que de la nécessité technique, et qu’un contentieux se traite plus avec les adversaires qu’avec l’appui d’un argumentaire ou d’un bureau bien outillé pour se faire. Il existe maintenant des entreprises locales et étrangères dans le pays, qui sollicitent des services de consultation, a priori, surtout en matière de procédures et de contentieux, pour éviter des impasses ou des impairs, mais nous n’en sommes qu’au début. Il faut dire, aussi, que la spécialisation des consultants et leur non-implication dans tous les aspects des besoins d’une entité économique ou administrative, rendent la tâche aussi difficile pour eux que pour les clients. Il est préférable de traiter avec un seul bureau de tous les aspects touchant à leurs problèmes de gestion, ou cerner les dossiers sous tous les aspects technique, fiscal et juridique, avant de se lancer sur une projection, au lieu d’avoir affaire à plusieurs parties externes, chacune déconnectée des impératifs de l’autre.
D’où l’urgence de la constitution de cabinets conseil sur le modèle occidental dont nous payons les services parfois peu concluants et peu compatibles avec les besoins et la scène locale, à prix fort.

QUELLES SONT LES DIFFICULTÉS AUXQUELLES UN CONSULTANT FAIT FACE ?
Théoriquement, un consultant ne fait face à aucune difficulté majeure, dans la mesure où s’il maîtrise son sujet ; il est consulté pour apporter son expertise et non obtenir des résultats précis face à une administration peu encline à corroborer ses approches même si elles sont justes. Dans le domaine technique et la concrétisation de projets, il lui incombe de prendre toutes les dimensions du projet étudié, à leur image réelle du moment et ce, en intégrant aussi bien les éléments universels d’approche que les facteurs conjoncturels ou typiques du milieu dans lequel il projette son étude. Dans le domaine procédurier et juridique, le problème ne se pose pas, dans la mesure où les textes même révisés ou donnant lieu à plusieurs lectures, existent et peuvent être discutés au préalable avec les parties en charge de les appliquer ou de les dire. Le problème de base est donc, dans la diversité des disciplines liées au même dossier, et la disparité des interventions, qui lorsqu’elles sont coordonnées doivent être le fait du client et non des intervenants cooptés, chacun de son côté. Il existe aussi un problème de statut juridique et de traitement au niveau de la CNAS, pour les experts indépendants, qui faute d’une entité de facturation indépendante de l’organisme employeur, même pour quelques jours ou heures, considère les consultants indépendants comme des employés cotisables au même titre que les autres. Cela impose une charge insupportable pour l’employeur occasionnel.

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