YOUCEF BAADJA UN INVESTISSEUR ALGÉRIEN L’incroyable succès d’un homme discret

YOUCEF BAADJA UN INVESTISSEUR ALGÉRIEN L’incroyable succès d’un homme discret

Youcef Baadja fait partie de ces hommes d’ombre qui ambitionnent de développer leur pays dans la discrétion la plus totale. Ambitieux depuis son jeune âge, il a choisi de faire ses études supérieures dans des écoles prestigieuses en Suisse et en Allemagne. Il a acquis de grandes compétences dans le domaine du management, mais, aussi dans le domaine financier. Il a d’abord, créé en Suisse, deux entreprises spécialisées en finances, à travers lesquelles il a obtenu au fil des ans une grande expérience et un savoir-faire qu’il a voulu partager mettre au service de son pays natal. En 2005-2006, Youcef Baadja a été classé par Tageszietung et la Tribune de Genève dans le Top des managers en Suisse. En 2011, il est rentré en Algérie, pour investir dans divers domaines d’activité; essentiellement dans la production. Ce jeune homme d’affaires de 42 ans a créé plusieurs entreprises sur ses fonds propres, il a vendu ses propres biens pour pouvoir financer ses projets en Algérie. Des projets qui lui ont valu un grand succès. Youcef Baadja a su exploiter son don pour les affaires, jusqu’à devenir un important homme d’affaires.
Interview réalisée par Nassima Bensalem

Bio express

Youcef Baadja
1998
Il intègre la Bourse de Londres.
1999
Il fonde un cabinet de conseil financier à Londres.
2002
Il obtient une licence en droit international de commerce.
2003
Il obtient un diplôme de gestionnaire de fortune et placement.
2006
Il obtient une maîtrise en administration des affaires.
Il devient P-DG d’Al Wasseet Group Holding Limited & Partners à Dubai.
2007
Il est nommé vice-président de la chambre de commerce arabo-suisse.
Il devient conseiller économique auprès de l’OMC à Genève.
2009
Il occupe le poste de P-DG de Nobel Group en Suisse.
2018
Il prépare son doctorat en économie aux Etats-Unis d’Amérique.

VOUS AVEZ FAIT DES ÉTUDES EN FINANCE ET COMMERCE À L’ÉTRANGER. PARLEZ-NOUS DES DIPLÔMES ET COMPÉTENCES ACQUIS LORS DE VOTRE PARCOURS.
Effectivement, j’ai fait mes études en Allemagne, jusqu’à l’obtention de mon baccalauréat. Ensuite, j’ai intégré une grande école à Frankfurt pour suivre des études supérieures en commerce. Après trois ans de cycle intensif, j’ai obtenu ma licence en droit de commerce international. Je détiens également un master en finance (Master financial and money focussed publications) et une maîtrise en administration des affaires (MBA in Supply Chain Management). J’ai toujours ressenti le besoin d’apprendre davantage et de me perfectionner à tous les niveaux afin de pouvoir faire face à toutes les entraves. Pour réussir, il faut s’armer de savoir et
de connaissances. J’ai dû ainsi apprendre plusieurs langues en dehors de ma langue maternelle et du français telles que l’allemand, l’anglais, l’italien, l’espagnol et le turc, un avantage dans mon travail. Je tiens à vous préciser que je savais dès le début ce que je voulais faire de ma vie. Dès mon jeune âge, je voulais m’orienter vers l’entrepreneuriat, j’ai donc opté pour la finance pour pouvoir intégrer le monde des affaires.

VOUS AVEZ OCCUPÉ DES POSTES ASSEZ IMPORTANTS À DUBAÏ, LONDRES ET EN ALLEMAGNE.
RACONTEZ-NOUS CETTE EXPÉRIENCE…
J’ai commencé ma carrière professionnelle à la Deutsche Bank en tant que superviseur à la bourse ; par la suite, j’ai rejoint la bourse de Londres pour occuper le poste de surveillant pendant deux ans et demi. Quelque temps après, j’ai acheté des actions afin d’intégrer Al Wasseet Group à Dubaï dans lequel j’étais membre du conseil administratif et conseiller pour une durée de trois ans. Juste après, j’ai été nommé P-DG du groupe Al Wasseet à Dubaï durant la période allant de 2006 à 2009. Toutefois, avec la crise
financière qui a ébranlé le monde durant cette période, le groupe avait perdu beaucoup d’argent et à ce moment-là, je me suis retiré du groupe et j’ai vendu mes actions. Avec cet argent, j’ai créé ma propre entreprise en Suisse, une société indépendante, montée avec mes propres fonds.
J’ai continué à travailler avec Al Wasseet Group qui faisait des placements, des investissements de par le monde. Cette même entreprise fait aussi du négoce de sucre, café, cacao, ciment, fer à béton, fertilisants et dérivés de pétrole. Au total, l’entreprise avait à gérer un budget de 180 millions de dollars à Dubaï.

PEUT-ON CONNAÎTRE LE MONTANT DE VOS INVESTISSEMENTS ET DANS QUELS DOMAINES AVEZ-VOUS INVESTI LE PLUS ?
Je tiens à rappeler que je n’ai bénéficié d’aucune aide de l’Etat, tous mes projets ont été financés sur fonds propres que j’ai répartis sur plusieurs projets. J’ai investi 50 % de mon argent dans le domaine industriel, 30 % dans le secteur touristique, 28 % dans le secteur de l’agriculture. Le domaine de la formation n’est pas en reste, puisque j’ai investi 2 % de mes fonds.

VOUS ÊTES PROPRIÉTAIRE D’ENTREPRISES À L’ÉTRANGER. POUVEZ-VOUS NOUS LES DÉCRIRE BRIÈVEMENT ?
En 2009, je me suis retiré d’Al Wasseet Group et j’ai créé à la même année deux sociétés en Suisse à savoir la BCG Holding
(Baadja Consulting Group) et Nobel Group dont le chiffre d’affaire de cette dernière a atteint les 390 millions de dollars par an en Suisse. La BCG Holding qui atteindra 150 postes d’emplois directs est spécialisée dans la gestion de fortune, placements et achats de matières premières. Autrement dit, des actionnaires anonymes placent de l’argent chez nous, cet argent est utilisé dans l’achat et la vente en bourse ou en physique. Nous achetons également de la matière première destinée à différents pays à travers Nobel Group qui est coté en bourse. BCG détient de l’argent pour financer et Nobel Group fait dans l’achat et la revente. Nous exportions 3 millions de tonnes de ciment par an vers l’Algérie, la Libye, la Syrie, l’Irak et l’Afrique de l’Ouest. Nous exportions 300 000 tonnes de sucre, 400 000 tonnes de fer à béton, 50 000 tonnes de café et entre 120 000 à 150 000 tonnes de fertilisants exportés chaque année. Nos activités atteignaient un chiffre d’affaires de 400 millions de dollars par an en Suisse.

EN 2011, VOUS ÊTES RENTRÉ EN ALGÉRIE POUR INVESTIR DANS DIVERS DOMAINES. QUELLES ONT ÉTÉ VOS MOTIVATIONS ?
J’ai toujours voulu faire des études et acquérir de l’expérience à l’étranger et revenir investir dans mon pays afin de contribuer à son développement, c’était mon objectif et aujourd’hui je l’ai atteint. Après 25 ans de vie à l’étranger, j’ai ressenti le besoin de renter dans mon pays et me lancer dans l’industrie. J’ai réussi à créer des entreprises, à créer des postes d’emplois, à produire, mais surtout à ramener le savoirfaire étranger en Algérie. Ma motivation était de toujours gagner en affaire et j’ai relevé ce défi avec succès.

PARLEZ-NOUS DE VOS DÉBUTS EN ALGÉRIE …
En 2011, j’ai vendu tous mes biens et mes actions; j’ai rassemblé toute ma fortune pour investir en Algérie dans divers secteurs
d’activités, essentiellement dans la production. Nous avons commencé avec l’importation pendant trois ans, de ciment, de fer à béton, de café, d’aliment de bétail et en même temps nous exportions le sucre en partenariat avec EDF Man Sugar Limited de Cevital. En 2016, nous avons décidé de changer toute la stratégie opérée en Algérie jusque-là ; nous avons donc arrêté notre activité d’importation pour nous consacrer principalement à la production locale. Nous avons ainsi, investi dans l’industrie. Nous étions importateurs et nous sommes devenus producteurs de plusieurs produits alimentaires, tels les biscuits, l’huile, les dattes… que
nous exportons actuellement. Dans la région de Oued Tlelet, nous produisons des céréales sur 150 hectares, mais, la majorité de mes différents projets sont installés à l’Est du pays. J’ai acquis une palmeraie dans la région de Biskra qui s’étale sur 65 hectares sur lesquels sont implantés 1500 palmiers.
Actuellement, la capacité de production de dattes est de l’ordre de 13 000 tonnes par an avec un volume d’exportation qui atteindra les 3 000 tonnes annuellement. Aussi, 500 oliviers et 500 grenadiers, 500 citronniers et plusieurs autres arbres fruitiers sont implantés au niveau de cette même palmeraie, je suis en train de mettre en place une usine de tri et de conditionnement de fruits pour exporter toute la production locale. Aujourd’hui, l’exportation est l’un de mes objectifs à court terme.

VOUS AVEZ VENDU VOS BIENS POUR RÉALISER VOS PROJETS EN ALGÉRIE, N’EST-CE PAS UN PARI RISQUÉ ?
Tout à fait. J’ai vendu toutes mes actions et mes biens immobiliers pour pouvoir concrétiser mes projets que j’ai moi-même financés avec mon propre argent. Tout comme la plupart des hommes d’affaires ; j’ai sollicité des banques pour bénéficier de crédits de financements, mais je n’ai jamais eu de réponses favorables, cela ne m’a pas découragé bien au contraire, j’ai été déterminé à monter mes affaires et de travailler sans relâche. J’ai donc décidé de voler de mes propres ailes et de compter que sur moi-même. J’étais conscient du grand risque que j’allais prendre, mais il fallait tenter le tout pour le tout. J’ai tout misé au risque de tout perdre dans l’espoir de tout gagner et au final j’ai réussi mon challenge parce que j’avais pris les bonnes décisions et dispositions. Il faut
savoir que ne rien risquer dans la vie est un risque plus grand. La fortune sourit aux audacieux ! Et il paraît que le risque pimente l’existence. Mais savoir prendre des risques sans tenter le diable, ce n’est pas toujours facile.

VOUS AVEZ ACQUIS UNE ZONE INDUSTRIELLE POUR Y INSTALLER VOS PROJETS. PARLEZ-NOUS DES PLUS IMPORTANTES ENTREPRISES CRÉÉES…
Je suis en train d’investir dans différents domaines, actuellement nous sommes en phase de réalisation d’infrastructures qui abriteront nos activités, les travaux de construction ont atteint les 80 % et toutes les unités de production rentreront en activité à la fin de l’année en cours. Les projets en question portent sur une unité de fabrication d’accessoires automobile, je détiens toutes les certifications ISO, nous avons déjà une entreprise dans ce domaine installée en Tunisie qui travaille pour les marques Alfa Romeo, Volkswagen, Peugeot, Renault… Je serais le premier producteur d’accessoires automobile en Algérie, nous allons sous-traiter avec les concessionnaires algériens. Pour la première année, nous allons fabriquer 50 accessoires pour chacune des marques. D’autres part, nous allons nous lancer dans la fabrication de panneaux solaire et voltaïques à l’Est du pays, dans le recyclage de plastique, dans le ciment et le métal industriel et enfin dans la transformation de fruits. Dans le domaine touristique, nous allons construire un hôtel de 110 chambres de catégorie 4 étoiles à Oran sur une superficie de 5000 m2 avec un montant d’investissement estimé à 15 millions d’euros. Le second projet touristique porte sur la réalisation d’un complexe touristique 4 étoiles (hôtel offrant 150chambres et bungalows) dans la région de Mostaganem sur une assiette foncière  de 2,5 hectares, le projet qui nécessite un investissement de 35 millions d’euros sera doté de 1 km de plage privée.

QUELLES SONT LES CONTRAINTES RENCONTRÉES POUR CONCRÉTISER VOS PROJETS ?

Je dirais plutôt que les mots : difficultés, impasses, obstacles, concurrents font partie du vocabulaire courant des entrepreneurs. Le principe de base est de ne jamais baisser les bras quand les difficultés se présentent et de bien les analyser pour mieux réussir.

LE SECRET DE VOTRE RÉUSSITE
Il n’existe pas de recette miracle pour réussir. Il faut tout d’abord, s’armer de courage. Ne jamais penser qu’un échec peut vous être fatal, il faut aussi savoir se battre pour parvenir à ses fins. Mon conseil aux jeunes entrepreneurs : ayez le courage de suivre votre coeur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir ; le reste est secondaire. Ma devise est que je ne peux pas changer la direction du vent, mais je peux ajuster mes voiles pour toujours atteindre ma destination. Il ne faut jamais se décourager devant l’échec.

EN CHIFFRES

35 MILLION
d’euros d’investissement pour un complexe touristique à Mostaganem.
13 000 TONNES
de dattes produites et 3000 tonnes exportées annuellement.
1500 PALMIERS
implantés au niveau de la palmeraie de Biskra

390 MILLIONS
de dollars par an de chiffre d’affaires pour Nobel Group.
150 POSTES
d’emploi directs pour la BCG Holding.
15 MILLIONS
d’euros : montant d’investissement pour un hôtel 4 étoiles à Oran.

Tac au tac

Votre nom n’est jamais évoqué par les médias !
J’ai toujours choisi de garder la discrétion pour me concentrer sur mon objectif et pouvoir bâtir mon business.
Vos loisirs ?
Je voyage pendant les weekends.
Je pratique du footing,du tennis et la natation.
Une journée type ?
Je n’ai pas vraiment de journée type, il est très difficile de la planifier, tant les imprévus sont courants dans mon quotidien.
Votre découverte ?
J’ai été impressionné par le Japon, ce pays est une étoile fascinante.
Une région d’Algérie ?
Ma ville natale Oran.
Votre plat préféré ?
Sans hésitation Tadjine Zitoune (Tadjine de poulet aux olives).
Un rêve
Devenir un leader mondial industriel.

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