AREZKI KACI, PRÉSIDENT DE L’ANIT Un manque flagrant d’enseignants spécialisés

AREZKI KACI, PRÉSIDENT DE L’ANIT Un manque flagrant d’enseignants spécialisés

L’Association nationale pour l’insertion scolaire et professionnelle des trisomiques (ANIT) célèbre le 21 mars de chaque année, la journée internationale de la trisomie, une occasion pour évaluer les progrès réalisés en matière de prise en charge éducative et sociale des personnes atteintes de trisomie 21. L’ANIT prend en charge 1500 enfants trisomiques et veille pour une meilleure intégration de cette frange dans la société.
Par Nassima Bensalem

Quel est le message que vous souhaiteriez faire passer à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la trisomie 21 ?
Cette année, nous célébrons le 25e anniversaire de la création de l’Association nationale pour l’insertion scolaire et professionnelle
des trisomiques (Anit). Nous saisissons cette occasion pour transmettre un message aux autorités concernées quant à la prise en charge des enfants trisomiques. Cette catégorie d’enfants a besoin d’une prise en charge adéquate ; les enfants trisomiques sont
souvent marginalisés par la société. De plus, un enfant né trisomique est parfois difficilement accepté par ses parents. La célébration de cette journée permet de sensibiliser les gens face à cette maladie et surtout d’écarter le terme ‘’mongolien’’, communément
utilisé pour les personnes atteintes de cette maladie et de le substituer par le terme scientifique «trisomie 21».

Justement, en quoi consiste le travail de sensibilisation que vous effectuez ?
Notre travail se fait tout au long de l’année et non pas uniquement lors de la journée internationale, célébrée le 21 mars de chaque année.
Nous organisons des journées de sensibilisation, à travers Un manque flagrant d’enseignants spécialisés lesquelles nous essayons d’expliquer que la trisomie 21 n’est pas une maladie contagieuse et que les enfants porteurs de cette maladie sont sociables et doivent être intégrés dans la société.

Comment se fait la prise en charge d’un enfant trisomique ?
L’Anit oeuvre pour l’insertion scolaire de ces enfants qui se fait en trois phases. La prise en charge précoce qui porte sur l’acceptation de l’enfant par les parents ; ensuite, pendant les six premières années, l’enfant aura besoin d’une prise en charge
orthophonique. L’autre axe de travail est le renforcement de la tonicité, indispensable à la parole. Après cette période de six ans qui lui permettra de développer les capacités physiques et mentales, l’enfant subira un test d’aptitude avant d’être admis à l’école. Une fois scolarisé dans des classes ordinaires, l’enfant est pris en charge par l’association, jusqu’à l’âge de 18 ans. Ils sont 8 à 12 enfants par classe, encadrés par des spécialistes en orthophonie, en psychologie et en enseignement adapté. Sauf que pour l’orthophonie, nous rencontrons des difficultés à trouver des enseignants formés dans cette spécialité. A ce propos, nous souhaiterions que le ministère de l’Education puisse dispenser des formations dans ce sens.

Une fois l’enfant atteint l’âge adulte, est-ce qu’il est orienté vers des métiers spécifiques ?
Effectivement, après le cycle scolaire, l’enfant est orienté vers la formation professionnelle, mais cette dernière étape nous pose un véritable problème parce qu’elle n’est pas intégrée dans la prise en charge d’une personne trisomique.
La raison est qu’il n’existe pas de métiers destinés essentiellement pour cette catégorie de personnes. Pour ma part, je peux vous garantir que toute personne trisomique est capable d’assurer un métier manuel.

Combien d’enfants trisomiques ont été pris en charge par votre association ?
A l’échelle nationale, nous avons pris en charge au total 1500 enfants répartis sur 80 classes. Nous avons également 45 trisomiques âgés de plus de 18 ans qui sont en préformation.

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