SON EXCELLENCE DR JULIE ELISABETH PRUZANJORGENSEN, L’AMBASSADEUR DU DANEMARK À ALGER. «Vers des échanges et investissements durables et encadrés»

SON EXCELLENCE DR JULIE ELISABETH PRUZANJORGENSEN, L’AMBASSADEUR DU DANEMARK À ALGER. «Vers des échanges et investissements durables et encadrés»

La réouverture récente de l’ambassade du Danemark, à Alger, a été au coeur de l’actualité nationale. Une démarche qui
témoigne de l’intérêt accordé par ce pays au développement des relations politiques, économiques et culturelles avec
l’Algérie. Madame Julie Elisabeth Pruzan-Jørgensen, l’ambassadeur du Danemark à Alger, nous parle dans cet entretien des liens historiques entre les deux pays et surtout de son plaisir de rouvrir l’ambassade dans ce pays qu’elle apprécie tant.
F. Benkhalfa

Fermée depuis 2010, le Danemark vient de rouvrir son ambassade à Alger. Quelle signification donner à cette oeuvre et quel regard portez-vous, Excellence, sur l’avenir de ces relations et leur évolution ?
Tout d’abord, je me réjouis de notre retour en Algérie avec laréouverture de la chancellerie.
Cette démarche témoigne de l’intérêt accordé par le Royaume du Danemark aux liens historiques unissant les deux pays et de la volonté de renforcer et d’élargir les relations politiques et économiques bilatérales. Ce retour est considéré comme un signal fort de la part des deux pays pour contribuer à une relance du dialogue politique et de la coopération économique et commerciale.
Il est important, aujourd’hui, de donner à nos relations d’amitié un nouvel élan avec un flux d’échanges et d’investissements durables
et encadrés. L’Algérie est un grand pays avec d’énormes ressources et potentialités avec lequel nous voulons redynamiser nos échanges et rehausser la coopération.
En tant que représentation diplomatique, nous allons oeuvrer à la réalisation de ces échanges et réfléchir aux moyens adéquats
de faciliter le travail aux opérateurs économiques des deux pays, afin d’aboutir à des partenariats concrets et durables.

Il y a quelques jours, la coopération entre les deux pays a été au coeur de l’actualité nationale avec la visite du ministre des
Affaires étrangères du Danemark et la réunion du Forum d’affaires algérodanois. Quels sont les domaines prioritaires qui ont retenu l’attention des deux parties ?
Je tiens, tout d’abord, à remercier nos hôtes algériens pour l’accueil formidable accordé à notre ministre des Affaires étrangères M.
Anders Samuelsen. Il a passé trois jours ici, accompagné d’une importante délégation d’hommes d’affaires danois dans différents secteurs de l’économie et de l’industrie.
Ceci témoigne du grand intérêt que porte le Danemark pour développer la coopération entre les deux pays. Ces opérateurs ont affiché leur volonté et leur désir de travailler avec les hommes d’affaires algériens et ils ont beaucoup appréciés les riches échanges avec leurs homologues algériens. Il y a donc une grande volonté et un intérêt pour les deux parties de développer les échanges.
Cette rencontre contribuera à asseoir un nouveau partenariat entre l’Algérie et le Danemark, en impliquant fortement les hommes d’affaires des deux pays dans tous les secteurs privés ou publics. Il y a beaucoup de potentialités qui méritent d’être développées,
consolidées et approfondies.
Nous avons beaucoup de choses à réaliser ensemble.

Le secteur des médicaments occupe une place importante dans le courant d’investissements et d’affaires entre les deux pays. Y a-t-il d’autres opportunités dans le domaine économique ?
Effectivement, il y a plusieurs entreprises danoises dans le secteur pharmaceutique qui sont présentes en Algérie et ce, depuis longtemps comme NovoNordisk qui réalise de grands investissements dans la production locale en Algérie.
Il y a également d’autres opérateurs qui sont dans d’autres domaines, tel le leader mondial du transport maritime et la logistique Maersk Line.
La marque, qui a réalisé d’importants investissements en Algérie, a beaucoup de projets en cours. Nous avons également la grande ambition de collaborer davantage dans le secteur des énergies et surtout les énergies renouvelables, un domaine dans lequel nous
sommes leader mondial, surtout en ce qui concerne l’éolien. Les entreprises danoises sont développées aussi en matière de gestion des déchets et de la protection de l’environnement, un domaine intéressant à développer entre les deux parties. Dans le secteur des transports et des infrastructures, il y a beaucoup de grands projets en Algérie dans le rail et celui du méga port par exemple, dans
lequel nous souhaitons avoir des projets de partenariat. Il est à souligner qu’il y a déjà des sociétés danoises qui sont présentes depuis longtemps dans ce domaine en Algérie.
D’autres entreprises activent depuis très longtemps dans le secteur de la construction et du ciment dans votre pays. Nous pouvons citer également, des secteurs, tels que l’agroalimentaire où le Danemark possède de grandes compétences. Comme je l’ai déjà souligné, il y a une forte volonté d’investir et de produire ici et de développer ensemble tous les secteurs que je viens de citer. Les entreprises danoises apprécient et comprennent la situation économique du pays et veulent engager des partenariats gagnant-gagnant et assurer un transfert de compétences, d’expériences et de savoir-faire. Nos opérateurs économiques considèrent les
potentialités de l’Algérie, non seulement comme un marché, mais comme pays hub del’Afrique. Pour notre part, il y a une grande volonté de la part des investisseurs danois d’aller vers une coopération, non seulement de l’importation des produits, mais vers
l’exportation et les échanges de connaissances.

En dehors des projets économiques et énergétiques, l’Algérie engage de grands programmes dans les domaines scientifique et culturel. Le Danemark peutil apporter une contribution dans ces sphères ?
Pour ce qui est du domaine scientifique, nous vivons, aujourd’hui, une époque où la coopération scientifique se fait tous les jours à
travers les frontières. On n’a, souvent, même plus besoin de se déplacer pour travailler ensemble puisque des théories, des données scientifiques, ou même encore des résultats de recherche peuvent être transmis électroniquement en quelques secondes. Le Danemark est particulièrement branché sur toutes ces technologies du futur, y compris la digitalisation, et nous avons pu constater que cela nous a permis d’obtenir des parts de marché importantes dans de nombreux domaines, tant dans des secteurs traditionnels
et ceux émergents. Quant au volet culturel, l’Algérie est un pays jeune, mais avec une jeunesse éduquée. C’est une richesse qu’il faut exploiter.
Il n’y a pas encore beaucoup d’échanges entre nos jeunes, mais il serait très intéressant de réfléchir à ce qui peut se faire dans ce sens et c’est l’une des priorités dans mon agenda.

Comment appréciez-vous la coopération en matière de circulation des personnes, des biens et services entre les deux pays ?
Actuellement, ce volet n’est pas très développé. Les Danois n’ont pas beaucoup de connaissances sur l’Algérie et c’est la même chose pour les Algériens. Je souhaite surtout oeuvrer pour véhiculer une image positive de ce beau pays avec son très riche patrimoine et ses beaux paysages.

Vous êtes en Algérie depuis quelque temps. Quel regard portez-vous sur le potentiel de ce pays ?
Je suis très contente d’être de retour en Algérie. J’ai eu le plaisir de faire des études pendant deux années sur l’histoire du pays et j’ai toujours souhaité y venir vivre, mon rêve s’est réalisé.
Je découvre tous les jours la beauté et la grandeur de ce pays magnifique, ainsi que la modestie de son peuple. Je tiens également à exprimer mes remerciements pour l’accueil chaleureux qui a été accordé à moi-même et à toute l’équipe de la toute nouvelle ambassade du Danemark à Alger.

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