YASSIR, TEM TEM, IMADRASSA. COM, LEGAL DOCTRINE, GARI… CES STARTUPS QUI FONT RENTRER L’ALGÉRIE DANS L’ÈRE DU NUMÉRIQUE

YASSIR, TEM TEM, IMADRASSA. COM, LEGAL DOCTRINE, GARI… CES STARTUPS QUI FONT RENTRER L’ALGÉRIE DANS L’ÈRE DU NUMÉRIQUE

Dans le transport, l ’éducation et la santé, des startups ont fait leur apparit ion pour proposer des services innovants et répondre aux attentes des citoyens.
Par Djazia Safta

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L’Algérie n’a toujours pas de service Uber, mais elle a Yassir, une petite startup née en septembre 2017 pour proposer le transport en ligne aux Algérois d’abord, avant de s’étendre vers d’autres wilayas du pays. Dans le même registre, de jeunes innovateurs lancent l’application Gari qui aide les automobilistes à trouver une place de parking dans une capitale où l’encombrement fait désormais partie du vécu des citoyens. Ce n’est pas fini ! Alors que le service Tem Tem permet de commander un taxi dans la minute qui suit la demande, à travers l’application, Infos trafic, un réseau social sur Facebook, conçu pour alerter les usagers de la route sur l’état de la circulation, est également doté d’une radio sur internet qui permet d’avoir des informations à temps réel sur les routes, particulièrement aux premières heures de la matinée. Pour Al-Mahdi Yettou, le directeur général de Yassir :
«Notre entreprise veut améliorer les services en Algérie grâce à la technologie. Nous n’avons pas acheté une application clé en main, car nous voulions contribuer à créer un écosystème en fabriquant la nôtre, 100 % algérienne, avec des développeurs formés ici.» Mehdi est fier d’avoir pu fédérer des compétences algériennes autour de son projet. «Nous, Noureddine Tayebi, Mustapha Baha et moimême, sommes diplômés de l’Ecole Nationale Polytechnique d’Alger et de prestigieuses universités internationales.» Et d’ajouter : «Noureddine Tayebi, qui vit en Californie, a mis son réseau à contribution pour conseiller les ingénieurs lorsqu’ils
tombaient sur un os». Depuis la mise en service de l’application en septembre 2017, elle compte 5 000 abonnés sur l’IOS et près
de 60 000 abonnés sur Google Play. Le succès de l’application est telle qu’elle s’active sur d’autres wilayas, à l’instar d’Oran où Yassir est opérationnel depuis le mois de février dernier et ambitionne de conquérir, entre autres Tlemcen, Mostaganem et Constantine.
En plus de la disponibilité des chauffeurs à toute heure de la journée et de la nuit, l’application doit son succès au rapport qualité-prix. Pour Rédha, un utilisateur de Yassir, l’avènement d’une telle application qu’il juge être à moindre coût lui facilite le déplacement. «La première fois où j’ai utilisé Yassir, je rentrais de voyage. Arrivé à l’aéroport, j’ai utilisé l’application pour rentrer chez moi. Mis à part le temps d’attente qui n’était pas de 10 mn comme annoncé mais plutôt de 20 mn à cause de l’encombrement, le chauffeur était
extrêmement poli, a agi de façon très professionnelle en mettant les bagages dans le coffre. Le trajet de l’aéroport à Belouizdad m’a coûté 700 DA. Ça me fait plaisir de savoir que je n’aurais plus à conduire lors de mes déplacements à Alger», souligne Rédha. Même son de cloche pour Ferhat qui ne tarit pas d’éloges sur l’application. «Yassir est très pratique et facile à utiliser. Il suffit de sélectionner la destination, le prix de la course s’affiche de suite et la prise en charge est rapide.
En plus du professionnalisme des chauffeurs, la transparence concernant les prix reste la force de ce service», indique-t-il.
Gari, l’autre startup, connaît un grand engouement de la part des utilisateurs, surtout à Alger. Cette application 100% algérienne
a vu le jour après une étude effectuée par l’équipe de Gari qui a démontré que les conducteurs passent plus de 15 minutes au
minimum par jour pour trouver un endroit de stationnement dans les grandes villes, soit 7 h par mois. Ce qui est une source de désagréments et de stress pour les conducteurs et un facteur d’aggravation des bouchons de l’ordre de 20%. Devant ce constat, Djalil Ammouche, fondateur de l’application propose cette solution pour les automobilistes. «Gari est une application communautaire
gratuite d’échange de places de stationnement. Elle fonctionne avec un principe de points. Une place offerte donne le droit de
réserver une place, le demandeur est appelé le Garini et l’offreur de place le Garitoo», explique M. Ammouche. Gari est une
application développée par des passionnés algériens. Le projet en tant qu’application a émergé en 2015, son développement a débuté en septembre 2016.
«Avant cette date, il y a eu toute une phase de veille pour apprécier l’état de l’art et observer les habitudes des automobilistes
algériens. Ainsi, nous pouvons dire que Gari a nécessité plus de 18 mois de préparation», a encore indiqué le fondateur de l’application. Le succès de celleci ne s’est pas fait attendre.
Depuis sa mise en application en octobre 2017, Gari a enregistré 10 000 téléchargements et plus de 200 places de stationnement
échangées et les avis des utilisateurs le confirment. Anis, un utilisateur de première heure de Gari affirme que depuis son recours à l’application, il a réduit son temps d’attente de stationnement. «A chaque fois que je rejoins le centre ville, le stationnement est ma plus grande préoccupation, car je perds beaucoup de temps à chercher une place de parking. Mais depuis que j’utilise Gari j’ai réduit mon temps d’attente», précise Anis.
Même chose pour Amine qui assure être l’un des plus grands utilisateurs de l’application, vu son efficacité. «Depuis que j’ai découvert Gari, je l’utilise tout le temps. Ça devient même un réflexe.»
Last but not least, Legal doctrine est une plateforme juridique en ligne consacrée au droit algérien.
L’application a vu le jour le 18 février dernier après 7 ans de recherche. Ce concept répond aux nouvelles attentes des consommateurs et vient enrichir les métiers du droit. C’est la première legaltech en Algérie.
«Grace à cette startup 100 % algérienne, une nouvelle étape est franchie dans notre pays ; démocratiser l’accès au droit
algérien, telle est la vocation de Legal Doctrine», fait savoir Walid Ghanemi, fondateur de l’application. La plateforme permet à ses abonnés de minimiser le temps de recherche en se positionnant comme le portail web du droit en Algérie.
«Legal Doctrine propose une base de données législatives regroupant lois, décrets, articles, notes administratives, circulaires,
ordonnances et jurisprudence», explique le fondateur de la startup. «Notre plateforme garantit une innovation dans le monde juridique en Algérie, un professionnalisme sur le plan humain et dans le respect de nos engagements, une réactivité dans les meilleurs délais et des tarifs justes», conclut-il.
Dans l’éducation, le site imadrassa.com propose des cours à distance et des révisions même pour les candidats au baccalauréat. Ces exemples de services en ligne qui se sont développés les deux dernières années à la faveur de la généralisation de l’internet mobile (3G /4G) sont en train de gagner davantage de terrain. Alors que l’Algérie commence à se doter du cadre réglementaire pour
encadrer les nouveaux services en ligne (adoption de la loi sur le commerce électronique), le marché semble d’ores et déjà prêt pour intégrer le monde digital. Certes, les choses ne sont pas encore organisées comme en Europe par exemple, mais le fait de se servir, aujourd’hui en Algérie, de son smartphone pour commander des prestations de nature à faciliter la vie quotidienne des citoyens est un pas important dans le cadre de la constriction de l’écosystème numérique.

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