COMMERCE EXTÉRIEUR RÉFLEXION SUR UNE NOUVELLE FEUILLE DE ROUTE

COMMERCE EXTÉRIEUR RÉFLEXION SUR UNE NOUVELLE FEUILLE DE ROUTE

La situation économique que traverse l’Algérie depuis la chute des prix du pétrole a poussé les pouvoirs publics à revoir leur politique, liée au commerce extérieur. Après l’instauration des licences d’importation, puis l’interdiction de l’importation, pure et simple, de près de 1000 produits, les autorités s’acheminent vers la mise en place d’une nouvelle stratégie du commerce extérieur. De quoi s’agit-il ?
Djazia Safta

Dans ce contexte, le coordinateur national de la stratégie d’exportation, Aissa Zagmati, a annoncé, dans une déclaration à la radio Chaine 3, en marge d’un séminaire à Algex qu’une réflexion est engagée entre différents partenaires, afin de rédiger une nouvelle feuille de route permettant de développer le commerce extérieur et réduire la dépendance de l’Algérie vis-à-vis du secteur des hydrocarbures. Plus loin, il a également indiqué que cette politique est appelée à déterminer les secteurs clés sur lesquels doit se reposer le commerce extérieur. Il citera dans ce cadre l’agriculture, les services ainsi que le secteur pharmaceutique. L’orateur a
souligné l’impératif de détecter les niches où les opérateurs algériens peuvent placer leurs produits sur le marché international. Il
faut savoir que cette nouvelle dynamique s’inscrit dans le cadre de la stratégie du gouvernement visant à diminuer la facture des
importations et encourager la production nationale. Force et de constater que malgré l’instauration des licences d’importation, la
facture n’a pas diminué. Bien au contraire, le dernier bilan rendu public par la Banque d’Algérie le prouve aisément. En effet, la
réduction du déficit de la balance des paiements a été rendue possible grâce à l’augmentation du prix du baril en 2017.
Selon un des responsables de la Banque d’Algérie cité par l’APS «le déficit de la balance des paiements a été réduit de plus de 4 milliards de dollars en 2017 en dépit de la hausse des services payés en devises et des transferts des dividendes des entreprises étrangères activant en Algérie». Et de préciser que «le solde global de la balance des paiements a affiché un déficit de 21,76 milliards de dollars en 2017 contre un déficit de 26,03 milliards de dollars en 2016». Il faut savoir que la balance des paiements se compose à la fois des flux des biens (commerce extérieur des marchandises), des services, des revenus, des transferts de capitaux et des flux financiers réalisés entre l’Algérie (Etat, entreprises et particuliers) et le reste du monde, soit l’ensemble des entrées et sorties de devises entre l’Algérie et les autres pays.
Le responsable de la Banque d’Algérie a, également, indiqué que le solde global de la balance des paiements a affiché un déficit
de 21,76 milliards de dollars en 2017 contre un déficit de 26,03 milliards de dollars en 2016.
Concernant les réserves de change, qui se sont contractées de 16,8 milliards de dollars en 2017, en passant de 114,14 milliards
de dollars (fin décembre 2016) à 97,3 milliards de dollars (fin 2017), la même source commente que cette diminution, observée
depuis 2014, «traduit l’excès de la demande intérieure, notamment la consommation finale marchande et non marchande, sur l’offre de biens et services». Les indications fournies par l’institution monétaire nationale traduisent trois lignes directrices majeures. La première est que l’Algérie continue de bénéficier d’une aisance financière du fait du niveau toujours considérable des réserves de
change. La seconde met en lumière l’augmentation de la facture d’importation, ce qui rend impérieux la mise en place d’une véritable stratégie économique.
La troisième signifie l’urgence de l’accélération de la réforme du système financier et l’adoption d’une feuille de route permettant au pays de se doter d’une politique à long terme qui le placerait dans l’ère de la compétitivité économique mondiale.

Les commentaires sont fermés.

Revenir en haut de la page