EVOLUTION DE L’ÉCONOMIE NATIONALE PERSPECTIVES FAVORABLES EN 2018

EVOLUTION DE L’ÉCONOMIE NATIONALE PERSPECTIVES FAVORABLES EN 2018

Quand on n’a ni véhicule ni carte routière, il est probablement sage de ne pas partir en voyage. Cette expression pourrait s’appliquer aussi à l’économie nationale, a fortiori dans le contexte de crise financière actuelle.
Par Younes Djoudi

Le pays s’est engagé dans le financement non conventionnel, alors qu’il n’a pas les moyens devant lui permettre de régler les sources d’inquiétude en matière d’inflation. Une doxa ? Malheureusement, le débat autour de la planche à billets s’est polarisé entre ceux pour qui le non conventionnel n’offre aucune perspective ni aucun cadre en vue d’une solution durable aux problèmes dont souffre l’économie nationale, et ceux qui pensent que le fait de permettre au Trésor public de puiser, pour un temps, dans les finances de la banque d’Algérie, c’est finalement la moins mauvaise solution. Pour le moment du moins, il n’y a pas le feu à la maison et les perspectives économiques s’annoncent plutôt favorables avec une croissance supérieure à 2% en 2018. Par souci de transparence, le gouvernement a publié, il y a quelques semaines, au Journal officiel des données chiffrées sur la création monétaire, une opération lancée en novembre 2017, dans le cadre du financement non conventionnel. Elle a, en effet, annoncé la création, jusque-là, de 2.185 milliards de dinars de monnaie, suivant le mécanisme non conventionnel. L’Exécutif veut, par ailleurs, s’entourer d’un niveau élevé de garanties pour éviter un dérapage insupportable de l’inflation, établissant une feuille de route claire dans le cadre de la mise en oeuvre de la planche à billets. La banque d’Algérie joue un rôle majeur dans ce processus. Elle est ainsi chargée d’assurer le suivi et l’évaluation de l’exécution des mesures et actions prévues par un programme portant plusieurs réformes. Pour qu’elle puise remplir sa mission, la Banque des banques s’appuie sur un comité composé de ses représentants et
ceux du ministère des Finances. Le comité est chargé de proposer au ministre des Finances et de faire adopter le niveau de recours au financement non conventionnel et le programme prévisionnel d’émission des titres d’Etat qui en résulte, d’assurer le suivi de la réalisation des mesures et des actions contenues dans le programme des réformes. Le comité est informé, trimestriellement par le ministre des Finances, des actions effectuées et des mesures à prendre.

Rationalisation de la dépense publique et développement numérique
Il transmet au gouverneur de la Banque d’Algérie un état trimestriel faisant ressortir la mise en oeuvre des mesures et des réformes
conduites, la situation des données financières relatives à la trésorerie de l’Etat et aux équilibres extérieurs et le niveau de recours au financement non conventionnel en référence aux objectifs assignés. En outre, un rapport semestriel sur la réalisation des engagements financiers et monétaires et des actions et mesures est adressé par le gouverneur de la Banque d’Algérie au président de la République. Dans ce cadre, le gouvernement fixe un programme portant sur quatre axes : rétablissement des équilibres de la trésorerie de l’Etat, rétablissement des équilibres de la balance des paiements, réformes structurelles financières et réformes structurelles économiques. Au titre du rétablissement des équilibres de la trésorerie de l’Etat, il est question de renforcement
des capacités de prévision et de gestion des dépenses publiques de l’Etat et la modernisation des systèmes servant à la préparation
et à l’exécution du budget, à travers, la finalisation et la promulgation au cours de 2018 du projet de loi organique relative aux lois de
finances, l’introduction dans le projet de Loi de finances pour 2019 d’un Cadre de dépenses à moyen terme (CDMT) global 2019-2021, la mise en place du système intégré de gestion budgétaire et l’amélioration des recettes fiscales ordinaires. Il est également prévu la mise en route graduelle, à partir de 2019, d’une nouvelle approche sur les subventions de l’Etat. Cet axe porte également sur la maîtrise et la rationalisation des dépenses publiques, à travers le renforcement des dispositions réglementaires relatives aux dépenses d’équipement de l’Etat. Il est précisé qu’une instruction sera émise à cet effet en 2018, relative à la réalisation d’un recensement national des revenus des ménages, préparatoires à la rationalisation de la politique des subventions publiques, la mise en route graduelle, à partir de 2019 d’une nouvelle approche en matière de subventions directes et indirectes de l’Etat au profit
des ménages. Il s’agit aussi de la rationalisation accrue, durant les prochaines années, de la politique de recrutement dans la fonction publique et la mise en oeuvre de la législation en matière de retraite. Concernant les réformes structurelles financières, il s’agit de la réforme de la finance et de la fiscalité locale, par la mise en place, en 2019, d’un cadre législatif pour une politique de fiscalité locale. Il s’agit également de réforme bancaire et financière pour une diversification de l’offre de financement et une dynamisation du marché du crédit, à travers, notamment, la généralisation de l’usage des moyens de paiement modernes. Au titre des réformes structurelles économiques, elles portent sur le développement de l’économie numérique, la rationalisation de la dépense publique dans les domaines de la protection sociale et de la politique de santé, à travers, notamment, la promulgation, en 2018, d’une nouvelle loi sur la santé.

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