Algérie – Turquie Pour un partenariat encore plus fort 

Algérie – Turquie Pour un partenariat encore plus fort 

Connue comme étant géographiquement la porte d’entrée pour l’Afrique, notamment pour les pays européens, l’Algérie jouit du même positionnement sur la carte économique, grâce aux partenariats stratégiques qu’elle entretient avec plusieurs Etats qui veulent exploiter cette carte pour se frayer un chemin vers d’autres marchés africains et s’y implanter solidement.

Par Karim Nouar

C’est, entre autres enseignements, ce qui pourrait être déduit de la récente visite officielle  effectuée, du 26 au 28 février dernier, à Alger par le chef de l’Etat turc, Recep Tayyip Erdogan. Inscrite dans le cadre d’une tournée africaine qui l’a mené également en Mauritanie, au Sénégal puis au Mali,  cette visite de trois jours aura été amplement exploitée par le président de la Turquie qui n’a pas manqué de déployer un arsenal sémantique des grandes circonstances pour rappeler que l’Algérie est le premier partenaire africain de son pays et, partant, que la relation entre les deux pays pourrait servir d’exemple à suivre par d’autres pays du continent, à commencer par ceux qui étaient programmés dans sa tournée et chez qui il est possible d’aller trouver des débouchés pour une économie turque florissante jusqu’à se hisser à la 13e place sur l’échiquier mondial. Mais avant d’aller chercher des opportunités sur d’autres terres africaines, M. Erdogan a, d’abord, préféré parcourir le chemin de celles qui peuvent être versées au compte du partenariat algéro-turc dont les volumes, estimés à près de 4 milliards de dollars,  sont considérées d’un niveau «encore ba » par le président turc, mais aussi par les hauts responsables algériens qu’il a rencontrés, à commencer par le chef du Gouvernement Ahmed Ouyahia. D’où la volonté d’un renforcement partagée par les deux partie. «Les volumes de nos échanges doivent atteindre dans une première étape 5 milliards, puis 10 milliards de dollars», dira l’hôte de l’Algérie.

C’est d’ailleurs dans cette perspective que la visite de ce dernier en Algérie a été sanctionnée par la signature d’accords de coopération et de mémorandums d’entente et de partenariat portant sur plusieurs secteurs dont notamment les  hydrocarbures, l’enseignement supérieur, la diplomatie, la culture, le tourisme et l’agriculture. Une opération groupée qui renseigne assez explicitement sur le désir réel des responsables des deux pays à passer à l’acte concret qui doit servir  la volonté exprimée de part et d’autres de hisser les volumes des échanges bilatéraux, et permettre à la dynamique porteuse qui impacte ces dernières années sur les relations économiques entre l’Algérie et la Turquie d’exploiter de nouvelles pistes et de réaliser de nouveaux projets. Une démarche à la quelle adhèrent pleinement les opérateurs économiques des deux pays, et ces derniers n’ont pas manqué de le démonter en participant en force au forum algéro-turc des hommes d’affaires qui s’est tenu en marge de la visite d’Erdogan. Ils étaient, en effet plus 200 chefs entreprise à s’inscrire à ce rendez-vous organisé dans le but de les rapprocher et d’ouvrir le débat sur les moyens à mettre en place pour consolider la coopération dans de nombreux secteurs.

Pour ce faire, Erdogan a appelé les opérateurs économiques de son pays à s’impliquer davantage et à renforcer les investissements. C’est pourquoi il n’a pas manqué de faire un clin d’œil aux autorités algériennes en revendiquant les facilitations administratives nécessaires au profit de ses compatriotes. «Les investissements et le commerce gagneront en volume à mesure que le travail de nos hommes d’affaires en Algérie sera facilité», a-t-il souligné en présence du Premier ministre Ahmed Ouyahia et du ministre de l’Industrie Youcef Yousfi. En attendant que les accords signés à Alger se manifestent en chiffres sur les volumes des échanges algéro-turcs, il est utile de rappeler que l’Algérie représente un destination privilégiée pour les entreprises turques. Celles-ci sont estimées à 796 actuellement, employant plus de 28 000 personnes intervenant dans plusieurs secteurs industriels, entre textile, sidérurgie, énergie, transport maritime et autre bâtiment. En matière d’investissements enregistrés en 2017 auprès de l’Agence nationale du développement de l’investissement (ANDI), la Turquie a occupé la première place des investissements mixtes avec plus de 20 projets d’investissements d’un montant global de plus de 200 milliards de DA devant générer près de 6 000 emplois. Le secteur du textile constitue sans doute l’un des exemples de réussite dans le partenariat entre les deux pays et ce, à travers l’usine de filature de coton implantée à Relizane et qui devra entrer en production dans les prochains mois. D’une capacité de production de 9 000 tonnes/an, cette usine fait partie d’un projet de complexe composé de 8 usines de production intégrée appartenant à la joint-venture Tayal formée de deux filiales du Groupe public national de textile Getex, du holding Madar (ex-Snta) et de l’entreprise turque Intertay. Outre cette usine de filature, ce complexe sera composé d’usines de tissage, de traitement, de confection, de bonneterie et d’ennoblissement de tissus, soit le finissage, le blanchiment et la teinture. Le projet comporte deux étapes : la première, qui se terminera d’ici à fin 2018, porte sur la réalisation de huit (8) usines totalement intégrées, d’un centre d’affaires et d’une école de formation en métiers de tissage et de confection avec une capacité d’accueil de 500 stagiaires par session.

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