Partenariat Algéro-Français  Vers un cadre de travail commun

Partenariat Algéro-Français Vers un cadre de travail commun

Les deux principales organisations patronales d’Algérie (FCE) et de France (Medef) sont convenues de la création d’un conseil d’affaires algéro-français. Une initiative qui permettra de favoriser les échanges entre les deux centrales patronales. 

Nassima Bensalem

Pour mettre en place officiellement ledit conseil, une délégation du Medef, chapeautée par son président, Pierre Gattaz a séjourné à Alger du 6 au 8 février dernier. Il s’agit de la plus importante délégation depuis 2011 : pas moins de 47 chefs d’entreprise français activant dans divers domaines ont fait le déplacement pour tenter de réaliser des partenariats avec leurs homologues algériens. Le protocole d’accord portant création de ce conseil d’affaires a été signé par Ali Haddad, président du FCE et Pierre Gattaz, président du Medef. A noter aussi qu’un mémorandum d’entente, portant sur la promotion de la coopération bilatérale dans les domaines de la jeunesse et l’entrepreunariat, la formation et le numérique, a été également signé par les deux organisations patronales.

Le message net et précis de Youcef Yousfi

Le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, qui a pris part à la cérémonie de signature, a prononcé un discours assez percutant. Tout d’abord, il a tenu à rappeler que beaucoup d’entreprises étrangères ont investi en Algérie et ont su affronter toutes les difficultés liées à l’environnement des affaires. Il a ainsi reconnu l’existence de certaines contraintes, mais en s’adressant aux chefs d’entreprise français, il leur a demandé d’être patients et de se projeter à long terme. Devant un parterre de partenaires français, il a affirmé clairement qu’«il y a un grand intérêt des industriels d’autres pays en dehors de la France, ils sont prêts à régler tous les problèmes, sont extrêmement patients et ne reculent  devant aucune difficulté. Ils savent attendre et prennent des risques. Bien entendu, ils gagnent de l’argent et c’est tant mieux pour eux». En revanche, il s’est exprimé sur l’engagement de l’Etat de trouver des solutions. En effet, un groupe interministériel travaille pour améliorer en permanence les relations d’affaires et résoudre certaines difficultés que rencontrent les opérateurs, tels les retards de paiement et les lourdeurs administratives. Dans son allocution, M. Yousfi, n’a pas omis d’évoquer la règle 51/49% qui, selon lui, «est souvent détournée», mais il a aussi tenu à préciser que «cette règle n’a pas découragé les investisseurs, qu’ils soient américains, allemands, autrichiens, suisses ou chinois». Une manière assez directe pour faire comprendre aux investisseurs français qu’ils ne sont pas les seuls dans l’arène. Dans le même sillage, il a énuméré les secteurs d’activité potentiels, comme l’industrie du ciment, la sidérurgie, l’automobile et le domaine minier. Pour ce qui est du secteur automobile, le ministre a appelé les entreprises françaises à intervenir dans la fabrication des composants, mais également, à investir dans l’engineering et les mines qui, selon lui, «sont des champs libres même si plusieurs partenariats ont été créés avec des étrangers hors Europe», comme il l’a si bien qualifié.

Investissement en France contre savoir-faire

Pierre Gattaz, président du Medef a, quant à lui, prononcé un discours assez prometteur, lors duquel il a invité les chefs d’entreprise algériens à investir en France. «Les portes sont ouvertes aux Algériens pour créer des partenariats gagnant/gagnant», a-t-il souligné tout en précisant que «pour  notre part, nous apporterons le savoir-faire. Nous voulons bâtir les 30 prochaines années et l’entrepreunariat et l’entreprise sont le levier du développement et le renforcement des relations entre l’Algérie et la France». Mais  il a toutefois reconnu que la concurrence imposée par les entreprises étrangères en Algérie, notamment chinoises, turques et espagnoles interpelle les entreprises françaises et les incite à vaincre leur frilosité. Insistant sur la volonté des Français d’accompagner l’économie algérienne dans le processus de sa diversification, M. Gattaz a précisé que «nous attendons des signaux qui simplifieront le travail des entreprises et des investisseurs locaux», une manière de faire allusion aux procédures liées au paiement, au rapatriement des devises, aux restrictions sur les importations et à la règle 51/49%. D’ailleurs, à ce propos, il a clairement affirmé que «cette règle ne doit pas être un handicap fondamental pour venir s’installer en Algérie». Voulant être optimiste, il a reconnu que «certaines entreprises françaises qui ont investi en Algérie arrivent à contourner cette règle».

Ali Haddad plaide pour une alliance stratégique

Dans son discours prononcé devant la délégation française, le président du FCE, Ali Haddad a voulu répondre aux préoccupations des chefs d’entreprise français qui demeurent réticents quant à l’investissement en Algérie. Il a ainsi rappelé que «la règle 51/49% protège l’entreprise algérienne et n’empêche pas la conclusion de partenariats». Pour ce qui est du transfert des dividendes, il a affirmé «qu‘il n’y a aucun problème à ce propos, pourvu que l’entreprise étrangère soit en situation régulière avec l’administration fiscale».

  1. Haddad a, en somme, plaidé pour une alliance stratégique avec la France, notamment dans les domaines des énergies renouvelables, la pétrochimie, la métallurgie, l’agriculture, l’agro-industrie, la santé, l’industrie pharmaceutique et le numérique. Une alliance qui, selon lui, pourrait constituer le socle d’une coopération Nord-Sud.

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