SON EXCELLENCE M FRANZISKA HONSOWITZ, AMBASSADEUR D’AUTRICHE À ALGER Algérie/Autriche : d’excellentes relations de coopération

SON EXCELLENCE M FRANZISKA HONSOWITZ, AMBASSADEUR D’AUTRICHE À ALGER Algérie/Autriche : d’excellentes relations de coopération

A la tête de la représentation diplomatique autrichienne à Alger depuis 4 ans, son premier poste d’ambassadeur, Mme Franziska Honsowitz a, auparavant, travaillé auprès de la mission autrichienne aux Nations unies. Elle a occupé ensuite, la fonction de directrice pour les pays de l’Amérique latine au ministère fédéral autrichien des Affaires étrangères. Pour cette diplomate, l’Algérie a de grandes potentialités et un important partenaire dans tous les domaines. Elle nous livre dans cet entretien, les différents aspects des relations algéro-autrichiennes.
Par F. Benkhalfa

L’Algérie est le troisième pays dans la liste des partenaires africains de l’Autriche dans plusieurs domaines. De nombreux accords bilatéraux ainsi que des réseaux économiques unissent les deux pays. Pouvez-vous nous parler de cette coopération ?

Tout d’abord, je tiens à souligner l’importance et la qualité des relations bilatérales et multilatérales dans tous les domaines entre les deux pays qui datent depuis des années.
Des relations traditionnellement amicales et intenses existent sur les plans politique, économique, culturel et universitaire. En tant qu’ambassadeur d’Autriche en Algérie, je suis très contente de la réussite, de l’avancée et de l’intensification de ces relations bilatérales qui sont excellentes.
L’Algérie est un marché très important pour l’Autriche, ce qui a encouragé plusieurs entreprises autrichiennes à venir en Algérie pour nouer des partenariats avec les entreprises algériennes et conclure des joint-ventures dans plusieurs domaines, tels que le ferroviaire, les énergies renouvelables (l’énergie solaire où l’Autriche est pionnière), l’environnement, le recyclage, le bois (l’Autriche est le 3e exportateur de bois en Algérie), le coffrage, les véhicules, les équipements et machines pour l’industrie et les produits pharmaceutiques. Il faut dire qu’il existe un grand intérêt des deux côtés pour renforcer davantage ces relations.

Est-ce que ce partenariat économique est concrétisé par l’installation d’entreprises autrichiennes sur le marché algérien ou simplement, il reste au niveau d’écoulement de la marchandise ? Il en est où concrètement ?

La présence de plusieurs centaines de partenaires économiques en Algérie, c’est du concret. Ce sont des entreprises qui ont près de 70 représentants permanents et une dizaine de filiales. Il y a donc, une coopération réelle, intense et dans presque tous les domaines économiques. L’un des partenariats les plus importants est celui de la signature d’un accord bilatéral dans le secteur ferroviaire en 1987. Nous avons commencé par le projet clé en main de la banlieue algéroise El Harrach-Thenia et, aujourd’hui, nous continuons dans l’assistance et la mise en place de projets de
haute technologie. A ce sujet, une entreprise autrichienne de télécommunication ferroviaire est en train de réaliser avec des partenaires algériens un nouveau réseau de télécommunications de haute technologie dans toutes les lignes du chemin de fer algérien. Une autre société, aussi, intervient dans la réparation et l’équilibrage des rails pour permettre aux trains d’aller à une plus grande vitesse. Cette coopération s’inscrit dans le cadre
du plan algérien de la modernisation des chemins de fer. Dans ce même contexte, la prochaine session du Comité mixte ferroviaire se tiendra
à Vienne. A noter que la dernière session du Comité était organisée en Algérie. Nous avons également cinq téléphériques réalisés par une société autrichienne, leader mondial dans la remontée mécanique et le transport par câble. Des partenariats ont été tissés, également, dans le domaine de l’automobile et la pièce de rechange et nous sommes prêts pour coopérer dans les domaines de la construction, l’agroalimentaire, le recyclage des déchets (organiques), du plastique et du papier qu’on peut récupérer et réutiliser. Je dirai que ces derniers sont des domaines d’avenir et il faut apprendre surtout aux enfants que les déchets ont une valeur pour l’économie et l’environnement. L’Autriche est parmi les pays les plus avancés
dans ce domaine et peut contribuer par son expérience. Le secteur des énergies renouvelables est, lui aussi, à prendre en considération, car l’Algérie a déjà entamé le développement de ce secteur et les entreprises autrichiennes peuvent contribuer avec leur technologie et leur savoir-faire. Je voudrais souligner que chez nous, il existe de nombreux villages autonomes en énergie qui produisent eux-mêmes leur énergie éolienne, géothermique et solaire.
En sus de la coopération économique, nous travaillons beaucoup avec l’Algérie dans le multilatéralisme, surtout aux Nations unies. L’Algérie est un
pays important au sein de cette institution et l’Autriche est l’un des quatre sièges des Nations unies.
Nous avons plus de 40 organisations internationales qui ont leurs sièges à Vienne. Nous sommes également au centre de l’Union européenne
et nous nous préparons à assurer la présidence tournante de cette institution, à partir du 1er juillet 2018 pour un mandat de six mois.

Outre ces domaines cités, quels sont les autres secteurs d’activité qui peuvent intéresser les hommes d’affaires autrichiens et algériens?

Les entreprises autrichiennes comptent investir dans le volet de la formation des personnels et comme je l’ai déjà cité, dans les énergies renouvelables et le recyclage. Par ce fait, nous sommes disposés à accompagner la diversification de l’économie algérienne et soutenir la production
locale, à travers notre savoirfaire technique et technologique.
Nous invitons, également, les entreprises algériennes à prospecter le marché autrichien et conclure des partenariats. Les échanges doivent être à double sens et c’est ce que nous sommes entrain de constater. Nous n’avons pas que de la marchandise à vendre, mais nous sommes prêts à créer des partenariats gagnant-gagnant qui contribuent à, la création d’emplois et la formation des employés. Beaucoup de délégations d’hommes et de femmes d’affaires autrichiennes viennent en Algérie pour prospecter les nouvelles opportunités économiques, et participent aussi aux différents
Salons et foires organisés en Algérie, comme Djazagro, Batimatec, Plast Alger, Foire internationale d’Alger,… De notre côté en tant que représentation diplomatique, nous avons une section commerciale (Advantage Austria Alger) qui est très active et organise des rencontres entre les partenaires pour leur offrir les possibilités de coopération et d’échanges. Nous leur ouvrons nos portes et nous les soutenons, mais le business se fait surtout en relation directe entre les hommes d’affaires et nous avons eu de très bonnes expériences dans ce sens.

Quelles sont les contraintes que rencontrent les entreprises autrichiennes ?

Chaque marché a ses contraintes. Je ne pense pas qu’il y avait de grandes difficultés pour nos entreprises parce qu’elles travaillent directement avec leurs partenaires algériens et chacun fait de son mieux pour que le partenariat aboutisse. Le partenaire algérien connaît mieux l’administration et
le marché local, c’est donc, lui qui s’occupe de ce volet. Je voudrais mettre l’accent, également, sur les PME/PMI qui, généralement, réagissent et s’adaptent rapidement aux changements et besoins du marché ; car elles sont très flexibles. La plupart des entreprises autrichiennes sont des PME/PMI
et c’est dans ce secteur que nous voulons développer davantage notre coopération.

Qu’en est-il du volume des échanges commerciaux entre les deux pays ?

Le volume des échanges est d’environ 400 millions d’euros. A mon avis, c’est vrai qu’il y a les chiffres, mais il y a aussi le plus important, c’est-à-dire la qualité des relations économiques. Je suis très contente que ces relations soient excellentes et très intenses.
Beaucoup d’entrepreneurs autrichiens se déplacent en Algérie et les hommes d’affaires algériens se rendent en Autriche. L’ouverture de la ligne aérienne directe entre Alger et Vienne est d’une grande importance pour ces échanges économiques et nous espérons qu’il y aura dans l’avenir plus d’échanges, grâce à cette liaison directe. Il y aura également l’ouverture du nouvel aéroport international d’Alger qui sera bénéfique pour la coopération. En plus du transport des personnes, nous allons coopérer dans le domaine du transport de la marchandise. Avec cette nouvelle infrastructure, l’Algérie va devenir un hub (un point de transit des avions vers d’autres pays) pour tout le continent africain et c’est la même chose pour Vienne qui est un hub
régional surtout pour les Balkans et l’Europe de l’Est. Je pense que dans l’avenir, il y aura d’énormes possibilités entre les deux aéroports dans le domaine de la coopération régionale.

La section culturelle de l’ambassade d’Autriche, à Alger, est très active. Beaucoup de concerts de musique ont été donnés en Algérie ces dernières années. Pouvez-vous nous en parler plus de cette coopération ?

Effectivement, nous sommes connus sur le plan de la musique classique et de civilisation. Votre pays est également très riche en termes de patrimoine culturel et de civilisation que nous apprécions beaucoup. Nous avons organisé dans ce sens, dans les ruines romaines de Tipasa un très
beau concert entre un orchestre autrichien et des associations de musique andalouse qui ont joué ensemble, le concert était une grande réussite. Un concert a été donné également à Tamanrasset avec l’association ‘’Sauver l’Imzad’’ et à Timimoun avec la troupe musicale Ahelil. Ces musiques sont
inscrites à l’Unesco dans la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Algérie. Nous avons donné aussi avec le Théâtre régional de Bejaia une représentation théâtrale. Il y a également la coopération universitaire, nous avons dans ce sens un partenariat entre l’Université de Vienne et l’Université
d’Oran pour l’enseignement de la langue allemande. Notre message, aujourd’hui, est la mise en valeur de ce riche patrimoine de l’Algérie, surtout que l’Union européenne a proclamé l’année 2018 ‘‘Année européenne du patrimoine culturel’’ et l’Algérie est un partenaire très important dans tous les domaines.

Votre regard sur le volet touristique… Pensez-vous qu’il y aura une coopération ?

L’Algérie a de grandes potentialités, elle est connue pour ses paysages magnifiques, surtout son désert, ses montagnes et ses belles plages.
L’Autriche a beaucoup d’expérience dans le domaine du tourisme. Dans ce volet, l’Autriche peut apporter son expérience et répondre aux besoins
en la matière.

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