CARBURANTS MINI-RÉVOLUTION DANS LE GPL

CARBURANTS MINI-RÉVOLUTION DANS LE GPL

Une mini-révolution verte est en marche en matière de consommation de carburants. De nombreux automobilistes se précipitaient les derniers jours de l’année 2017, pour s’équiper en kit Sirghaz et passer en mode gaz de pétrole liquéfié (GPL). Et la tendance pourrait être encore plus forte à l’avenir au vu des nouvelles augmentations appliquées sur les autres carburants depuis le 1er janvier 2018. Reste toutefois à savoir si, en cas d’autres relèvements tarifaires sur l’essence et le gasoil, qui viendraient rendre plus
urgente et plus pressante la demande en GPL, il pourrait rester suffisamment de ce carburant nettement moins coûteux, et aussi moins polluant, pour satisfaire une conversion qui deviendrait quasi automatiquement massive.

Aujourd’hui, le marché intérieur est encore modeste et la consommation de GPL est relativement toujours faible. En chiffres, l’Algérie
consomme près de 15 millions de tonnes de carburants routiers dont un peu plus de 350.000 tonnes de GPL, ce qui reste nettement en deçà des
objectifs tracés par les pouvoirs publics dans le cadre stratégie de conversion en GPL d’une bonne partie du parc national automobile qui permettrait
de réduire sensiblement la facture des importations des carburants. Aussi, le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, s’attache-t-il à augmenter la
cadence de développement du GPL. Il a, dans cette optique, exhorté l’entreprise Naftal à redoubler d’efforts pour l’extension de son réseau de
distribution et le relèvemen des capacités techniques de ses centres spécialisés dans la fabrication d’équipements et accessoires de conversion au
GPL. Le premier responsable du secteur veut 500 000 véhicules convertis à ce carburant de substitution d’ici 2021. Le défi est assurément énorme. L’équipement du véhicule fonctionnant au carburant GPL est composé de la bonbonne ou le réservoir et le kit. Ce dernier élément est importé, mais Naftal ambitionne de le faire fabriquer localement. D’ailleurs, elle est en discussion avec des opérateurs italiens et polonais en vue de construire une usine de fabrication de kits. Un kit Sirghaz coûte 70 000 DA chez le privé contre 55 000 DA chez Naftal. Cette dernière a réalisé une étude qui montre que l’automobiliste récupère ses frais d’équipement en trois mois de consommation de GPL dont le prix à la pompe revient cinq fois moins cher que l’essence.
L’entreprise nationale promet d’atteindre l’objectif ultime évoqué par le ministre de l’Energie, c’est-à-dire parvenir à la conversion de 500 000
véhicules d’ici à 2021. Elle est en capacité de le faire.
En 2017, elle a réalisé la conversion de 18 000 véhicules. En 2018 elle fera mieux, soit 30 000 véhicules.
En attendant, le parc actuel compte 280 000 véhicules roulant au GPL. Naftal dispose de 44 centres de conversion, et projette d’en construire
une quarantaine d’autres d’ici à 2021, dans le but, bien évidemment, d’augmenter et renforcer ses capacités à rendre ce carburant disponible
partout et pour l’ensemble des automobilistes du pays. Le programme a déjà été entamé, et 5 nouveaux centres seront ouverts avant fin février, alors
que 12 autres sont en projet au titre des années 2018 et 2019. Naftal pourra également faire appel à des sociétés privées pour couvrir la demande
locale. Elle a en outre signé des conventions avec l’Ansej pour former à titre gracieux de jeunes promoteurs en vue
de leur permettre de créer des centres de conversion. Naftal les aidera même financièrement pour monter leurs propres entreprises et faire partie de ses agents agréés.

Plus d’un million de véhicules convertis au GPL…..

Autre acteur dans la promotion du GPL, l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (APRUE). Celle-ci a lancé
pour le compte du ministère de l’Energie un avis d’appel à manifestation d’intérêt pour la sélection d’installateurs de systèmes GPL carburant, en vue
de participer au programme de conversion de 20 000 véhicules particuliers. L’initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre de la tranche annuelle 2017 du programme national de maîtrise de l’énergie relatif au secteur du transport. En 2016, près de 20 000 véhicules ont été convertis au GPL, au titre du projet national visant la conversion de plus d’un (1) million de véhicules roulant au gasoil/essence vers le GPL/C, à l’horizon 2030. Quid des stations-service distribuant du GPL ? Il y a quelques années, elles étaient tout juste un peu plus de 500 stations distribuant ce genre de carburant, à travers le pays. Pas assez. En avril 2017, il a été enregistré 2 277 stations-services dont 639 distribuant du GPL. Dans son programme de développement du réseau GPL pour 2017-2021, Naftal prévoit la réalisation de 1.624 stations-services. Le pays compte aujourd’hui 2 400 stations-service dont 700 assurent la distribution du GPL. L’objectif est de passer d’une station sur deux assurant le service de distribution de ce type de carburant, contre trois actuellement. L’ambition des pouvoirs publics est de disposer d’une station-service équipée pour le GPL tous les 15 kilomètres à l’horizon 2021.
Naftal dispose par ailleurs d’un stock de sécurité de 2 jours en GPL, un seuil minimal que la société souhaite faire passer à 10-12 jours. Et l’activité intense démontrant l’importance, sur fond d’urgence, accordée au GPL, ne s’arrête pas à ce niveau des investissements et de l’encagement. Sonatrach, de son côté, est en train de réaliser un travail en amont dont la finalité est de produire encore plus de GPL. En effet, un nouvel accord
pour l’exploitation du champ pétrolifère de Rhoude el Krouf (RKF) dans le bassin de Berkine (Ouargla) a été signé fin janvier dernier entre la compagnie nationale d’hydrocarbures, l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft) et le groupe espagnol Cepsa. L’accord porte sur le réaménagement significatif de cette plateforme mature après 19 ans de production, avec pour objectif d’augmenter la
production de pétrole brut et de produire, et c’est une première, du GPL à partir de ce gisement, grâce aux nouvelles techniques de récupération des hydrocarbures.
Cette démarche permettra de maintenir un plateau de production (niveau élevé de production) d’huile et de condensat de 24.000 barils par jour pendant une durée de 5 ans et un plateau de production de GPL de 10 000 barils par jour pendant une durée de 6 ans.

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