ALGÉRIE-FRANCE IL Y A PLACE POUR UN PARTENARIAT D’ÉGAL À ÉGAL

ALGÉRIE-FRANCE IL Y A PLACE POUR UN PARTENARIAT D’ÉGAL À ÉGAL

Trois temps forts ont marqué les relations algéro-françaises, ces trois derniers mois : la visite d’amitié et de travail du président français, Emmanuel Macron, à Alger, le 6 décembre dernier, la conclusion, le 7 décembre à Paris, de onze accords de coopération entre les deux pays et la tenue, le 12 novembre dernier à Alger, de la 4e session du Comité mixte économique franco-algérien (COMEFA).
Par Younes Djoudi

La France se déclare disposée à apporter sa contribution au développement d’un partenariat «d’égal à égal» et à faire de l’investissement un axe
fort de l’économie. L’Hexagone souhaite accompagner l’Algérie dans sa vision stratégique de développement. Sur le plan des investissements, entre 2002 et 2016, un total de 158 projets d’investissement, impliquant des investisseurs français, ont été déclarés auprès de l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI) pour un montant de l’ordre de 340 milliards de dinars et devant générer 22.316 emplois. Sur l’ensemble de ces projets, 137 ont été réalisés pour une valeur de 182 milliards de dinars. S’exprimant sur les sujets bilatéraux, le chef d’Etat français a souligné lors de cette visite que l’Algérie et la France ont ouvert plusieurs voies de travail, évoquant la proposition de créer un fonds franco-algérien d’investissement qui permettrait d’accompagner les entrepreneurs algériens investissant en France et les Français désireux d’investir en Algérie. Cela, a-t-il dit, permettrait de donner plus de souplesse en termes de vigueur, afin de financer l’innovation industrielle. Emmanuel Macron a également fait part de son souhait de développer davantage le volet de la formation entre les deux pays, citant l’exemple des constructeurs automobiles français qui ont créé des centres de formation en Algérie. Pour ce qui est de la politique de délivrance de visas, il a indiqué que les procédures de délivrance seront simplifiées, notamment pour les responsables politiques et administratifs, les hommes d’affaires, les journalistes et les hommes de culture. Je souhaite, a-t-il dit, que ceux qui sont en apprentissage puissent avoir un visa beaucoup plus souple pour aller travailler de part et d’autre de la Méditerranée, estimant que par ce procédé, il s’agit de clarifier la politique conjointe de la France et de l’Algérie afin de renforcer la lutte contre l’émigration illégale. Le président français a eu une série d’entretiens avec les autorités algériennes.

Une série d’accords sectoriels

Il y a eu un échange de vues franc et productif sur un certain nombre de questions régionales et internationales. Les deux parties ont également parlé d’actions concertées. Et du concret, il y en a eu : onze accords de coopération entre l’Algérie et la France ont été signés en décembre dernier, à Paris, en présence des Premiers ministres des deux pays, Ahmed Ouyahia et Edouard Philippe, à l’issue de la 4e session du Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN). Ils concernent la santé, l’enseignement supérieur, la formation professionnelle, les PME et la culture. Dans le secteur de la santé, deux documents ont été paraphés. Il s’agit d’un protocole d’accord entre le groupe Sanofi Pasteur et le groupe Saïdal
pour la production de vaccins et d’un accord pour la production de produits oncologiques et de santé familiale en Algérie par le laboratoire Ipsen, dont les médicaments sont présents dans plus de 115 pays, à travers le monde. Il est ainsi prévu, dans le cadre de ce partenariat, la fabrication de trois vaccins de dernière génération de Sanofi Pasteur : les vaccins hexavalent et tétravalent (permettant l’immunisation contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’hépatite B, la poliomyélite et les infections invasives à Haemophilus influenzae de type b), ainsi que le vaccin quadrivalent contre la grippe saisonnière. Les deux partenaires projettent de mettre en place des capacités de production entre 10 à 20 millions de doses par an, permettant notamment de couvrir les besoins du marché algérien. Cela devrait créer 150 emplois, dont 100 hautement qualifiés dans le domaine de la biotechnologie.
Les deux parties ont en outre conclu une convention de partenariat relative à la création de filières de formation d’excellence des métiers de l’énergie, de l’électricité et des automatismes industriels. Dans ce registre, Schneider Electric, le leader de la transformation numérique de la gestion de l’énergie et des automatismes, le ministère algérien de la Formation et de l’Enseignement professionnel, le ministère français de l’Education nationale et la Fondation Schneider Electric ont signé une convention de partenariat pour la création de filières de formation d’excellence dans les métiers de l’énergie, de l’électricité et des automatismes industriels.
La convention a été signée par Jean-Michel Blanquer, ministre français de l’Education nationale, Mohamed Mebarki, ministre algérien de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Akli Brihi, président Schneider Electric Algérie, et Gilles Vermot Desroches, directeur du développement durable de Schneider Electric et délégué général de la Fondation Schneider Electric.

Le COMEFA, un forum d’évaluation

Cette convention s’inscrit dans la continuité des accords bilatéraux initiés par le ministère français de l’Education nationale, afin de créer un réseau international de centres d’excellence soutenant le développement des formations techniques dans le monde. Elle révèle aussi une volonté forte de
collaboration franco-algérienne et d’implication de Schneider Electric dans le développement des compétences techniques en Algérie, à l’image du Centre d’Excellence Algéro-Français de Formation aux Métiers de l’Energie et de l’Electricité (CEAFE) à Rouiba. Une déclaration d’intention a été par ailleurs signée par le Groupe PSAPeugeot, le ministère algérien de la Formation et de l’Enseignement professionnels et le ministère français de l’Education nationale, portant création, à Oran, d’un centre de formation pour les métiers de l’automobile. Au chapitre de l’enseignement supérieur, les deux pays ont convenu d’une convention cadre relative à la recherche-formation et à la recherche sur la Langue française et les expressions
francophones (LaFEF). Ce réseau, créé par convention passée le 4 décembre 2011 entre les deux Etats, prend la suite du programme intergouvernemental «Ecole doctorale algéro-française de Français (EDAF)» dans le cadre d’une formation diplômante (magistère et doctorat) pour
l’encadrement universitaire algérien. Dans le même contexte, une autre convention cadre a été conclue concernant le Réseau mixte des écoles (RME), qui compte parmi ses membres 16 écoles nationales supérieures algériennes, 15 écoles préparatoires algériennes et 7 écoles françaises d’ingénieurs. Quant à la 4e session du Comité mixte économique franco-algérien (Comefa), elle s’est tenue à un moment où les relations d’ensemble et la coopération économique entre l’Algérie et la France sont substantiellement développées et étoffées, assises sur un socle solide d’intérêt mutuel et orientées vers un avenir appelé à donner lieu à une coopération encore étroite entre les deux pays. Le COMEFA a été mis sur pied, il y a cinq ans. Il constitue un forum d’évaluation, d’impulsion et d’orientation des relations économiques bilatérales par le biais de la création de partenariats et de joint-ventures générateurs d’investissements et susceptibles de contribuer efficacement à l’élargissement des bases du tissu industriel en Algérie.

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