SON EXCELLENCE, L’AMBASSADEUR DE FINLANDE À ALGER, M TUULA SVINHUFVUD «Une coopération dense et multisectorielle»

SON EXCELLENCE, L’AMBASSADEUR DE FINLANDE À ALGER, M TUULA SVINHUFVUD «Une coopération dense et multisectorielle»

La Finlande fait partie des pays qui ont des relations de qualité avec l’Algérie, depuis des décennies. Ambassadeur de la république de Finlande en Algérie, son Excellence, Mme Tuula Svinhufvud, aborde dans cet entretien la promotion des relations économiques et commerciales entre les deux pays. Elle souligne aussi, la consistance de ces r elations qui se sont développées dans des secteurs émergents et cible les perspectives d’une coopération plus dense, diversifiée et génératrice de valeur ajoutée pour les deux pays.
Par F. Benkhalfa

Pouvez-vous nous présenter la Finlande en quelques mots?

C’est un pays de 5,4 millions d’habitants qui se trouve en Europe du nord. Les pays voisins de la Finlande sont la Suède à l’ouest, la Russie à l’est, la Norvège au nord et l’Estonie au sud. La capitale de la Finlande est Helsinki. Le pays est connu pour son climat, son savoir-faire de haute technologie, l’égalité et parité entre les hommes et les femmes et l’éducation. La Finlande est une démocratie parlementaire, qui a donné le droit de vote aux femmes en 1906. Le pays a célébré (2017, ndlr) cette année son centenaire de l’indépendance sous le thème Yhdessä-Tillsammans, qui veut dire, «ensemble», c’est la base démocratique de la société. Le pays a construit résolument la démocratie et la société civile et le pouvoir public dans notre
pays est transparent, l’égalité est notre point de départ et nous oeuvrons pour assurer une bonne vie basée sur la sécurité sociale et l’éducation à tout le monde.

Comment évaluez-vous les relations algéro-finlandaises?

Les relations entre les deux pays sont bonnes et bien établies dans plusieurs domaines. Il est à noter que, vers la fin du 19e et début du 20e siècle, nombreux chercheurs, peintres et écrivains ont visité l’Algérie. Donc, nous avions déjà des connaissances sur le pays, même si ces informations dataient de plus de cent ans.
Aujourd’hui, nous pensons que grâce aux relations économiques et culturelles qui sont en train de se tisser entre les hommes d’affaires, qui sont les meilleurs ambassadeurs de ces deux pays, nous allons développer davantage la coopération.

Dans le domaine économique, comment estimez-vous la coopération ?

Nous estimons que les chiffres des échanges sont considérables.
Les statistiques douanières ne révèlent pas tout. Actuellement, nous avons enregistré une trentaine d’entreprises finlandaises présentes en Algérie dans plusieurs secteurs. Nous avons des sociétés globales, comme Nokia, Kone, Wartsila (machines et équipements), Cargotec, Planmeca
(équipements pour hôpitaux), Metso et Stora Enso (bois et papiers), mais aussi des petites et moyennes entreprises dans les domaines de mécanisation de l’agriculture, après la visite du ministre de l’Agriculture et de l’Environnement de la Finlande, M. Kimmo Tiilikainen en Algérie en novembre 2016.
Quelques partenariats ont été réalisés cette année dans ce domaine, énergie renouvelable, météorologie et construction.
Parmi les projets, nous citerons l’entreprise finlandaise qui a réalisé un investissement très important qui consiste en l’installation d’une usine des
moissonneuses batteuses dans la wilaya de Sidi Bel-Abbes dont le taux d’intégration est à 60%.
Dans le domaine des TIC, nous avons Nokia qui est très active sur le marché algérien. D’autres entreprises sont présentes aussi dans les secteurs des mines et de l’hydraulique. Il est à noter que ces sociétés apportent beaucoup plus une technologie de pointe que les produits de consommation.
Je veux également souligner une caractéristique importante de l’industrie et du commerce extérieur de la Finlande qui est la production et l’exportation des biens d’investissement et des services. Nous sommes l’un des grands pays exportateurs de haute technologie. Les biens d’investissement sont un élément très important pour pouvoir réaliser une diversification de l’économie et établir une industrie nationale.
Nous dirons même que c’est incontournable d’avoir accès à ces biens et services. Aujourd’hui, la Finlande exporte 40% de son économie nationale. Notre pays prête également une très grande attention aux secteurs de l’environnement, la santé et particulièrement, les secteurs de l’énergie renouvelable et l’innovation industrielle.
Pour les entreprises finlandaises, le marché algérien est très intéressant et attractif. Le nouveau programme économique et le plan de diversification de l’économie algérienne mis en place offrent des opportunités pour intensifier les relations sur le plan économique et étendre la coopération algéro-finlandaise dans de nouveaux domaines.
Mais nous devons avouer qu’il y a des contraintes aussi dans le système administratif, bancaire et financier. Ces derniers doivent être prévisibles et transparents, chose qui est très importante pour les entreprises. En même temps, nous disons que ces contraintes ne sont pas spécifiques à l’Algérie, tous les pays les connaissent dans une forme ou autre et ce sont les entreprises qui sont disposées à s’adapter aux conditions du marché à base d’une analyse de risque.

Avez-vous d’autres projets de partenariat en vue ?

La stabilité, la situation géographique et les immenses ressources naturelles que possède l’Algérie sont des atouts et des éléments encourageants
pour investir dans le futur. Et comme la Finlande est membre de l’Union européenne, l’Accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne est un cadre juridique encourageant pour les relations entre les deux pays.
Dans ce contexte, une délégation du ministère de l’Industrie et des Mines algérienne a visité la Finlande en septembre dernier, cette visite a été effectuée dans le cadre d’un projet du programme de l’Union européenne et nous sommes très contents que la Finlande ait été choisie comme un des trois partenaires de l’Algérie dans le projet de jumelage qui concerne la stratégie d’innovation industrielle de l’Algérie. Et les visites des délégations de haut niveau suivi par les visites d’hommes d’affaires des deux pays sont également la meilleure manière pour promouvoir la coopération.

Quels sont les domaines économiques en Algérie susceptibles d’intéresser les entreprises finlandaises ?

Il y a déjà une coopération entre les universités en particulier l’université de Tampere et les universités d Alger, Tlemcen et le CRASC à Oran et nous
espérons étendre ce partenariat au domaine de la formation professionnelle. Nous avons plusieurs institutions finlandaises expérimentées dans ce domaine.
Les entreprises organisent, elles aussi, des formations comme la société SAMPO qui fabrique des moissonneuses batteuses à Sidi Bel-Abbès, celle-ci programme tout le temps des formations pour ses employés. L’Algérie a mis en place un plan de diversification de son économie et vous êtes une
nation à majorité jeune, cette jeunesse a besoin de travail et de formation et nous pouvons contribuer à cette dernière. Donc, la formation est une partie des projets réalisés ou à réaliser en Algérie, c’est en quelque sorte un service après-vente.
La coopération culturelle est également très importante pour renforcer les liens entre les deux pays et comme la musique est une langue universelle, elle ouvre les portes pour la coopération économique et commerciale et nous avons organisé des concerts de musique classique, folklorique et populaire avec la collaboration des partenaires algériens. Nous sommes heureux également qu’une troupe théâtrale de marionnettes finlandaise est
venue, pas moins de trois fois en Algérie pour présenter au public algérois des oeuvres basées sur les livres de Mohammed Dib, il y a aussi un projet sur la suite nordique de Dib qui a vécu quelque temps en Finlande.

Quel regard portez-vous sur les enjeux des relations et quelles sont vos priorités ?

Nous voulons surtout intensifier la coopération économique et faire venir encore plus d’entreprises finlandaises et étendre le partenariat dans les nouveaux secteurs, notamment dans les domaines de la mécanisation agricole, des énergies renouvelables, de la gestion des déchets et des ressources en eau.
Nous souhaitons aussi intensifier la coopération dans les secteurs du bois, des forêts et des céréales.

Des projets dans le domaine du tourisme ?

Dans le secteur touristique, les Finlandais n’ont pas beaucoup d’informations sur l’Algérie, je veux dire par là que l’un ne connait pas l’autre en termes d’opportunités. Quant aux Algériens qui visitent la Finlande, ce sont des gens dans le domaine des affaires ou des Algériens qui rendent visite à leurs familles ou amis. Récemment, nous avons vu des programmes des différentes régions algériennes, chose que nous voulons voir sur les télévisions finlandaises pour faire connaître le patrimoine riche, la nature, les traditions artisanales, le littoral, les montagnes et le Sahara que possède l’Algérie et qui intéresseraient les Finlandais. Beaucoup d’hommes d’affaires finlandais et d’autres invités, qui ont visité l’Algérie, l’ont beaucoup aimée et disent qu’ils reviendraient.
Nous voyons quand même des possibilités pour l’écotourisme, en particulier au Sahara. Les Finlandais visitent la Turquie, l’Egypte, le Maroc, la Tunisie et l’Espagne, pourquoi pas l’Algérie ?
Nous sommes convaincus qu’une fois les Finlandais informés sur le pays, ils viendront le visiter.

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