NOUVELLE LOI SUR LA SANTÉ LES GRANDES LIGNES D’UNE LOI RÉVOLUTIONNAIRE

NOUVELLE LOI SUR LA SANTÉ LES GRANDES LIGNES D’UNE LOI RÉVOLUTIONNAIRE

Elaboré à l’ère de le’ x-ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, le projet de la loi sur la santé, gelé auparavant par al’ncien gouvernement a, finalement, été sorti des tiroirs et déposé au niveau de Al’ ssemblée populaire nationale pour être discuté, enrichi et adopté.
Par Fares Mouffok

Discret et efficace, l’actuel ministre de la Santé, Mokhtar Hazbellaoui, a pris l’ensemble des acteurs de son secteur de court par cette initiative inattendue de sa part, surtout que le premier responsable du secteur a omis de consulter les partenaires sociaux dont la majorité se sont opposés ultérieurement à ce projet de loi. Cependant, pour apaiser les tensions, c’est la commission chargée de la santé, des affaires sociales et du travail de l’APN qui a ouvert le débat avec les représentants des différents secteurs de la santé et a récolté leurs revendications et propositions relatives à cette loi très controversée.

La réorganisation du système de santé au menu

Prévoyant plus de 450 dispositions, cette loi envisage une refonte en profondeur de notre système de santé qui a montré ses limites. Une sorte d’aveu d’échec de nos responsables sur la gestion d’un secteur vital, longtemps délaissé au point d’être ce qu’il est aujourd’hui, une réelle catastrophe aux yeux de citoyens qui ne savent plus à quel saint se vouer.
Pire encore, la dégradation de notre système de santé a laissé le champ libre à certains prédateurs qui n’hésitent pas à monnayer la santé du
patient. N’ayant pas trop le choix, les Algériens sont nombreux, aujourd’hui, à bouder nos hôpitaux et opter pour le secteur privé et cela même pour la plus banale des interventions. Un manque de confiance envers nos structures hospitalières qui sera difficile à combler pour les responsables.
Cependant, la loi sur la santé a pour qualité d’avoir de grandes ambitions pour le secteur et cela, à travers «l’organisation du système national de
santé qui sera basée comme le dispose l’article 242 de ce projet de loi sur «les principes d’universalité, d’égalité d’accès aux soins, de solidarité, d’équité et de continuité des prestations de santé». Il est prévu aussi d’élargir les prérogatives du premier responsable de la santé qui sera chargé de tout ce qui a trait à la santé : «Les attributions et les missions du ministère de la Santé et les fonctions du ministre de la Santé portent sur tous les
domaines de compétence du gouvernement, liés à la promotion, l’amélioration, la protection, l’évaluation, la surveillance, au maintien et au rétablissement de la santé de la population», comme le dispose l’article 10. Mais ce qui va sans doute bouleverser le secteur et les habitudes des patients, c’est sans doute la réorganisation du système de santé prévue par la nouvelle loi et réfléchie de sorte à ce que le nombre de structures hospitalières puisse répondre à celui des patients.
En effet, d’après le texte de loi, il faudra s’attendre à une véritable optimisation des structures sanitaires qui se verront confier des tâches plus importantes et abriteront aussi des médecins spécialistes.
Quant à la carte sanitaire regroupant l’ensemble des infrastructures hospitalières publiques ou privées, elle sera renouvelée chaque 5 ans.
S’agissant de la gratuité des soins, le ministre du secteur a affirmé récemment qu’il s’agissait d’un «acquis» pour les citoyens algériens, en précisant que la rationalisation des dépenses, quant à elle, est plus que nécessaire.

La grogne des partenaires sociaux

Loin d’être enthousiastes visà-vis de l’adoption de la loi sur la santé, de nombreux syndicats du secteur se sont dits mécontents du contenu du texte de loi, surtout pour ce qui concerne le maintien du service civil pour les médecins spécialistes. «Au lieu d’obliger les jeunes diplômés en médecine de procéder à un service civil de pas moins de 5 ans dans les zones enclavées, il faudrait penser à mettre en place des mesures incitatives
pour encourager les médecins à s’installer dans ces régions défavorisées», a préconisé Noufel Chibane, secrétaire général du Syndicat national
des praticiens spécialistes (SNPSP) de la santé publique.
Le syndicaliste, qui a affirmé que de nombreuses propositions du SNPSP ont été refusées, a aussi appelé à la création d’un haut conseil de la santé, un organisme autonome qui se chargera des grandes questions et réformes liées au secteur. Rappelons que le maintien du service civil pour les médecins avait déclenché la colère des médecins résidents qui avaient organisé un large mouvement de grève.

Les pharmaciens saluent une loi moderne

De leur côté, les pharmaciens se sont dits plus ou moins satisfaits de ce projet qui leur permettra en plus de vendre des médicaments, d’assurer
des services liés à la santé.
En effet, si beaucoup d’entre nous l’ignorent, le pharmacien d’officine est tout à fait en mesure de faire des analyses médicales de base. «Même
si la loi nous y autorise, cela nous a été interdit durant des années. Avec cette loi, le pharmacien sera à nouveau en mesure d’offrir ce genre de
service à ses clients surtout dans les zones défavorisées», fait savoir Messaoud Belambri,
président du Syndicat national algérien des pharmaciens d’officines. Autre point fort salué par les pharmaciens, l’engagement de l’Etat à veiller sur la disponibilité des médicaments. C’est ce que dispose l’article 369 qui insiste sur la disponibilité des produits pharmaceutiques.
«L’Etat veille à leur disponibilité en tout temps et en tout lieu du territoire national». Autre nouvel acquis, l’élaboration du statut du pharmacien assistant qui a été longuement revendiqué par les étudiants en pharmacie.
La loi sur la santé a été présentée à l’APN le 8 novembre dernier. De nombreuses séances de consultation ont eu lieu entre la commission chargée de la santé et les partenaires sociaux. Cette loi devrait être adoptée très prochainement, et dans le cas où des changements ne lui sont pas apportés, elle
provoquera sans doute un grand chamboulement dans la gestion d’un secteur très malade.

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