REPRENDRE UNE ENTREPRISE EN DIFFICULTÉ UN PARCOURS À HAUTS RISQUES

REPRENDRE UNE ENTREPRISE EN DIFFICULTÉ UN PARCOURS À HAUTS RISQUES

Devenir propriétaire d’une entreprise peut se faire de deux manières différentes, en la créant de toutes pièces ou en reprenant une société déjà existante, mais souvent en difficulté financière. Le concept de rachat ou de création présente des inconvénients et des avantages. Faut-il mieux donc créer ou reprendre une entreprise ?
Par Nassima Bensalem

Les avis sont différents, certains préfèrent carrément créer leur propre société alors que d’autres sont toujours à la recherche d’une opportunité d’acquisition d’une entreprise publique ou privée. Pour reprendre une entreprise en difficulté et poursuivre son activité, il y a deux périodes propices, en amont du dépôt de bilan, et au stade du redressement judiciaire.
Si le rachat d’une entreprise en difficulté peut paraître une bonne affaire en raison de son prix souvent très attractif, il est impératif de savoir que sa reprise demande un investissement important. Dans la quasi-totalité des cas, le nouveau propriétaire doit injecter de l’argent et ses fonds nécessaires devront être disponibles, car le plus souvent, les banques n’accordent pas de crédit pour reprendre une société en difficulté.
A ce propos, maître Hind Benmiloud confirme que «le rachat d’une entreprise peut ne pas présenter d’intérêt pour le banquier qui peut être intéressé
plutôt par une jeune startup innovante».

Un audit est primordial avant tout rachat

L’acquéreur se trouve dans une situation embarrassante, il est confronté à d’innombrables encombres, car une entreprise en difficulté va toujours plus mal qu’on ne le croit. Pour garder la structure en activité, les anciens dirigeants ont dû jouer toutes les cartes ; ils ont donc, à titre d’exemple, retardé le paiement des fournisseurs, ils n’ont pas payé certaines dettes fiscales et sociales, etc. Le nouveau propriétaire devra aussi sauver la notoriété de la marque, car les anciens propriétaires ont dû prendre des mesures d’économies nuisibles à la qualité de la production.
Le racheteur de l’entreprise en difficulté est confronté surtout à un sérieux problème, à savoir un personnel démotivé, qu’il faut remotiver, précise Ahmed Melzi, propriétaire de l’usine Vitajus, depuis 2015. Avant toute reprise d’une entreprise, maître Benmiloud recommande de procéder à un audit financier et juridique de l’entreprise. Réaliser un audit complet avec l’aide d’experts chevronnés, permet d’avoir une idée réelle de l’étendue des dégâts de l’entreprise à racheter. En somme, acquérir une entité en difficulté, «c’est vivre à un rythme effréné pendant plusieurs mois suivant la reprise», estime M. Melzi, qui a racheté l’entreprise Vitajus, il y a un peu plus de deux ans.

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