SOUTENUS PAR DES PAYS OPEP ET DES PAYS NON-OPEP, LES PRIX DU PÉTROLE REPRENNENT DE LA VIGUEUR

SOUTENUS PAR DES PAYS OPEP ET DES PAYS NON-OPEP, LES PRIX DU PÉTROLE REPRENNENT DE LA VIGUEUR

Les prix du pétrole oscillent ces derniers temps dans une fourchette comprise entre 57 dollars le baril pour le light Cruze et 63 dollars pour le Brent. Cela est en grande partie le fruit d’un accord passé, fin novembre dernier, entre des pays de l’Opep et de leurs partenaires, dont la Russie, portant sur une prorogation de leurs quotas de production (une baisse de 1,8 million de barils par jour) jusqu’à fin 2018.
Par Younes Djoudi

L’Arabie saoudite et la fédération de Russie ont joué un important rôle dans la conclusion de l’accord. Quant à l’Iran, une voix qui compte sur la scène énergétique internationale, il ne s’est pas opposé à l’accord, se montrant plutôt coopératif.
Très attaché à son implication dans la stabilité des marchés, la Russe s’est alignée sur la position de l’Arabie saoudite, le premier exportateur mondial de pétrole. Moscou et Riyad se sont rapprochés ces derniers mois, malgré leurs divergences sur le conflit syrien. Le roi Salmane
d’Arabie saoudite s’est rendu en octobre dernier à Moscou, une première, où d’importants accords militaires et économiques ont été scellés. Il reste cependant nécessaire de trouver la manière de pérenniser un tel accord pour que la tendance haussière des cours de l’or noir se maintienne dans la
durée. L’accord pourrait être revu à la prochaine réunion entre pays membres de l’Opep et des pays qui n’en sont pas membres, prévues en juin 2018. Ce rendez-vous nous donnera l’occasion (…) d’évaluer l’état du marché et de voir s’il reste des choses à faire pour rééquilibrer l’offre et la demande, avait déclaré le ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak, en novembre dernier. Le ministre de l‘Energie saoudien Khalid al-Falih, estimait, lui, que parler d’un arrêt de l’encadrement de la production serait prématuré pendant encore quelques trimestres. Un point sur la situation sera fait lors de la prochaine réunion de l’organisation pétrolière, en juin, avait-il déclaré.

Russes et Saoudiens sur la même longueur d’onde

Lorsque nous sortirons de l’accord, nous le ferons très progressivement (…) pour être sûrs de ne pas perturber le marché, avait souligné le ministre saoudien. Très optimistes sur les perspectives d’avenir, Russes et Saoudiens entrevoient une possibilité d’un rééquilibrage des marchés pétroliers en 2018, avec des prix relativement acceptables, autour de 60 dollars en moyenne. L’Opep ainsi que les producteurs qui lui sont extérieurs doivent toutefois compter avec le schiste américain, une équation difficile à résoudre.
La production américaine de pétrole et de gaz de schiste, reprend de la vigueur, faisant peser une réelle menace sur l’effort de l’Opep. Cette dernière aura encore fort à faire avec ce casse-tête particulièrement ardu, surtout que le président des Etats-Unis, Donald Trump, a promis de soutenir davantage les entreprises opérant dans le non conventionnel. Le temps est donc, à l’euphorie dans de grands sites où se développent les industries
schisteuses, parce que nombre de puits fermés ou en arrêt provisoire, pour une raison de rentabilité ou de coûts élevés, ont été de nouveau rouverts.
Ainsi, le schiste est en train de prendre sa revanche, après des difficultés en 2015 et sur une bonne partie de l’année 2016. Depuis novembre 2016, le baril du brut, relancé par l’Opep, évolue dans une bande fluctuante comprise en 45 et 57 dollars à New York (cours du pétrole brut lourd américain), alors qu’il était tombé jusqu’à 26 dollars en février 2016. Evidemment, cela joue en faveur du pétrole de schiste, qui représente plus de la moitié des extractions américaines et tire toute la production dans ce pays.

Le schiste américain, l’autre défi

Aujourd’hui, les cycles sont plus courts, car il ne faut qu’un mois pour forer et mettre en service un puits.
Donc, si les prix bougent dans un sens ou dans l’autre le secteur peut être très réactif pour y répondre, estiment des experts qui expliquent que le secteur pétrolier aux Etats-Unis est composé d’une multitude de compagnies, forant des puits de taille modeste, ce qui rend la production de pétrole de schiste plus souple que les grands projets en pleine mer (off-shore), dont le développement prend plusieurs années.
Des spécialistes pétroliers interrogés par l’agence AFP, relèvent que depuis un coup de mou en 2016, la production américaine totale a déjà repris
plus de 850’000 barils par jour (bj) pour atteindre 9,305 millions de barils par jour à la mi-mai 2017. Et que le record de 9,604 millions de barils par
jour en plein boom du pétrole de schiste, semble désormais à portée de main. Ils ajoutent que le secteur du schiste américain s’est profondément
transformé pendant sa traversée du désert à la suite de la dégringolade des cours du brut. Face à une demande alors faible, les opérateurs ont drastiquement réduit leurs coûts et la productivité a augmenté, rendant l’exploitation de certaines réserves de nouveau rentable. Dans son rapport mensuel publié début décembre, l’AIE note que la progression prévue du schiste américain «menace l’équilibre en 2018» et «enraye ainsi les efforts de l’Opep et de ses alliés pour continuer à contenir l’offre jusqu’à la fin de l’an prochain». En fait, l’appréciation des marchés et de l’impact du schiste peut
être très différente, selon que l’on se place du point de vue de l’AIE ou de celui de l’Opep.

Algérie : la production sur une bonne pente

Pour l’AIE, le marché mondial du pétrole devrait afficher un excédent au premier semestre 2018, en raison de la hausse de la production américaine,
et en dépit de l’accord de reconduction de la réduction de l’offre de l’Opep et de ses alliés. L’Opep s’attend au contraire à ce que le marché pétrolier parvienne à l’équilibre d’ici la fin 2018, grâce à l’extension, jusqu’à la fin de l’année prochaine, de son accord d’encadrement de la production, en dépit de la hausse des extractions aux Etats-Unis en particulier.
L’Opep estime, également, que l’accord signé le 30 novembre dernier, en faveur d’une reconduction des coupes de production «devrait conduire à une nouvelle réduction des excédents des stocks mondiaux et déboucher sur un marché équilibré d’ici la fin de l’année». Et l’Algérie dans tout cela ? Evidemment, un rééquilibrage des marchés en 2018 et une remontée des cours de l’or noir, le pays en tirera profit. 2018 s’annonce ainsi prometteuse d’autant plus que la production des hydrocarbures en Algérie devrait augmenter de 6,5%, un taux appréciable dans un secteur plombé, depuis trois ans, par la chute des prix du brut. La production devait chuter en 2017 de 2,7%. L’Office national des statistiques (ONS), dans sa dernière publication (décembre ) sur l’indice de la production industrielle durant le 3e trimestre 2017, a souligné que le secteur de l’énergie observe une hausse remarquable de 10,5% au 3e trimestre 2017 par rapport à la même période de 2016 où il avait affiché́ une baisse de 1,5%. Le gouvernement s’attend à ce que les revenus provenant des exportations du pétrole et du gaz atteignent 33,6 milliards de dollars en 2018, contre 32,3 milliards de dollars en 2017. En 2016, les bénéfices énergétiques ont été de 27,7 milliards de dollars.

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