AMINE ABAOUB, COGÉRANT DE L’ENTREPRISE DIGITALE OVERGEN «L’Etat devrait revoir sa stratégie concernant l’économie numérique»

AMINE ABAOUB, COGÉRANT DE L’ENTREPRISE DIGITALE OVERGEN «L’Etat devrait revoir sa stratégie concernant l’économie numérique»

Rencontré lors de la 25e édition du Med-IT El Djazair, Salon international consacré aux TIC, Amine Abaoub est un jeune qui
ne passe pas inaperçu de par son enthousiasme et sa passion pour le domaine digita l. C’est avec des yeux qui pétillent qu’il nous parle de son expérience avec la boîte de communication Dig itale Overgen qu’il dirige aux côtés de son ancien camarade d’université.
Entretien réalisé par Fares Mouffok

Rencontré lors de la 25e édition du Med-IT El Djazair, Salon international consacré aux TIC, Amine Abaoub est un jeune qui
ne passe pas inaperçu de par son enthousiasme et sa passion pour le domaine digita l. C’est avec des yeux qui pétillent qu’il nous parle de son expérience avec la boîte de communication Dig itale Overgen qu’il dirige aux côtés de son ancien camarade d’université.
Entretien réalisé par Fares Mouffok

Vous êtes co-gérant d’Overgen, agence de communication digitale. Pouvez-vous nous parler de vos débuts et pourquoi avoir opté pour ce secteur ?

Je suis co-fondateur d’Overgen, une jeune startup spécialisée dans le développement et la communication à travers du contenu web et mobile, elle est sise au cyber parc de Sidi Abdallah. Etant moi et mon associé, Anis Hadjari, de formation technique (ingénieurs en informatique) et passionnés
des nouvelles technologies, le choix du secteur était vite fait.
Durant notre dernière année d’étude à l’université Houari-Boumediene, nous avons eu la chance de visiter le technobridge de Sidi Abdellah où
nous avons pu voir des jeunes comme nous qui se sont lancés dans l’entreprenariat, c’est de là que nous avons décidé de prendre ce chemin  passionnant et en même temps dangereux. Nous avons envoyé notre candidature pour intégrer l’incubateur de Sidi Abdallah et nous avions été acceptés, c’est de là qu’Overgen est née.

Est-ce difficile de se lancer dans le domaine des Tic ?

Je pense que le problème de la bureaucratie et du financement se pose pour tous les entrepreneurs pas seulement ceux des TIC, cependant, cet écosystème est tellement en constante évolution que la lourdeur administrative devient une sérieuse barrière pour les entrepreneurs du secteur.
Concernant les différents dispositifs de financement en Algérie, tels que l’Ansej, l’Angem ou même les banques, ils ne financent pas la matière grise
(fond de roulement), alors que dans le secteur numérique, c’est le besoin principal pour se lancer, et sans une bonne équipe pour développer les différents projets, l’entreprise ne survivra pas longtemps.

Selon vous, est-ce un domaine où l’on peut faire carrière en Algérie ?

Oui, je pense qu’il est tout à fait possible de faire de belles choses dans ce secteur encore vierge chez nous. Il suffit de persévérer et ne pas baisser les bras devant les différents obstacles que les agences digitales rencontrent.

Vous avez pris part au MED-IT Algérie, quels sont les produits que vous avez présentés ?

C’était notre première participation à ce Salon, nous avons exposé notre produit phare «eGates» qui est une solution de collecte, suivi et analyse de données, destinées aux entreprises qui ont des agents sur le terrain. Nous avons aussi exposé notre jeu Wordcup qui est un jeu de mots éducatif sur mobile, et qui est lauréat de la catégorie Jeux vidéo du concours Fikra 2015 de Djezzy.

Que représente ce Salon pour une agence comme la votre ?

Ce genre de Salon constitue une vraie opportunité pour nous et pour toutes les entreprises du secteur, il nous permet d’exposer nos produits, de prospecter de nouveaux clients et d’éventuels partenaires. C’est en quelque sorte un outil de veille, aussi, en nous donnant la possibilité de voir ce qui se fait sur le marché algérien et d’avoir une vision sur les autres entreprises du secteur.

Nous avons constaté que les agences algériennes souffrent de la concurrence étrangère ? Confirmez-vous cela ? Si c’est le cas, à quoi cela est dû ?

Oui, il y a de la concurrence et c’est tout à fait normal, il faut se démarquer pour survivre, ils ont peut-être plus d’expériences, mais nous avons plus d’envie, maintenant ce qu’il faut est que l’Etat fasse confiance aux entreprises algériennes. Il y a aussi le souci d’exportation de services, car il est quasi impossible pour une entreprise algérienne de réaliser cette démarche ou de vouloir monétiser ses produits en ligne. Malheureusement, l’Algérie n’a pas encore compris l’enjeu, celui de s’ouvrir sur le marché mondial.

Quelles sont les solutions que vous préconisez pour soutenir les boîtes locales et leur donner un coup de pouce ?

Je pense que l’Etat devrait revoir sa stratégie concernant l’économie numérique et de s’adapter à ce domaine qui diffère un peu par son activité,
en investissant et soutenant les infrastructures telles que les incubateurs. Il faut penser aussi à alléger le côté administratif et revoir les formules de
financement dédiées à ce secteur. Il est temps que l’Algérie considère le potentiel du marché international et facilite l’exportation de services pour les entreprises algériennes. C’est ainsi que nous pourrons concurrencer les autres pays et hausser le niveau de la production dans ce domaine. Pour finir, j’espère que dans un futur proche, l’Algérie puisse appliquer le fameux slogan «Consommons algérien» dans les TIC.

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