15 EDITION DU MED-IT EL DJAZAÏR LES INNOVATIONS ALGÉRIENNES À L’HONNEUR

15 EDITION DU MED-IT EL DJAZAÏR LES INNOVATIONS ALGÉRIENNES À L’HONNEUR

Considéré comme l’événement de référence des technologies numériques en Algérie et réel tremplin de jeunes talents qui excellent en la matière, le Salon international des TIC Med-IT el Djazaïr, et après deux ans d’absence, a fait son comeback à Alger le 15 novembre dernier au Palais de la culture Moufdi-Zakaria. D’une durée de trois jours, l’événement placé sous le haut patronage du ministère de la Poste, des Télécommunications et du Numérique et organisé par la boîte de communication XCOM Agency, ce Salon a célébré cette année son 15e anniversaire sous le thème «La transformation digitale». Constituant une véritable vitrine
pour les jeunes startups locales et plate- forme d’échanges et de réflexion autour des TIC, cette édition a accueilli cette année 150 exposants dont 40% d’étrangers venus des cinq continents. Au menu de cette exposition, qui s’est voulu être grandiose, plus d’une trentaine de conférences ont été animées par des experts nationaux et internationaux, et ont porté sur de nombreux sujets relatifs
aux nouvelles technologies, à savoir la protection des données personnelles, les réglementations juridiques, le rôle du e-commerce
dans la croissance africaine et la digitalisation du recrutement.

Des nouveautés 100% made in Bladi

Secteur très porteur et en plein développement en Algérie, de nombreuses startups locales arrivent aujourd’hui à s’imposer comme de véritables références sur le marché grâce à des jeunes créatifs et ambitieux.
Malgré la concurrence locale, mais aussi étrangère, de nombreux acteurs des TIC n’hésitent pas à innover et se distinguer proposant aux entreprises algériennes un large choix en matière de services digitaux.
Présent au Met-IT el Djazair, la société Ayrade spécialisée dans l’hébergement web Ayrade a été l’une des premières à se lancer dans le domaine des TIC, il y a dix ans. Avec pas moins de 2000 clients nationaux et étrangers à son compte, la société peut se vanter aujourd’hui du travail accompli malgré les difficultés qui entravent le secteur. «Notre société offre des services d’hébergement web, ce qui inclut hébergement des données, sites web, messageries professionnelle et assure même la cybersécurité», a indiqué Yacine Zouakh, responsable commercial chez Ayrade. Pour répondre à la demande du marché, la jeune entreprise s’est récemment lancée dans la création d’applications mobiles dont une pour le compte de la société nationale des transports routiers ; elle est consacrée à la gestion des lignes ferroviaires.
Une seconde application a été développée par Ayrade, il s’agit de celle de Macir Vie assurance qui facilite le contact entre l’agence et le client. «Aujourd’hui, les sociétés algériennes doivent se mettre à la page, lorsque l’on possède un site web, avoir sa propre application mobile est impératif. L’Algérie a un énorme potentiel qu’il faut encourager, c’est pour cela qu’en plus de nos ingénieurs permanents, nous faisons parfois appel à des free
lance», souligne M. Zouakh. Autre entreprise innovante, Overgen une agence de communication digitale dont le cogérant, Amine Abaoub, est venu présenter son dernier produit et dénicher de potentiels clients. «Nous sommes une agence de développement, de création et de communication. Si nous sommes là, aujourd’hui, c’est pour faire la promotion de la e-gate qui est un logiciel de suivi et collecte d’analyses sur terrain. Grâce à notre produit, les délégués commerciaux communiqueront en temps réel à la base les données collectées. Il s’agit d’une solution modulable adressée à plusieurs secteurs dont celui des produits pharmaceutiques, marchandising et gestion commerciale», précise le jeune entrepreneur.
Concernant le développement des applications, notre interlocuteur affirme avoir reçu de nombreuses commandes d’entreprises algériennes qui veulent se mettre au digital, mais il semble préférer l’univers des jeux vidéos dans lequel Overgen excelle. «Nous sommes de réels passionnés de jeux vidéos ; c’est grâce à cela que nous avons décroché le prix Fikra 2015 avec le jeu Wordcup que nous avons développé chez nous. Le produit est en phase de finalisation et sera bientôt mis en ligne. Cela ressemble un peu au scrabble», tient-il à annoncer.
Quant à l’agence Netbeopen, c’est avec une immense fierté que ses responsables sont venus présenter leur dernière création : «Education center system management» qui est une sorte de plateforme numérique qui assiste les responsables des écoles et centres de formation.
«Il s’agit d’une plateforme web qui permet de gérer en interne les écoles de formation, cela englobe la facturation, le suivi et le planning. A notre grande surprise, c’est le secteur public qui a adhéré à notre solution en premier, reste à séduire les écoles privées et institutions de formation», note un jeune cadre de la société. Interrogé sur la demande du marché, notre interlocuteur s’est montré très confiant quant à la réussite de son produit. «Les institutions algériennes s’intéressent aux nouvelles technologies du moment qu’elles leur apportent quelque chose. Quant à nous, nous offrons plus de visibilité, de clarté vis-à-vis de ce qu’ils font», fait-il savoir.

Faible législation et concurrence étrangère

Interrogés sur les difficultés qu’ils rencontrent dans ce domaine au stade embryonnaire en Algérie, de nombreux entrepreneurs nationaux ont pointé du doigt la législation algérienne qui ne s’est jusque-là pas vraiment intéressée au secteur des TIC.
«Ce secteur est un domaine qui évolue très vite c’est pour cela qu’il faut suivre la cadence et se mettre constamment à jour pour pouvoir continuer à exister.
Cependant, de nombreuses failles constatées dans les textes de loi mettent en péril le secteur. C’est le cas du e-commerce qui peine à émerger en l’absence de lois qui régissent le secteur», déploré Yacine Zouakh, Ayrade. Un avis partagé par Amin Abaoub d’Overgen qui a souligné la difficulté
de s’imposer sur le marché avec la présence de grandes boîtes digitales étrangère. «C’est un secteur porteur, mais difficile surtout avec la présence sur terrain de concurrents étrangers vers lesquels les sociétés algériennes se dirigent les yeux fermés, alors que les startups locales ont un réel potentiel et proposent des produits haut de gamme avec des prix moins chers. Ce qui serait bien, c’est de faciliter l’export de nos services en matière de TIC vers l’étranger pour permettre aux jeunes entreprises algériennes de se faire connaître, mais aussi redresser l’économie nationale en faisant rentrer des devises», explique-t-il.
Pour sa part, Mohamed Doumi, gérant d’Iradis, société spécialisée dans la transformation digitale, il déplore le fait que la loi algérienne ne joue pas en faveur des acteurs locaux des TIC. «L’idéal serait d’encourager l’exportation de nos produits et nos services vers l’étranger et contrôler la présence de concurrents étrangers chez nous. Il faut aussi que les gens croient en nous, car il y a un réel manque de confiance face à tout ce qui est local», tient à souligner le jeune patron.

Med-It El Djazaïr en chiffres

Le Med-IT en 15 ans :
30 000 m2 d’expositions et d’innovations.
1500 exposants représentant plus de 400 marques.
40% d’exposants étrangers en provenance de tous les continents.
52 000 visiteurs.
500 Conférences.
60 panels.
Le Med-IT en 2017 :
2000 m2 d’expositions et d’innovations.
150 exposants.
40% d’exposants étrangers en provenance de tous les continents.
5000 visiteurs.
30 conférences.
Prix du meilleur objet connecté Made in Bladi Lancé cette année par les organisateurs du Med-IT el Djazaïr, le prix du meilleur objet connecté made in Bladi récompensant la meilleure création digitale locale a été attribué au jeune Fellah Walid pour son projet de sac à dos connecté.
Quant à la seconde place, elle est revenue à Mehdi Brahimi pour son projet des bracelets connectés «Child protector» destinés aux jeunes enfants ; ils permettent aux parents de toujours garder un oeil sur leurs enfants grâce au système GPS

Les commentaires sont fermés.

Revenir en haut de la page