FORUM BANQUES/PME 77% DES PME CHERCHENT UN PARTENAIRE FINANCIER

FORUM BANQUES/PME 77% DES PME CHERCHENT UN PARTENAIRE FINANCIER

En dépit du développement des ser vices bancaires, beaucoup de Petites et moyennes entreprises (PME) éprouvent des difficultés de financements appropriés durant la phase de création et au cours de leur exploitation. Les entreprises travaillant dans les secteurs nouveaux, tels que l’économie numérique, le développement de la digitalisation et la conception de l ogiciels semblent se heurter à une incompréhension de leur business plan compte tenu de leur consistance immatérielle.
F. Benkhalfa

C’est ce qui ressort des interventions des conférenciers présents au Forum Banque et PME organisé par la CACI France et ses partenaires, le 26 novembre dernier. Cette rencontre a permis de réunir un ensemble de dirigeants d’entreprises, de banquiers, de consultants et d’avocats d’affaires autour de la réalité des PME en Algérie, de leur marché, des contraintes qu’elles rencontrent et des perspectives de leur expansion.
Il ressort des communications présentées et des riches débats entre les participants que 77% des PME cherchent un partenaire financier pour accompagner leur croissance. Dans ce contexte, les conférenciers ont relevé d’une part, l’insuffisance d’innovation et de réactivité des banques et d’autre part, un management financier insuffisant au niveau de la PME. Les deux univers, à savoir la banque d’une part, et l’entreprise d’autre part, ne sont pas arrivés à travailler en synergie ; c’est pourquoi certains intervenants ont insisté sur la qualité des politiques publiques devant créer un
système et un environnement d’affaires propice à la prise en charge des besoins financiers des PME.
«Faire appel à une banque pour une entreprise est incontournable. En phase de création, d’amorçage ou d’internationalisation, l’entreprise a besoin d’un partenaire fiable. La banque devient un interlocuteur privilégié», a souligné l’organisateur du forum. Il expliquera également que «le financement des PME est toujours une question cruciale. Le besoin de financement se heurte constamment, d’une part, à la capacité de l’entreprise à financer son propre développement, et d’autre part, au souci d’indépendance de l’entreprise. La capacité de financement de l’entreprise limite sa vitesse de croissance et le souci d’indépendance de l’entreprise peut être un facteur bloquant à son développement».
Selon toujours l’organisateur, «chaque PME qui cherche à maîtriser sa croissance ou gérer son développement est confronté à un souci majeur, celui du soutien financier. Cela est d’autant plus vrai pour les entreprises de taille intermédiaire». Enfin, «les PME ont des besoins différents
des grands groupes, que ce soit dans la gestion de trésorerie ou de capacité d’investissement. La Banque est le partenaire de confiance et répond à l’ensemble des problématiques des PME», conclut-il.

Le marché boursier, encore naissant en Algérie

Les participants ont relevé grâce à leurs débats, le niveau élevé d’exigence imposé par la réglementation pour accéder aux ressources financières via la bourse.
Certains considèrent que le financement bancaire demeurera encore pour longtemps la principale source de financement. Cependant, il conviendra, pour un conférencier, de recourir à une mobilisation de patrimoine et de fonds disponibles auprès de citoyens ou d’organismes, notamment, pour les
entreprises en création ayant des activités à forte valeur ajoutée, comme c’ est le cas du secteur des TIC.
Cette mobilisation peut être organisée au sein de cellules de mise en relation d’affaires et de partenariats que les Chambres de commerce et d’industrie peuvent abriter et animer. «Les ressources sont disponibles et ne sont pas suffisamment mobilisées, car le niveau de bancarisation de l’économie est encore faible», souligne le conférencier.
Pour Mme Wassila Mouzai, commissaire aux comptes a passé en revue la structure du tissu des petites et moyennes entreprises.
«Même si le taux de création est important, le taux de mortalité demeure encore préoccupant. Ce phénomène est dû aux contraintes de financement et de marchés (concurrence forte et parfois déloyale), mais aussi au manque de dispositions juridiques réglementant le fonctionnement d’une entreprise en difficulté», indique-t-elle. «A défaut de ce dispositif et de règles claires en matière de transmission et de cession d’entreprises, la PME en difficulté se trouve rapidement en situation de faillite», selon Mme Wassila. Afin d’y remédier à cette situation, des recommandations ont été
émises par cette dernière. Il s’agit d’aller vers le coaching et l’amélioration de la gouvernance, mettre en place des mécanismes juridiques d’anticipation des difficultés des PME, désigner un interlocuteur pour le recueil de leurs problèmes (médiateur), déclencher un audit, proposer un plan de redressement, impliquer des associations professionnelles, privilégier des modes amiables de règlement des différends et la spécialisation d’ un juge pour entreprises en difficulté.

Le difficile dialogue entre Banques et PME

Face à ces préoccupations, les banques participantes au forum ont présenté les instruments de financement qu’ils mettent à la disposition des PME et qu’ elles ne cessent de faire évoluer y compris pour les marchés émergents d’exportation. Mais elles ont souligné aussi les difficultés qu’elles continuent de rencontrer face à des dossiers de projets insuffisamment maturés ou à des niveaux d’autofinancement faible, ce qui met à la charge de la banque des risques surdimensionnés par rapport à la profitabilité des affaires.
En somme, le forum a permis de nouveau de faire ressortir le dialogue difficile entre les banques et les PME devant la diversité des besoins et le nombre important d’entreprises en phase de création ou de démarrage.
Cependant, les mesures prises par les autorités publiques ne semblent pas couvrir le fossé existant entre ces deux acteurs, le chemin à parcourir reste encore long pour satisfaire un tissu d’entreprise en évolution constante face à un marché bancaire et financier manquant de réactivité.

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