NAZIM OULD LAMARA, GÉRANT DE L’HÔTEL LAMARAZ «L’Algérie offre d’excellentes conditions en termes d’investissements touristiques»

NAZIM OULD LAMARA, GÉRANT DE L’HÔTEL LAMARAZ «L’Algérie offre d’excellentes conditions en termes d’investissements touristiques»

Le domaine de l’hôtellerie en Algérie est, aujourd’hui, en plein développement. Un secteur dynamique et prometteur. Les facilitations accordées par les pouvoirs publics aux investisseurs dans ce secteur ont encouragé beaucoup d’hommes da’ffaires algériens à investir dans l’hôtellerie .
Nazim Ould Lamara est l’un de ces investisseurs qui vient do’ uvrir les portes de son hôtel Lamaraz. Ce promoteur privé est un jeune entrepreneur motivé, ayant le sens des affaires, engagé dans un business concurrentiel et qui exige un professionnalisme pointu. Fruit de l’école algérienne, ce jeune entrepreneur allie technicité, niveau scientifique et esprit de’ ntreprise. Il fait partie de cette élite algérienne qui a suivi en même temps une formation technologique d’ingénieur et de manager. M. Nazim Ould Lamara, diplômé de l’Ecole nationale polytechnique d’El Harach et l’Ecole supérieure de commerce d’Alger, représente bien cette nouvelle génération de businessmen qui optimise les ressources personnelles
et les avantages offerts par l’Etat pour lancer et faire exploiter une chaine d’hôtellerie qui fait de son entreprise une affaire florissante. Dans cet entretien, il nous livre son parcours, sa démarche d’entreprise, ses motifs de satisfaction, ses contraintes et les avancées professionnelles qu’il a accomplies
Entretien réalisé par F. Benkhalfa

L’hôtel est aujourd’hui en exploitation, il s’agit d’une oeuvre respectable et imposante. Parlez-nous de ce projet ?

Avant de vous parler de l’hôtel, je voudrais
tout d’abord, vous présenter mon parcours.
J’ai commencé mes débuts dans le domaine
des services, ensuite dans la restauration,
le catering et l’avitaillement en passant
par la téléphonie mobile. J’ai représenté
plusieurs marques de téléphone des plus
prestigieuses à savoir, Sumsung, Nokia et
LG. Aujourd’hui, il est tout à fait naturel de
réinjecter les profits générés par toutes ces
activités au profit d’une activité diversifiée
et profitable dans le sillage de la dynamique
économique tracée par le gouvernement
dans le but justement de se substituer à la
rente pétrolière. Quelque part, ma minime
contribution va dans ce sens. Donc, c’est
une suite à toutes les activités et au profit
généré justement par ce différent business.
Il fallait réinjecter et investir dans ce secteur
et réaliser quelque chose dans notre pays qui
nous a tant donné.
Dans le cadre de mes engagements avec mes
partenaires à l’international, j’ai beaucoup
voyagé, donc, je suis un consommateur
d’hôtels dans le monde. En quelque sorte,
je suis «globe trotter». Il est vrai que quand
vous voyez le service et l’hôtellerie dans le
monde, on se pose tous la même question :
pourquoi pas chez nous ? Aujourd’hui,
l’Algérie abrite beaucoup de manifestations
donc, des étrangers qui viennent pour des
projets d’investissement, de partenariat,
nouer des relations d’affaires ou simplement
en touristes et nous avons ressenti une
insuffisance des capacités d’hébergement.

Il nous est arrivé d’inviter des étrangers
qui n’ont pas trouvé où loger et quand ils
trouvent l’hébergement, le service ne suit
pas souvent. En tant qu’investisseur, j’ai
considéré qu’il était utile d’investir dans ce
secteur surtout avec toutes les facilités et les
avantages qu’offre le gouvernement depuis
que l’Algérie a décidé de promouvoir le
secteur du tourisme. Les pouvoirs publics ont
donné toutes les facilités d’encouragement de
financement fiscal et parafiscal. Il n’y a pas
de miracle, un investisseur se projette là où il
y a plus d’avantages et d’assurances.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre établissement hôtelier ?

L’hôtel est situé à Kouba à Alger, composé
de huit étages, d’une capacité de 140 lits,
comportant des chambres et des suites,
plusieurs salles de conférences, un SPA à la
dimension de l’hôtel, deux restaurants avec
une vue panoramique sur le paysage d’Alger,
un café, un parking d’une grande capacité,
une piscine et un jacuzzi. L’établissement
a été inauguré par le ministre du Tourisme
et le wali d’Alger le 12 septembre 2017. Il
a été réalisé en 23 mois, un temps record
entre la première pioche, la remise de clé et
l’inauguration. On est allé dans les détails.
L’hôtel répond à toutes les exigences de
confort, y compris, bien sûr, les normes de
sécurité et d’hygiène.

Pourquoi avez-vous choisi d’investir à Alger et non pas dans une autre ville ?

Nous avons d’autres projets dans d’autres
villes du pays, on en reparlera une fois
réalisés. Mais Alger reste une destination
et un point d’éclatement, c’est un
passage obligé de par ses infrastructures
aéroportuaires. Effectivement, s’il y a
aujourd’hui plus d’investissements dans la
wilaya d’Alger, il est quelque part logique. A
travers ces hôtels réalisés dans la capitale,
nous sommes un point d’éclatement pour
toutes ses destinations qu’il va falloir
développer.

A votre avis, pourquoi le secteur touristique n’a pas connu le développement souhaité ?

D’abord, c’est un pari sur l’avenir que de
s’engager dans ce secteur qui a toujours été
la chasse gardée de certains pays limitrophes.
L’Algérie a négligé bon gré mal gré le secteur
du tourisme. Nous avons beaucoup dit sur
cette négligence, mais dans la vie, nous
n’avons pas tout le temps le choix. Avec
tout ce qu’ont subi l’Algérie et son peuple
pendant la décennie noire, nous ne pouvions
pas décider d’une politique touristique et
d’investir dans ce secteur, nous avions
d’autres priorités. Du moins, c’est ce que moi
et la majorité pensons.

A votre avis, comment ce secteur peut-il s’étendre à d’autres filières et activités ?

Aujourd’hui, il n y a aucune raison pour ne
pas y croire et j’irai même plus loin, c’est
un challenge qui n’ est pas impossible et
que l’Algérie de par son histoire a toujours
étonné par ses entreprises, ses initiatives,
ses réalisations et ses décisions. Le secteur
du tourisme est très prometteur et l’Algérie,
en tant que destination touristique, peut
offrir à la carte des circuits pouvant aller
jusqu’à deux mois. Cela veut dire qu’il faut
au moins deux mois pour visiter les sites
touristiques archéologiques, historiques.
C’est dire la densité et la diversité de l’offre
touristique algérienne face à ces concurrents.
A titre d’exemple, rien qu’à Alger nous avons
beaucoup d’endroits historiques que les
Algériens ne connaissent pas. Parfois, un
étranger connait mieux la capitale que ses
habitants. Nous avons d’énormes potentialités
touristiques que nous pouvons développer. On
citera le tourisme balnéaire, culturel, culinaire,
ainsi que le tourisme de montagne et les
sports d’hiver. A propos du culinaire, nous
avons une grande richesse, l’une des cuisines
les plus variées du bassin méditerranéen, voire
du monde ; nos plats diffèrent d’une wilaya à
une autre.

Comment voyez-vous ce secteur dans les années à venir ?

L’Algérie est un pays continent. Avec
l’aéroport international qui s’ouvre dans
une année, avec tout le réseau routier,
ferroviaire, maritime et aéroportuaire qui
est en train de se développer, le métro, le
tramway, le train,… je pense que l’Algérie a
de bonnes années devant elle dans le secteur
touristique. Cependant, il va falloir investir
dans plusieurs types d’infrastructures, pas
seulement hôtelières, mais également dans
la restauration, les circuits touristiques, les
voyages organisés et les sorties guidées. Ce
sont là des filières à développer. Aujourd’hui,
la nouvelle formule maison d’hôte est très
demandée. Je vous cite l’exemple d’un groupe
de personnes de la wilaya de Bechar qui ont
réalisé un village touristique appelé «Tarhout»,
un lieu typiquement béchari. C’est une sorte
d’oasis composée de maisons d’hôtes qui fait
découvrir aux étrangers la ville, ses traditions
et coutumes, ses plats et la vie de ses
habitants. Je les encourage. Ce sont des idées
comme celles-ci qu’il s’agit de développer.

Vous souhaiteriez conclure…

On aimerait bien en tant qu’investisseur privé qu’on mette à notre disposition quelques supports qui nous permettent de promouvoir
le tourisme, comme cela se fait dans certains pays voisins où les hôtels reçoivent de la documentation, des guides et brochures d’informations. Nous recevons beaucoup de clients étrangers qui ne savent pas quoi visiter à Alger, par exemple. On aurait aimé avoir quelques supports pour les orienter vers des sites historiques et archéologiques à visiter et qui sont déjà choisis. Ce n’est pas notre métier d’aller faire la recherche. Il y a des organismes
d’Etat chargés de faire la promotion de ses endroits et de confectionner ces supports annuels ou mensuels qui seront distribués aux établissements hôteliers. Ces organismes le font sûrement pour les établissements étatiques, il faudrait le faire aussi pour le privé. Enfin, l’avenir de l’Algérie réside dans sa capacité à maitriser tous ses atouts et optimiser ses richesses hors hydrocarbures, à l’instar du touristique, l’agriculture, l’industrie et enfin, les services.

Les commentaires sont fermés.

Revenir en haut de la page