TAYEB AISSIOU P-DG WASLY INDUSTRIE «Nous sommes leaders dans la production du chocolat»

TAYEB AISSIOU P-DG WASLY INDUSTRIE «Nous sommes leaders dans la production du chocolat»

C’est dans son usine, située à Ouled-Fayet, que Tayeb Aissiou nous a reçu. Un entretien passionnant !
Interview réalisée par Nesma Aghiles

Qu’est-ce qui vous a poussé
à investir dans l’industrie
du chocolat ?
Avant, je vivais en France
jusqu’à 2012 où j’ai décidé de
devenir commerçant, dans l’est
de la France. J’ai commencé
par l’exportation du chocolat
de la France vers l’Algérie.
En 2015, j’ai décidé de créer
la société Wasly Industrie,
spécialisée dans la production
du chocolat et biscuits. Dans
un premier temps, nous
avons commencé par la
distribution avant de passer,
dans une deuxième étape, à la
production.
Le marché des chocolats
n’est-il pas saturé ?
Absolument pas. Nous ne
sommes que deux producteurs
sur le terrain. A ce jour,
nous sommes les leaders du
marché. Dans notre pays, il
n’y a que deux industriels qui
s’intéressent au segment de la
chocolaterie fourrée. Nous nous
réjouissons que nos produits
soient très bien accueillis par
les consommateurs qui nous
placent dans la première loge
en ce qui concerne la qualité.
Nous sommes, les seuls sur le
marché à avoir fait du chocolat
pur, à travers notamment
Wasly Création. La qualité de
nos produits plaide donc pour
nous. Surtout que nous avons
pris ce qui se fait de meilleur
ailleurs pour le reproduire chez
nous.
Beaucoup d’investisseurs
se plaignent des difficultés
d’investissements. Avezvous
rencontré des écueils ?
Honnêtement, l’administration
est, certes, lourde. Mais dans
l’ensemble, nous n’avons pas
vraiment à nous plaindre.
Comme beaucoup
d’industriels algériens,
vous devez compter sur
l’importation des matières
premières. Quelle valeur
ajoutée apportez-vous ?
Nous sommes dans un secteur
où 70% des produits qui se
trouvent sur le marché sont
importés. Nous commençons,
avec nos produits, à diminuer
la facture d’importation et
nous nous permettons même
d’exporter vers des pays
comme la Pologne ou la Libye.
Mais vous importez,
quand même, la matière
première…
Il n’y a malheureusement
aucune usine en Algérie qui
produit du lait en poudre ou
du cacao. Nous sommes donc
obligés d’importer de Suisse,
de Côte d’Ivoire ou du Ghana.

Mais vous importez,
quand même, la matière
première…
Il n’y a malheureusement
aucune usine en Algérie qui
produit du lait en poudre ou
du cacao. Nous sommes donc
obligés d’importer de Suisse,
de Côte d’Ivoire ou du Ghana.
Vous venez de dire
que vous exportez une
partie de vos produits. A
combien évaluez-vous ces
opérations ?
Nous avons des commandes du
Maroc, de Tunisie, de l’Egypte,
de la Libye et de la Pologne.
Cette année, je pense que
nous allons atteindre plus
de 500 000 euros en termes
d’exportation. Ce qui est une
progression énorme. Avant
cela, nous avons assisté à
plusieurs foires internationales
spécialisées. C’est le cas de la
Golf food de Dubaï, la Sial à
Paris, et en Allemagne. Nous
avons assisté à toutes les
foires, ce qui nous a permis
de nouer des liens avec des
partenaires étrangers.
En plus de la chocolaterie,
vous avez investi dans
plusieurs domaines.
Pouvez-vous en citer
quelques-uns ?
Moi et mes frères avons, en
effet, investi dans les domaines
de la promotion immobilière,
la fromagerie et une chaîne
de télévision (El jazaïria One).
Nous allons élargir davantage
notre groupe.
Apparemment, vous ne
comptez pas vous arrêter
là ...
Non ! Nous avons d’autres
projets. C’est le cas notamment
de la construction d’une
première usine de fabrication
de lait en poudre qui sera
installée à Aïn-Ouessara, dans
la wilaya de Djelfa. L’usine est
en cours de réalisation. Elle a
été inaugurée en avril dernier
par l’ancien Premier ministre,
Abdelmalek Sellal. Elle sera
opérationnelle en 2019. Pour
cela, nous allons collecter du
lait auprès des producteurs,
mais également, nous allons
nous lancer dans l’élevage de
vaches laitières. Nous allons
nous occuper de tout : collecte,
transformation, séchage…

En tant qu’opérateur, estce
que la diversification
des exportations vous
intéresse ?
Cela nous intéresse et nous
y travaillons. Nous exportons
déjà du fromage, du jus, du
biscuit et du chocolat dans
différents pays comme la Libye
ou la Pologne. Nous allons
élargir notre exportation à
d’autres produits, tels que la
poudre de lait, par exemple.
Dans toutes les entreprises,
la clé de la réussite réside
dans l’élément humain.
Trouvez-vous facilement
une main-d’oeuvre
qualifiée ?
Franchement, non. Il est
difficile de trouver, dans notre
pays, une main-d’oeuvre
qualifiée. Nous recrutons,
donc, notre personnel tout en
assurant des formations sur
place. Nous invitons, souvent,
des formateurs qui viennent
d’Europe. Je fais partie de ceux
qui pensent qu’il faut privilégier
la formation sur place. C’est
une formation alternée. Le
salarié ne perd pas son travail
et l’entreprise gagne en qualité
et en temps.
Avez-vous un département
de recherche ?
Nous avons un département
recherche et développement
qui emploie, pour l’instant, 3
personnes. L’entreprise n’a
que 2 ans d’âge, mais elle a, à
son actif, une quarantaine de
références. Nous avons réussi à
renverser la tendance, passant
d’un système d’importation à
celui de production.
De toutes les activités que
vous développez, quelle est
la plus importante, selon
vous ?
Franchement, l’industrie du
chocolat est de loin celle qui
me tient à coeur. C’est celle
dans laquelle nous apportons
une valeur ajoutée au pays.
La preuve est qu’au début
de l’aventure, nous n’étions
que 5 personnes lorsque
nous n’étions que dans
l’importation. Aujourd’hui,
154 personnes travaillent sur
le site. Ils seront plus de 300
collaborateurs dès novembre
prochain. L’entreprise va
encore progresser. Nous avons
effectué une extension dans
la wilaya de Blida. L’usine
sera ouverte en janvier. Elle
est 10 fois plus grande que
celle-là (Ouled-Fayet, ndlr).
Nous produisons 10 tonnes
par jour de chocolat. Nous
avons installé une nouvelle
ligne de production qui produit
également la même quantité.
Cela porte les capacités de
production de l’usine à 20
tonnes/jour. Nous produisons,
également, d’autres produits,
comme les tablettes et les
barres chocolatées.
Sur le plan personnel, votre
parcours a dû sortir de
l’ordinaire…
Etant le cadet de la famille,
l’influence familiale a
également influé positivement
sur mon activité. Mon père
était d’abord industriel dans les
années 1980. Mes frères sont
également dans les affaires
depuis plusieurs années.
Quelles sont vos hobbies ?
Je fais du sport 5 fois par
semaine. C’est mon passetemps
préféré.
Aimez-vous la Musique ?
Non, pas trop !
Vous voyagez ?
J’ai fait pratiquement le tour du
monde !
Quel est votre plat préféré :
La Rechta.
Des lectures ?
Je lis, mais pas beaucoup, faute
de temps. Par contre, je lis
surtout des journaux sur internet.

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