DES ÉLECTIONS LOCALES POUR UN NOUVEAU, DÉPART

DES ÉLECTIONS LOCALES POUR UN NOUVEAU, DÉPART

Comme fin de processus électoral, les Algériens ont rendez-vous, le 23 novembre, 2017, avec une élection locale aux multiples enjeux. C’est un test pour beaucoup de partis politiques qui sont confrontés à la réalité de la nouvelle loi électorale.
Par Nesma Aghiles

Sur le plan des chiffres,
le nombre des candidats
aux élections locales
prévues le 23 novembre 2017,
a atteint 165.000 candidats
pour les APC et 16.000 pour
les APW, selon le ministère de
l’Intérieur et des Collectivités
locales. Parmi eux, 51,5 %
des candidats sont âgés de
moins de 40 ans, 4,5 % âgés
de plus de 60 ans, 25 % ont
un niveau universitaire, 59 %
ont un niveau secondaire et
16 % ont un niveau primaire,
tandis que le taux de femmes
représente 18 %. En ce qui
concerne les listes électorales
déposées pour ce rendezvous,
le ministère a précisé
qu’elles étaient au nombre
de 9.562 listes : 8.728 listes
de partis politiques, 717
listes d’alliance et 151 listes
d’indépendants. Quant aux
élections des APW, il a fait
savoir que sur les 16.600
candidats en lice, 48 %
d’entre eux ont moins de
40 ans, 4,8 % d’entre eux
ont plus de 60 ans et 28 %
sont des femmes. Parmi ces
candidats, 34,5% ont un
niveau universitaire, 52,5 ont
un niveau secondaire et 13 %
ont un niveau primaire.
S’agissant des listes déposées
pour les élections des APW,
leur nombre a atteint 620 :
510 listes de partis politiques,
72 listes des alliances et 24
listes d’indépendants.
S’agissant des alliances en lice
pour les prochaines élections
locales (APC et APW), le
ministère de l’Intérieur a
indiqué que ses services ont
enregistré «4 alliances».
Il s’agit de l’alliance El Feth
regroupant 5 partis (Parti
national algérien, Parti
patriotique libre, Mouvement
des citoyens libres, Front
national pour la Justice sociale
et le Front du militantisme
national), de l’Alliance
El Binaa qui regroupe 3
partis (Mouvement En-
Nahda, Front de la justice
et du développement et le 27 DZIRI
Mouvement El Binaa), de
l’Alliance El Fadjr (Front
de l’Algérie nouvelle et
Parti El Fadjr El Djadid),
et de l’Alliance Tadj (Front
des jeunes démocrates,
Parti Ennour El Djazairi,
Rassemblement national
républicain et Tajamou Amel
Al Djazair).
L’interlocuteur a rappelé qu’il
y a 12.457 centres de vote
dont 342 nouveaux, 55.866
bureaux de vote dont 3.111
nouveaux, ainsi que 4.734
salles et lieux publics réservés
à la campagne électorale dont
le lancement est prévu le 29
octobre.

Pas de grands enjeux politiques

Les élections locales,
notamment celles qui seront
consacrées aux APC, sont
celles qui touchent directement
la vie des citoyens. C’est
cette institution, la base de
la démocratie, qui se charge
de gérer les problèmes des
citoyens, des habitants. C’est
pour cela que, souvent, ces
élections suscitent de l’intérêt
au niveau local.
Sauf qu’à cause du système
politique et juridique,
actuellement en vigueur dans
le pays, beaucoup de militants
et cadres politiques refusent
de se porter candidat. Selon
des acteurs politiques, ce refus
est justifié par deux raisons.
La première est l’absence de
«prérogatives» chez les élus
locaux. Depuis des années en
effet, l’élu local, notamment
celui qui travaille dans les APC,
est le maillon le plus faible de
l’édifice institutionnel. Il est
soumis aux desiderata des
responsables de l’administration
que sont le wali, le chef de daïra
ou le secrétaire général de la
wilaya. Il ne reste, souvent, au
maire que «la verbalisation»
des citoyens qui ne respectent
pas loi. Le reste des
prérogatives, à savoir distribuer
des logements, définir des
plans de développement, etc.,
relèvent des autorités centrales.
Le deuxième point qui dissuade
les militants de se présenter
à l’élection législative est lié
à la rareté des ressources
financières. Soumis, dans
leur écrasante majorité,
aux subventions et aides de
l’Etat, les communes n’ont
plus de marge de manoeuvre.
En l’absence de ressources
financière propres, elles
vivotent souvent avec les aides
que l’Etat veut bien leur donner

Des révisions à venir…

C’est pour combler ces déficits
que les autorités ont décidé
de réformer, dès le début de
l’année prochaine, les codes
de commune et de wilaya.
Cette loi, déjà revue en 2012,
s’adaptera aux dispositions de
la nouvelle Constitution. Mais il
n’y a pas que cela, le ministre
de l’Intérieur a fait savoir que
les élus locaux auront «plus de
prérogatives», à commencer
par la réhabilitation du rôle
du maire. Une fonction qui
a disparu depuis longtemps
dans le pays. Actuellement,
c’est une Assemblée populaire
communale (APC) présidée par
un homme ou une femme issue
de la majorité relative élue, qui
gère la commune. Cela signifie
que l’édile n’a pratiquement pas
de pouvoir, du moins pas seul
comme personne morale.
A tous ces écueils, il faut
ajouter les conditions sociales
dans lesquelles vivent beaucoup
de «maires». Il est vrai qu’une
grille indemnitaire (des salaires
en réalité) a été mise en place
en 2012. Ces rémunérations
oscillent entre 70 000 DA
pour une petite commune à
130000 DA pour une commune
qui compte plus de 100 000
habitants. Des sommes que
les élus estiment dérisoires
comparativement à la charge
de travail qu’ils sont appelés à
faire.
Parmi les réformes que les
autorités veulent apporter, celle
de la fiscalité locale occupe
une place de choix. C’est en
réformant cette loi, qui définit
les affectations des recettes
fiscales de l’Etat, que les
communes peuvent respirer
un peu. Surtout celles qui
comptent un peu d’activités
économiques en leur sein.

C’EST POUR COMBLER
CES DÉFICITS QUE LES
AUTORITÉS ONT DÉCIDÉ
DE RÉFORMER, DÈS
LE DÉBUT DE L’ANNÉE
PROCHAINE, LES CODES DE
COMMUNE ET DE WILAYA.
CETTE LOI, DÉJÀ REVUE
EN 2012, S’ADAPTERA
AUX DISPOSITIONS DE LA
NOUVELLE CONSTITUTION.

Les commentaires sont fermés.

Revenir en haut de la page