UNIVERSITÉ D’ÉTÉ DU FCE: LE GOUVERNEMENT CHERCHE L’ADHÉSION DES PATRONS

UNIVERSITÉ D’ÉTÉ DU FCE: LE GOUVERNEMENT CHERCHE L’ADHÉSION DES PATRONS

Pour l’ouverture des
travaux de leur université
d’été, les membres du
Forum des chefs d’entreprise
ont invité le Premier ministre,
Ahmed Ouyahia qui ne s’est
d’ailleurs pas privé de leur
dire des vérités. Eux qui
n’ont souvent entendu des
responsables de l’Etat que
des éloges.
Première cible du Premier
ministre : l’informel. Ahmed
Ouyahia fait de la lutte contre
ce phénomène une priorité
qui permettra à l’économe
nationale de décoller. Et cette
idée, le Premier ministre l’a
exprimée sans ambages. Il
considère que «moins il y a
d’importation, plus l’informel
est réduit. A chaque fois
que nous réduisons les
importations, nous obligeons
les gens qui ont de l’argent à
l’investir, a indiqué le Premier
ministre.

Mais l’informel n’est pas
que dans «l’import-import».
Ahmed Ouyahia a même
reproché à certains patrons
d’encourager ce phénomène.
«Il est vrai que même dans de grands pays, comme
l’Italie, qui est la 8e puissance
économique mondiale, le
secteur informel représente
du PIB.
L’informel, ce n’est pas le
jeune chômeur qui vend un
pantalon sur la rue Larbi-
Ben M’hidi, l’informel, c’est
celui qui cache chez lui des
milliards sans les mettre
dans les banques», a tenu à
souligner Ouyahia, dans un
premier temps. Et d’ajouter :
«Lorsque des entreprises,
parfois contraintes, refusent
d’établir la facture, c’est
une manière d’encourager
l’informel (…) La lutte contre
l’informel n’est pas le travail
du seul gouvernement».
«Payer ses impôts, établir
une facture est un acte
civique», dira-t-il tout en
invitant les chefs d’entreprise
à adopter cette politique
pour lutter ensemble contre
l’informel. «Vous pouvez
perdre une, deux fois. Mais
l’établissement de factures
doit être une culture», a-t-il
asséné.

Echo favorable des patrons

En contrepartie, le
Premier ministre a promis
d’encourager davantage
l’investissement. Il a d’ailleurs
énuméré les avantages
qu’accorde l’Etat à ce secteur.
«Il y a, sans doute, une
part de vrai dans une telle
affirmation, mais en même
temps, nous sommes l’un
des rares pays au monde
à accorder d’importants
avantages fiscaux aux
investissements, qui peuvent
même atteindre 15 années
et ce, entre la réalisation
et l’exploitation dans les
régions du Sud et des
Hauts Plateaux», a rappelé
le Premier ministre. Cette
politique d’accompagnement
pour la création d’entreprises
a donné ses fruits, précise
Ouyahia qui rappelle que
«rien que durant les 9
premiers mois de l’année en
cours, pas moins de 4000
dossiers d’investissement
ont été déposés». Le Premier
ministre a également insisté
sur le «rétablissement de
la priorité à la production
nationale dans le cadre de
la commande publique»,
conformément au code des
marchés publics en vigueur,
ainsi que le recours «aux
appels d’offre nationaux pour
toute réalisation publique».
Le recours aux entreprises
étrangères «deviendra ainsi
l’exception», a-t-il insisté.
Ces appels de pied du
gouvernement ne sont pas
restés sans réponse. Les
membres du FCE ont d’ailleurs
répondu favorablement à la
main tendue de l’Etat. Ils ont
promis de faire plus d’efforts
en matière d’investissement.
Synthèse N. A.

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