RELANCER LE TOURISME: POUR FAIRE FACE À LA CRISE

RELANCER LE TOURISME: POUR FAIRE FACE À LA CRISE

Longtemps considéré comme le parent pauvre de l’économie en Algérie, le secteur du tourisme se présente,
aujourd’hui, en ces temps de crise, comme l’un des meilleurs moyens, pouvant permettre à cette dernière de
se relever. Reste à y mettre la volonté et le paquet, mais hélas, le budget alloué au secteur vient de prendre
un coup avec la Loi de Finances 2018 qui a revu le budget à la baisse en lui attribuant 3,157 milliards de dinars
contre 3,622 milliards de dinars en 2017.

De nouveaux projets à la rescousse !

Pesant actuellement à peine 2%
du PIB national, un taux jugé
trop faible par les responsables
du secteur, celui du tourisme
a aujourd’hui pour objectif
d’atteindre au moins le 5%
du PIB d’ici à 2020. Face à ce
sérieux défi, le ministre du
Tourisme, Hacene Mermouri,
compte énormément sur les
projets mis en route pour
réanimer le tourisme. Ces projets
comprennent la construction
de nouvelles infrastructures
hôtelières et la restauration
des anciennes bâtisses et
complexes de l’Etat, histoire de
les rendre plus attrayantes pour
les potentiels touristes et clients
algériens qui ont pris la mauvaise
habitude d’aller sous d’autres
cieux. Il s’agit entre autres de
1800 projets agréés, dont plus
de 500 en cours de réalisation au
niveau national, parmi lesquels
197 projets pour la seule capitale.
Conscient de la capacité d’accueil
réduite des infrastructures
existantes, le gouvernement
assurera, à travers ces nouveaux acquis plus de 200 000 nouveaux
lits dont 39 000 pour la wilaya
d’Alger. En matière de création
d’emploi, il est prévu quelque
50 000 postes d’emploi directs,
dont 18 000 pour la wilaya
d’Alger dans divers services du
secteur. Inscrits dans le plan de
développement quinquennal du
secteur, ces projets ont bénéficié
de la coquette somme de 120
milliards de dinars.

Amélioration de la formation, fer de lance du gouvernement

Il n’est un secret pour personne
que le tourisme en Algérie est
aujourd’hui à la traine. Si les
autorités tentent tant bien que
mal de lui donner un souffle
nouveau, le secteur souffre d’un
réel manque de personnel qualifié.
En effet, les experts du secteur
sont nombreux à estimer que la
formation fait vraiment défaut
dans le secteur du tourisme et
ce, bien que l’Algérie dispose
de 169 établissements assurant
des formations dans les métiers
du tourisme et de l’hôtellerie,
répartis à travers 32 wilayas. Cela
comprend également six instituts
nationaux du tourisme, spécialisés
dans la formation professionnelle
situés à Boussaâda, El Taref, El
Kerma (wilaya de Boumerdès),
Tlemcen, Tamanrasset et
Ouaguenoun (wilaya de Tizi
Ouzou). Selon les chiffres de la
tutelle, ils sont près de 53 000
jeunes à investir, annuellement,
le secteur de la formation dans le
domaine du tourisme. On compte
environ 40 000 inscrits dans la
branche hôtellerie tourisme dans
les trois modes de formation et
13 000 dans la branche artisanat
traditionnel. Rien que pour cette
rentrée 2017-2018, il a été prévu
une offre de formation de 1 907
sections, soit l’équivalent de 47
000 stagiaires : 1092 dans la
branche de l’hôtellerie tourisme
et 814 dans la branche artisanat
traditionnel.
Mais le plus essentiel reste de
valoriser la destination Algérie,
ce qui doit passer sans aucun
doute par un plus grand travail
de promotion. «Un travail qui se
fera à travers la diversification des
services et des offres proposés
aux touristes», a indiqué M.
Mermouri.

Le Grand sud, un nouvel horizon pour l’économie

Conscient de l’énorme potentiel
touristique de notre Grand sud,
le gouvernement a misé gros
cette année sur la promotion
de la destination Sud algérien
qui a, d’ores et déjà, séduit de
nombreux étrangers. Longtemps
délaissé pour des raisons
sécuritaires et de manque
d’infrastructures, le tourisme dans
le sud est en train de connaitre
un essor avec aujourd’hui plus
de 200 agences qui y activent,
que cela soit sur le plan intérieur
que celui extérieur. Cette
année, et au moment où la
wilaya de Tamanrasset a abrité
la cérémonie du lancement
officiel de la saison touristique
saharienne, une célébration à
laquelle avait pris part un grand
nombre de diplomates, plus de
2000 touristes étrangers avaient
atterri à Djanet pour assister à
la fête locale de la Sbeiba qui,
faut-il rappeler, est classée depuis
2014 patrimoine universel par
l’Unesco. Pour encourager le
tourisme national, l’Office national
du tourisme algérien (ONTA) a
assuré à tous ceux qui désirent
explorer Djanet l’enchanteresse
un vol charter ralliant Alger
à Djanet et cela suite aux
recommandations du ministère
du Tourisme pour la promotion
des activités touristiques et
l’encouragement des touristes à
rallier cette destination.
En plus des circuits classiques
dans le sud algérien, la tendance
est cette année à l’aventure et
l’exploration avec des formules
qui charment de plus en plus
des touristes téméraires.
«Personnellement, je suis devenu
accro du Grand sud, ces dix
dernières années. Au moins,
une fois par an, je m’accorde une virée, soit à Béchar ou bien
à Tamanrasset. Ce sont deux
villes que j’aime particulièrement.
Non seulement, les gens y sont
extraordinaires, mais cela me
garantit un dépaysement total, loin
du stress de la ville. La première
fois, j’ai été à l’hôtel, mais j’avoue
que je me sens plus à l’aise dans les
différentes auberges qui ont ouvert
ces dernières années», confie le
jeune Yassine B., infographiste dans
une boite de communication. Les
agences de voyage, de leur côté,
ne manquent pas de créativité pour
attirer le maximum de clients et les
encourager à visiter le Grand sud
et cela en prenant compte cette
nouvelle tendance qu’est l’aventure.
«Pour le touriste local ou étranger,
le Grand sud est synonyme de
mystère et d’aventure, c’est pour
cela que la majorité de nos clients
nous demandent de leur préparer
des circuits de randonnée et des
nuits à la belle étoile. En plus du prix
qui est beaucoup plus attrayant que
la formule classique avec hôtel et
visite guidée, le touriste se sent libre
et savoure chaque instant», affirme
Farid S., responsable de l’agence de
voyages Sunshine.

EN PLUS DES CIRCUITS CLASSIQUES DANS
LE SUD ALGÉRIEN, LA TENDANCE EST CETTE
ANNÉE À L’AVENTURE ET L’EXPLORATION
AVEC DES FORMULES QUI CHARMENT DE PLUS
EN PLUS DES TOURISTES TÉMÉRAIRES.

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