MAHBOUB BATI: L’ARTISTE AUX MULTIPLES FACETTES

MAHBOUB BATI: L’ARTISTE AUX MULTIPLES FACETTES

« RAH EL GHALI RAH »

IL FUT, JUSQU’À SA MORT, LE 21 FÉVRIER
2000, AUTEUR-COMPOSITEUR ET PAROLIER
DE LA CHANSON CHAÂBI, DONT LE RICHE
RÉPERTOIRE N’EST PLUS À PRÉSENTER.
SAXOPHONISTE, CLARINETTISTE,
LUTHISTE, GUITARISTE ET ARTISAN
LUTHIER, L’ARTISTE LÉGENDAIRE,
MOHAMED MAHBOUB BATI, A SU GRAVER
SON NOM EN LETTRES D’OR SUR LE
PANTHÉON DE LA MUSIQUE ALGÉRIENNE.
Par Sarra Safar Bati

Mohamed El Mahboub, Mahboubati, n’est autre
que l’artiste prolifique qui a su réconcilier la
jeunesse avec son identité et sa mélodie, celle
qui répondait au goût du moment, tout en rappelant
la tradition. Il réussit toute cette oeuvre, avec très
peu de moyens matériels, constitués d’un studio
d’enregistrement, situé à la rue Ahmed Zabana,
en plein centre d’Alger, d’où se dégageait une
atmosphère artistique sans précédent et où le succès
devenait monnaie courante.
Autodidacte, cet artiste de légende savait découvrir la
note qui faisait la différence avec la tradition tout en
la conservant et en lui demeurant fidèle. A lui seul, il
a métamorphosé et révolutionné la chanson chaâbi. Il
l’a modernisé, mais sans pour autant le dénaturer ou
altérer son âme, démentant ainsi les conservateurs
qui soutenaient qu’on ne peut pas innover ce style
musical.
Pour les personnes l’ayant côtoyé, cet artiste prodige
avait une longueur d’avance sur les interprètes de
son temps, il donnait libre cours à son génie et à sa
créativité. D’ailleurs toujours couronné par un franc
succès, il écrivait des textes taillés sur mesure pour
chaque artiste qu’il découvrait.

Un hommage vibrant rendu par sa ville natale, Médéa

Au programme de cet évènement, qui a coïncidé avec
le jour d’anniversaire de la naissance de Mahboub
Bati, a figuré une rétrospective de la longue et riche
carrière artistique de cet auteur-compositeur hors
pair, présentée à l’amphithéâtre de l’Institut de
gestion économique de l’Université de Médéa par
son biographe, Abdelkader Bandaâmache, auteur
du livre « Mahboub Bati, l’artiste de légende ». Une
exposition dédiée à ce monument de la musique
algérienne a également été présentée au public au
hall central de cet institut, suivie de la projection d’un
film documentaire retraçant sa vie et son parcours
à Médéa. Mélomanes et nostalgiques de la mélodie
algérienne des années 60 et 70 du siècle dernier ont eu
l’occasion de réécouter, dans la soirée, quelques-unes
des plus belles compositions de l’auteur, interprétées
par l’orchestre symphonique d’Alger, dirigé par le
maestro Amine Kouider. L’hommage posthume à
Mahboub Bati a également été marqué, en outre, par
un recueillement sur sa tombe au cimetière de Garidi
à Alger, en présence d’artistes et de membres de sa
famille.

Mahboub Bati au rang d’artiste universel

Lors du festival international de musique symphonique,
qui a eu lieu récemment au TNA, une nouvelle page
de la vie de cet artiste créateur fut ouverte. En effet,
le nom de Mahboub Bati figure, désormais, parmi
le club des artistes universels, non seulement pour
son importante oeuvre artistique, mais surtout de
par sa qualité d’artiste complet et d’innovateur, qui
a boosté la carrière professionnelle d’un nombre non
négligeable d’artistes algériens. « Cette distinction,
qui couronne plus d’un demi-siècle de création
musicale, est le meilleur hommage que puisse rendre
l’Algérie à l’un de ses plus grands artistes et mérite
d’être porté à la postérité eu égard à l’important et
inestimable patrimoine qu’il a laissé à notre pays »,
a indiqué le directeur de l’orchestre symphonique
national, Abdelkader Bouazzara.

Un parcours atypique …

Durant les années 70, les travaux de Mahboub Bati
avaient eu un succès retentissant, à tel point que
cette période a été considérée comme étant son
âge d’or artistique, à travers les chansons de : « El
barah» interpétée par le regretté El-Hadj El-Hachemi
Guerouabi - « Rah el ghali » (Boudjemâa El Ankis) - «
Sali trach qalbi » (Amar Ezzahi) - «Nest’hal el kia»
(Amar El Achab) - « Jah rabi ya jirani » (Abdelkader
Chaou), ainsi qu’avec les chanteuses Seloua, Nadia
Benyoucef et autres…
Le public n’oubliera sans doute pas les chansons
Echems el-barda et Sbayat zoudj, de véritables
chefs-d’oeuvre interprétés par Guerouabi. Toutes
ces chansons ont émerveillé, par leurs paroles et
leurs mélodies, tous ceux qui ont eu le plaisir de les
écouter. Mahboub Bati a quitté le domaine artistique
à la suite de sa visite aux Lieux Saints de l’Islam pour
le Hadj en 1986, et ce, jusqu’à sa mort. Aujourd’hui,
16 ans après sa mort, il n’y a eu aucune relève,
Mahboub Bati est incontestablement irremplaçable.
Originaire de Médéa, il s’est éteint un 21 février
2000 et enterré au cimetière Garidi de Kouba à Alger,
laissant derrière lui un répertoire très riche de paroles
et de compositions.
Repose en paix l’artiste, nous ne t’oublierons jamais
et ton riche parcours artistique veille sur toi.

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