L’ÉTAT DES RÉSERVES DE CHANGE EXPLIQUÉ PAR LA BANQUE D’ALGÉRIE

L’ÉTAT DES RÉSERVES DE CHANGE EXPLIQUÉ PAR LA BANQUE D’ALGÉRIE

EN CES TEMPS DE VACHES MAIGRES, LES ALGÉRIENS ONT LE REGARD BRAQUÉ SUR LE MATELAS
EN DEVISES QUI PERMET DE POUVOIR IMPORTER DES MARCHANDISES POUR QUELQUES ANNÉES
ENCORE. LE GOUVERNEUR DE LA BANQUE D'ALGÉRIE EST LA PERSONNE LA PLUS COMPÉTENTE
POUR EXPLIQUER LA SITUATION.
Par Nesma Aghiles

Ainsi, lors de la présentation
de la situation monétaire du
pays devant les députés fin
janvier, le gouverneur de la Banque
d'Algérie, Mohamed Loukal, a
relevé la « fragilité » de la situation
économique du pays au cours des
9 premiers mois de 2016 dans un
« contexte international marqué
par une faible relance économique
et une chute drastique des prix du
pétrole, en dépit d’une situation
financière extérieure solide ».
Selon M. Loukal, cette conjoncture
est due « à une faible relance
économique, une poursuite du
ralentissement de la croissance du
commerce international, une chute
drastique des prix des matières
premières notamment ceux du
pétrole, et une forte évolution des
cours de change internationaux
dans le sillage de la hausse de la
valeur du dollar américain face à
l’euro ».
L’économie algérienne a « été
profondément affectée par la
chute des prix du pétrole depuis
juin 2014, particulièrement au
niveau des finances publiques,
des comptes extérieurs et de la
liquidité bancaire », a souligné
le gouverneur de la Banque
d’Algérie précisant que le produit
intérieur brut (PIB) a poursuivi sa
croissance soutenue par une forte
dépense publique.
Dans ce contexte, le déficit
budgétaire et le compte courant
extérieur « se sont fortement
affaissés entraînant une érosion
quasi totale des ressources du
Fonds de régulation des recettes
(FRR) et une baisse sensible des
réserves de change » a indiqué

M. Loukal relevant que « l’activité
économique a conservé la même
cadence par rapport à l’année
dernière soutenue principalement
par le maintien à un niveau élevé
des dépenses publiques ».
D’après les chiffres avancés par le
gouverneur de la Banque d’Algérie,
le PIB a enregistré une croissance
de 3,7% à la fin du premier
semestre 2016, maintenant la
même tendance de 2015 par une
poursuite de la croissance hors
hydrocarbures de l’ordre de 4,5%
et une croissance du secteur des
hydrocarbures de 1,6%.
La forte dépendance de l’activité
commerciale à la dépense
publique constitue à ce titre un
facteur important de la fragilité de
l’économie nationale, a affirmé M.
Loukal, qui a souligné « l’impératif
de la diversification économique »,
précisant que le nouveau modèle
de croissance économique adopté
par les autorités publiques
s’inscrivait dans cette optique.
La concrétisation de ce nouveau
modèle de croissance économique
est à même d’asseoir de façon
permanente une croissance de
l’économie et de l’emploi, a relevé
M. Loukal.
Concernant la situation de la
balance des paiements durant
les neuf premiers mois de 2016,
M. Loukal a indiqué que la forte
baisse de la moyenne des prix du
pétrole -qui est passé de 100,2
mds usd/baril en 2014 à 53,1 mds
usd en 2015 (-47,1%)- a entraîné
une contraction des recettes des
exportations des hydrocarbures de
19,4 milliards de dollars sur la base
d’une moyenne des prix du pétrole
durant la même période ayant
atteint 42,69 dollars, sachant
que le volume des exportations a
enregistré une hausse de l’ordre
de 8,1 % par rapport aux neuf
premiers mois de 2015.
Le volume des recettes a atteint
20,38 milliards de dollars au cours
des neufs premiers mois de 2016,
tandis que celui des importations
a atteint 37,20 milliards de dollars
(-2,99 milliards de dollars par
rapport à la même période de
2015).
Ainsi, un déficit de l’ordre de 16,82
milliards de dollars a été enregistré
pour la balance commerciale,
22,24 milliards de dollars pour le
compte courant et 21,42 milliards
de dollars pour la balance des
paiements.

Taux de change du dinar,
un amortisseur des chocs
externes
En conséquence, l’encours des
réserves de change a baissé de
144 milliards USD à fin décembre
2015, à 121.9 mds USD à fin
septembre 2016, puis à 114.1
milliards USD à fin décembre
2016.
Ainsi, les réserves de change
ont reculé, en 2016, de 29.9
mds USD, dont 25.6 mds USD
ont été déboursés dans les flux,
tandis que 4.3 mds USD ont été
dépensés pour la reconversion
des autres devises en dollars, a
expliqué M. Loukal. En revanche,
l’encours de la dette extérieure,
a atteint 3.3 mds USD,
représentant 1.87 % du Produit
intérieur brut (PIB) en 2015.
Pour ce qui est du taux de change
du dinar vis-à-vis des principales
devises, une baisse de l’ordre de
2.94 % de la valeur du dinar a
été enregistrée par rapport au
dollar et de 4.64 % par rapport
à l’euro au cours du 1e semestre
de 2016. La flexibilité du dinar
et les interventions de la Banque
d’Algérie (BA) sur le marché
interbancaire du taux de change,
ont permis au taux de change du
dinar de consolider grandement
son rôle comme amortisseur des
chocs externes, a soutenu M.
Loukal.
Néanmoins, « cette situation
présente des limites et ne peut
à elle seule contenir, de façon
durable, les conséquences de
la chute des cours du pétrole et
des fluctuations du marché », a
relevé le même responsable. A
partir du 2e trimestre de 2016, le
cours de change du dinar vis-àvis
du dollar, s’est établi en mai
à 110.6 DZD pour 1 USD, et à
110.5 à fin décembre 2016, et
ce, en dépit d’un dollar fort sur
les marchés internationaux.
Ainsi, « La consolidation des
fondamentaux à travers la
diversification de l’économie
et l’amélioration de sa
compétitivité, comme objectifs
tracés dans le nouveau modèle
de croissance économique, aura
un rôle crucial dans le soutien
d’un dinar fort », a ajouté le
gouverneur de la BA. Autant
dire que la situation n'est pas
alarmante. Mais, comme le lait
sur le feu, elle est sous étroite
surveillance.

Par rapport à l’euro, le dinar a connu une
amélioration relative entre les mois d’avril et
octobre 2016. Ainsi, le taux de change est
passé de 124.1 dinars pour 1 euro, à 123.26
dinars en juin, pour ainsi clôturer l’année avec
116.3 dinars pour 1 euro. La consolidation de
la balance réelle à partir de l’année 2017, en
cas de stabilité ou d’augmentation relative
des cours de pétrole, devra contribuer à
réaliser une grande stabilité dans les cours
de change nominaux du dinar, affirme M.
Loukal.

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