AYACHE SALIM, DG DE TOUBA TOURS ET TOUBA EVENTS «Tourism Invest, un premier rendez-vous pour booster le tourisme en Algérie»

AYACHE SALIM, DG DE TOUBA TOURS ET TOUBA EVENTS «Tourism Invest, un premier rendez-vous pour booster le tourisme en Algérie»

Le Salon international de l’investissement touristique et des équipements
«Tourism Invest» se tiendra du 27 au 30 septembre prochain au Salon
des Expositions, Pins Maritimes à Alger. Ce salon sera une occasion
importante pour booster le secteur du tourisme en Algérie en
réunissant les professionnels nationaux et internationaux de la filière
touristique, des spécialistes dans l’aménagement et la réalisation des
infrastructures touristiques, des équipementiers et technologues, des
prestataires de services de produits touristiques, des spécialistes dans
la décoration et le design et autres instituts de formation dans les
domaines de l’hôtellerie et du tourisme. Dziri a rencontré M. Ayache
Salim, le directeur général de Touba Tours et Touba Events, également
organisateur de l’événement.
Propos recueillis par Nassima Bensalem

Comment vous est venue l’idée d’organiser un tel
événement ?
J’ai sillonné toute l’Algérie et
j’ai eu l’occasion d’inaugurer
plusieurs établissements hôteliers,
malheureusement, ils ne
répondaient pas tous aux normes
internationales. J’ai donc ressenti
le besoin d’aider et d’assister
les investisseurs activant dans
certains secteurs liés à l’activité
touristique. Depuis 1995, j’ai
acquis une certaine expérience
que je voudrais partager pour
relancer l’investissement
touristique en Algérie. Tourism
Invest est donc l’occasion de
regrouper les aménageurs et
réalisateurs d’infrastructures et
les équipementiers d’hôtels et
restaurants. Nous voulons offrir
à travers cette manifestation qui
coïncide avec la Journée mondiale
du tourisme, la chance aux
professionnels de s’imprégner de
ce qui se fait ailleurs. Ce premier
Salon dédié exclusivement à
l’investissement touristique offre
une importante opportunité aux
opérateurs pour prospecter le
marché algérien. Nous souhaitons
donc une présence en force
d’investisseurs potentiels.
Quelles seront les nouveautés
qui seront proposées lors du
Salon ?
Nous avons programmé plusieurs
activités lors du Salon qui se
décalent des autres événements
tenus jusqu’à ce jour. Nous
voulons compléter le Sitev (Salon
international du tourisme et des
voyages) et en même temps
apporter un plus, notamment dans
le volet investissement. D’ailleurs,
au lendemain de l’inauguration du
Salon, des conférences dédiées
à l’investissement touristique
seront organisées en marge de
l’événement, mais aussi des
rencontres B2B. Les rencontres
réuniront les professionnels du
secteur en présence du ministre,
afin de discuter des questions
qui touchent directement
l’investissement touristique,
mais surtout sortir avec une
thématique qui sera proposée au
gouvernement. Dans l’objectif
31 DZIRI
d’améliorer l’art de construire,
nous allons lors de ce Salon
présenter le BIM, un logiciel
de construction intelligent qui
permet d’offrir aux architectes
une approche réelle de n’importe
quel projet. Dans le même volet,
nous allons développer avec des
architectes plusieurs conceptions
sur des thèmes différents, tels
que le balnéaire, le montagneux,
le saharien et ce, sous forme de
concours pour élire un gagnant à
la fin du Salon.
Lors du Salon, il sera organisé
des formations accélérées dans
le domaine de la restauration,
service, … au profit des étudiants
en tourisme à qui il sera délivré
par la suite une attestation de
formation. Nous avons aussi fait
appel à des startups pour qu’elles
puissent commercialiser lors du
Salon un produit de leurs choix
(site, plateforme,…) gratuitement
dans un espace baptisé «Boutique
Tourism Invest».
Il faut noter aussi que Tourism
Invest est le premier Salon
qui dispose d’un site internet
dynamique (www.algeriatourisminvest.
com) ; le site
permet aux participants de
s’inscrire en ligne, de télécharger
le programme de rencontres et du
plan d’orientation, d’imprimer le
badge. Il permet également aux
exposants et visiteurs de s’inscrire
dans un forum de discussion. Il
s’agit d’une première initiative
qui n’a jamais été entreprise
auparavant.

Aviez-vous rencontré des
difficultés pour réunir
les professionnels du
domaine, notamment des
investisseurs ?
Effectivement, nous avons eu du
mal, je pense que cela est dû à la
conjoncture actuelle. Le problème
réside aussi dans la nouvelle loi
relative à la licence d’importation,
cela a freiné un peu les choses.
Nos investisseurs ont cette volonté
d’agir, mais sont parfois réticents.
En revanche, nous espérons
atteindre au moins 60% de nos
objectifs en termes de réussite de
ce rendez-vous incontournable.
Actuellement, nous avons reçu
une soixantaine de confirmations,
mais je reste optimiste, beaucoup
d’opérateurs se décident à la
dernière minute pour prendre part
à de pareils événements.
Est-ce que les professionnels
étrangers du tourisme ont
répondu facilement à votre
appel ?
Oui, du moment que l’opportunité
d’investir est présente, il faut
savoir que le projet de réalisation
de 1600 hôtels est programmé.
Ils sont donc nombreux les
investisseurs ou les opérateurs
étrangers à prospecter le marché
algérien en quête d’un projet et de
tenter d’avoir une part du gâteau.
Quels sont vos objectifs
suite à l’organisation d’un tel
événement ?
Nous voudrions que l’Algérien
acquière l’expérience étrangère,
notamment dans le domaine
de transfert de technologie.
L’Etat a mis en priorité le
secteur du tourisme pour qu’il
soit une ressource alternative
aux hydrocarbures, et je pense
que c’est une stratégie efficace.
Certes, c’est un secteur sensible,
un secteur que nous ne pouvons
pas changer avec une machine.
Le tourisme fonctionne à 100%
avec les ressources humaines,
il est donc primordial de mettre
le paquet dans la formation et
surtout dans la spécialisation
des opérateurs dans tel ou tel
produit (SPA, parcs aquatiques,
design, piscines, décoration,
équipements,…). Nous n’avons
pas beaucoup d’entreprises
spécialisées dans le produit
hôtelier, dans l’attraction et le loisir,
… Et le Salon est venu à point
nommé pour créer des PME/PMI
spécialisées. Nous voudrions aussi
réduire les délais de construction
des infrastructures et ce, en
assistant le promoteur avec l’aide
des architectes.

Êtes-vous pour ou contre la
privatisation dans le secteur
du tourisme ?
Bien évidemment, je suis pour
l’ouverture du secteur aux
opérateurs privés. Il est impératif
de privatiser en respectant les
normes internationales, c’està-
dire mettre en place un cadre
juridique qui va accompagner
cet acte, mais surtout préserver
l’identité algérienne.
Selon vous, quelles sont
les raisons qui poussent les
touristes algériens à passer
leurs vacances ailleurs ?
Nous considérons que le tourisme
en Algérie manque d’adaptation.
Aujourd’hui, le produit touristique
doit s’adapter au besoin du client
algérien. 7 millions d’Algériens
sont issus de couche moyenne
et cette dernière dispose d’un
budget strict qu’il faut respecter.
Il faut aussi étudier les besoins
du touriste algérien et répondre
convenablement à sa demande.
Les Algériens veulent passer leurs
vacances dans leur pays, mais
face à la cherté de l’hébergement
et de la restauration et surtout
la médiocrité dans la prestation
de service, ils préfèrent partir
ailleurs. Parmi les paramètres
qui constituent un handicap pour
promouvoir le tourisme, je cite
l’offre et la demande. La demande
est beaucoup plus importante
que l’offre, ce qui fait qu’on ne
déploie pas d’effort pour améliorer
le produit. Et nous, en tant que
professionnels, nous appelons à
répondre à un budget de 3500
à 5000 dinars par jour en demipension
dans un hôtel de 3 à 4
étoiles. Nous allons lancer une
étude de marché par rapport à
la faisabilité pour pouvoir par la
suite lancer l’investissement dans
ce marché déjà acquis. Il faut
aussi trouver une formule pour
nos ressortissants algériens qui
présentent un marché porteur
d’environ 1 million de personnes.
Pour cette catégorie, le seuil
peut être augmenté jusqu’à 10
000 dinars par jour. Par la suite,
il est important de trouver une
stratégie afin de relancer la
destination Algérie ? Pour cela, la
meilleure des choses c’est d’être
à l’écoute des touristes étrangers
tels les Européens, les Chinois,
les Japonais qui demeurent des
marchés importants.

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